"Demandez le journal !" 1920

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Markjan
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"Demandez le journal !" 1920

Message par Markjan » lun. 21 déc. 2009 14:39

CHRONOLOGIE FRANCE 1920

Année bissextile
- Eclipses
Eclipse totale de lune, le 3 mai, visible à Paris
Eclipse partielle de soleil, le 18 mai, invisible à Paris
Eclipse totale de lune, le 27 octobre, en partie visible à Paris Eclipse partielle de soleil, le 10 novembre, en partie visible à Paris
- Saisons
Printemps 20 mars à 21 h 59 mn Eté 21 juin à 17 h 40 mn
Automne 23 septembre à 8 h 28 mn Hiver 22 décembre à 3 h 17 mn

C'est la deuxième année de la paix, la cinquantième de la République, l'an 128 du calendrier révolutionnaire, 1338 de l'Hégire et 5680 d'Israël.
1920 laisse une impression de piétinement, d'agitation un peu vaine, d'immobilité et d'attente. La France se trouve en face des mêmes problèmes que l'an dernier : vie chère, crises, reconstructions, réparations, garanties, restrictions...Quelques pieux anniversaires sont célébrés, le soldat inconnu est glorifié. Le pays subit des échecs diplomatiques en Orient, les militaires sont encore sur la brèche en Syrie, au Maroc, en Haute-Silésie et sur le Rhin.
Les démographes signalent, avec une insistance accrue, le danger que fait courir à la France, la crise de la natalité. Le cardinal Dubois lance le même anathème que son prédécesseur contre les danses inconvenantes et les toilettes légères. Et le grand succès théâtral de la saison continue à s'appeler Phi Phi !

Le courant artistique nihiliste Dada arrive en France après avoir été créé en 1916 à Zurich par l'écrivain Tristan Tzara.
Le compositeur Igor Stravinsky joue la première de son ballet "Pucellina" en France.
Le premier morceau à être vendu à 1 million d'exemplaires est "Whispering" de Paul Whiteman son orchestre.
Prix Nobel de chimie remporté par l'allemand Walther Nermst pour ses recherches en thermochimie.
Première mesure du diamètre de l'étoile Betelgeuse par le scientifique américain A .A. Michelson.
Premier programme radio-diffusé dans le monde entier par l'inventeur de la radio, Guglielmo Marconi à Writtle, Angleterre.
Agatha Chrisite publie sa première nouvelle : "The Mysterious Affair at Styles".
Mary Pickford apparaît dans le film "Pollyanna".
Maurice Ravel termine "La Valse". Le ski nautique est inventé au lac d'Annecy en Haute Savoie, France.
William T. "Big Bill" Tilden remporte le premier de ses trois tournois de Wimbledon. Ses multiples victoires à l'US Open en feront le tennisman de la décade.
Edith Wharton publie sa nouvelle "The Age of Innocence" qui gagnera le Prix Pulitzer en 1921.

Le cinéma
Une surprise nous vient cette année des Etats-Unis avec "Dr Jekyll et Mr Hyde", d'après le roman de R. L. Stevenson réalisé par John S. Robertson et remarquablement interprété par John Barrymore, qui joue le rôle de Jekyll avec une retenue plutôt insolite, comme par exemple lorsqu'il se déplace, plein d'affection, parmi les pauvres enfants qui forment sa clientèle. Il parvient à devenir Mr Hyde avec le minimum de maquillage, se contentant de déformer ses traits pour exprimer la possession diabolique.
Une autre surprise nous vient de Suède avec "Vers le Bonheur" de Mauritz Stiller. L'épouse d'un entomologiste s'ennuie et hésite entre son mari, un sculpteur et un playboy de la noblesse. Son mari, pour sa part, choisit sa jolie nièce. Bien que la subtilité et l'humour très fins de Mauritz Stiller aient rendu son immoralisme assez anodin, le public suédois, habitué à la plus austère des traditions, a été profondément choqué par ce film.

La danse
Le festival de musique de Paris a consacré cette année la gloire d'une danseuse : Isadora Duncan. Anticonformiste, "bâtie comme la Vénus de Milo", ce qu'elle souligne en se produisant vêtue d'une simple tunique grecque, elle est apparue en public à Paris et à Berlin dès 1900 et est revenue à New York en 1907 puis à Paris où les concerts Colonne ont assuré son succès. Lors d'une tournée dans les deux Amériques pendant la guerre, elle a déchainé l'enthousiasme en dansant sur la Marseillaise. On sait que son habitude rude de danser pieds nus a influencé des chorégraphes aussi connus que Michel Fokine.

La mode
L'année 1920 marque un réel tournant dans la mode. A cela une raison majeure : la femme s'émancipe. La principale caractéristique des tenues, c'est la simplicité, le dépouillement, le refus de la fanfreluche et du superflu.
Si le tailleur en 1920, reste classique, la grande innovation est dans la robe pour danser. La danse fait fureur et tout particulièrement le tango, le charleston et, depuis peu, le foxtrot. Pour pratiquer ces danses modernes on porte deux types de robes. Soit une robe droite, fendue sur le côté avec un corsage souple, un décolleté carré ou en bateau ; la ceinture est basse et on adjoint à cette tenue une écharpe large et très longue. Soit une robe issue de la crinoline de guerre avec jupe évasée, mais le corsage est ajusté et généralement sans manches.

La littérature
La Confession de minuit de Georges Duhamel. Connu jusqu'à présent comme poète unanimiste et comme auteur de deux bouleversants témoignages sur la guerre, issus de son expérience de médecin militaire : Vie des martyrs (1917) et surtout Civilisation au titre courageusement antinomique (1918). Duhamel nous intéresse ici au sort d'un petit employé falot dont les aventures médiocres débouchent sur une sorte de fantastique du quotidien, des désirs refoulés et absurdes, de l'ambition morale impossible à satisfaire. Ouvrage plein de compassion. et dont la limpidité des analyses débouche sur une complexité cachée : celle des conduites d'échec et de solitude.
Avec l'écrivain anglais D. H. Lawrence (Femmes amoureuses) nous ne changeons pas tout à fait de sujet. Il met en scène, en Angleterre et au Tyrol, deux couples : Ursule et Gudrun Brangwen. Deux soeurs, liées respectivement à Rupert Birkin et Gerald Crich. Quatre façons de comprendre l'amour, ou, en dépassant ce terme, de comprendre la liaison homme-femme dont le secret ultime est un des tourments de l'auteur. Liaison intellectuelle, liaison charnelle, liaison totale. Chaque couple tente l'aventure et se trouve emporté, le premier vers la fatalité de la destruction, le second vers un accord provisoire que peut-être la vie ne maintiendra pas.
Sinclair Lewis, dans Vain Street, s'attaque de front à la bourgeoisie américaine. Carol, l'héroïne, est une jeune fille vive et charmante qui achève ses études universitaires. La réalité a quelque peu entamé ses illusions. Elle se marie avec Westlake, médecin dans un gros bourg. Carol sent alors qu'elle est entrée dans une prison inexorable. Elle va essayer d'en sorti, mais en vain. Ecrivain "engagé" au style lourd mais puissant, Sinclair Lewis éclaire brutalement son héroïne, broyée par une bourgeoisie enfermée dans son puritanisme et ses conventions.
« Ouvrages d'acier » est l'œuvre d'un jeune auteur allemand, Ernst Jünger, qui, sous ce titre, entend résumer son expérience de la guerre. Ouvrage surprenant mais aussi inquiétant, la guerre y étant exaltée comme un moment de force libératrice qui participe de l'immense mouvement évolutif de l'humanité. Cette apologie est nourrie de considérations esthétiques des plus discutables.
La poésie retrouve ses droits avec un ouvrage, autrement stimulant, signé par deux de ces écrivains que l'on commence à qualifier de "surréalistes", André Breton et Philippe Soupault. Les Champs magnétiques groupe des poèmes d'inspiration encore dadaïste, mêlés à de splendides proses d'allure romantique. Son originalité tient à sa méthode de composition. Les deux poètes pratiquent là l'"écriture automatique", c'est-à-dire qu'ils obéissent à la seule dictée de leur subconscient, sans souci de composition, d'amélioration logique ou esthétique ou de quoi que ce soit qui pourrait ralentir le flux de cette parole intérieure qui, selon eux, est le vrai nom de l'inspiration.


Au début de l'année 1920: Les investigateurs se remettent doucement de leurs émotions passées tant à la fin de la "der des der" (nov 1918 en Lorraine), que lors de leurs pérégrinations autrichiennes à Vienne au début 1919 (voyage soldé par des crises d'angoisses, le cadavre horriblement mutilé de l'un d'entre eux, un ami en prison,... et la rencontre d'une charmante jeune femme, Aurélia, qui les a tiré du pétrin dans lequel ils se trouvaient). Chacun replonge dans ses activités quotidiennes en se remettant doucement.

— 7 Janvier : Le trois-mâts goélette français Monte-Grande (ex Sadie-C.-Summer), commandé par le capitaine Richard, a été poussé à la côte, aux environs de Portsmouth. Il avait quitté le Havre le 5, à destination de Haïti. Le lendemain de son départ, alors qu'il faisait route en louvoyant vers l'Océan, il a été assailli par un violent coup de vent d'Ouest. Après avoir lutté vainement contre la tourmente, le malheureux navire drossé par le vent et le courant s'est échoué sur les récifs de la côte anglaise. Malgré le gros temps, le capitaine Richard parvint à organiser le sauvetage des 15 hommes de son équipage qui reçurent immédiatement des soins empressés au Cripples Hospital de Mayling Dard. Le consul général de France à Londres a demandé au ministre de la Marine française de décerner au capitaine Richard un témoignage officiel de satisfaction en récompense de sa belle conduite.
— 10 Janvier : Le traité de Versailles entre en application. Les clauses territoriales touchent durement une partie importante de la population allemande. Le Reich perd 70 000 km et 5,5 millions d'habitants.
— 12 Janvier : Le paquebot-poste à hélices Afrique (commandant Le Du, de la Compagnie des Chargeurs Réunis) s'est drossé vers 3 heures du matin, à la pointe de l'île de Ré sur le plateau de Rochebonne. Le nombre des disparus est considérable : 560 personnes ont péri dont Monseigneur Jalabert, évêque de Dakar et 17 missionnaires. Il n'y a que 39 survivants.
— 17 Janvier : Paul Deschanel est élu président de la République. Elégant, disert, soucieux d'être un arbitre et non un président « potiche », c'est malheureusement un grand nerveux, sujet à des crises de mélancolie anxieuse ou d'extrême nervosité qu'il ne peut réprimer. Son état de santé ne va pas cesser de s'aggraver au cours des premiers mois de sa présidence.
— 25 Janvier : Atteint de tuberculose, alcoolique et toxicomane, Amedeo Modigliani s'est éteint. Peintre, dessinateur et sculpteur de talent, il avait quitté Montmartre en 1906 pour séjourner à Montparnasse. Il est conduit au Père-Lachaise suivi par un long cortège de poètes, d'écrivains et d'artistes.
— 2 février : Six ans après la présentation par les Ballets Russes de l'opéra en trois tableaux de Stravinski "Le Rossignol", Diaghilev présente à Paris un ballet en un acte, tiré de cette oeuvre.
— 5 février : Le maréchal Foch est reçu à l'Académie Française par Raymond Poincaré.
— 9 février : Les Alsaciens de la classe 20 sont appelés sous les drapeaux : c'est la première fois depuis 1870. Pendant la Grande Guerre, 250 000 Alsaciens ont combattu dans les rangs allemands et 18 000 du côté français. Le 9 décembre 1918, Poincaré et Clemenceau sont venus à Strasbourg, pour prendre possession, au nom de la France, de l'Alsace. Une circulaire impose l'usage du français et pour ce faire, le gouvernement envoie 1 500 enseignants.
— 17 février : Ouverture du procès de Joseph Caillaux devant le Sénat, transformé en Haute Cour de Justice. Accusé de complicité avec l'ennemi, Joseph Caillaux, ancien ministre, père de l'impôt sur le revenu, a été arrêté le 14 janvier 1918 pour haute trahison. (23.4.1920)
— 25 février : la Fédération des cheminots lance un ordre de grève générale ; le mouvement déclenché le 28 février, échoue. Le travail reprend le 3 mars sur l'ensemble des réseaux.
— 7 mars : Grève générale des mineurs dans le Pas-de-Calais.
— 10 mars : Grève générale dans le Nord qui dure jusqu'au 25 mai.
— 12 mars: Aurélia fait parvenir aux investigateurs une invitation à la rejoindre dans sa nouvelle résidence, située en Irlande, non loin de Dublin. Elle couvre les frais du voyage et se réjouit de les revoir
— 22-23 mars : Une magnifique aurore boréale marque la naissance du printemps 1920, pendant la nuit du lundi 22 au mardi 23. Dès 21 heures (heure d'été) tout le ciel s'illumine mystérieusement. Vers minuit et demi, de longs rayons verticaux jaillissent à gauche de la constellation de Persée, semblables à des faisceaux lancés par des projecteurs puis ils s'éteignent et se raniment alternativement comme s'ils étaient produits réellement par des phares. A 2 heures du matin, le 23, le spectacle devient prodigieusement beau : l'aurore se développe dans toute sa splendeur ; le ciel s'embrase d'une phosphorescence éclatante, sillonné de gigantesques rayons dans toutes les directions du firmament, sur une étendue angulaire de plus de 180 degrés. Et toute cette féerie lumineuse est en vibration, animée de pulsations étranges. A 2 heures et demi, extinction de ces feux magnétiques ( du moins à Paris).
Dès le lendemain, le phénomène est signalé par le pasteur Herzog, de la Fenière (Jura bernois), de Paris par monsieur Pollacchi, de Châlon sur Marne par monsieur Maillard, de Fay (Sarthe) par monsieur Eloi Géneslay...

— 30 mars: Départ des investigateurs pour l'Irlande via Calais, Londres et Liverpool

— 31 mars: Après avoir pris la mer à Liverpool en direction de l'Irlande, les investigateurs sont surpris par une tempête d'une violence inouïe et sont contraints de se réfugier dans un phare. Ils y font la connaissance du docteur Robert Stoner, qui décède un peu plus tard avant d'avoir pu leur révéler la nature de ses travaux, mais en murmurant le nom de Margaret Sannyhoc. Ils y affrontent les membres d'une Confrérie, dont ils ignorent encore tout, sinon son lien avec « une créature ». Ils apprennent surtout l'existence de mystérieuses créatures des abysses, les Profonds, et de l'objet qu'ils convoitent: un Masque de Nacre. En outre, ils découvrent d'antiques gravures montrant le signe de l'île de Man s'opposer à une créature humanoïde marine, ainsi qu'une longue pierre brisée gisant sur le sol.
Mais bientôt, le phare est submergé par un lame gigantesque qui balaie tout sur sont passage, manquant d'envoyer les courageux investigateurs ad patres. La tempête s'apaise peu à peu dans le courant de la nuit.

— 1er avril: Après la tempête, les investigateurs rejoignent le village de Bryn Celli Ddu, siège de la Confrérie et lieu de toutes les angoisses : Sorcellerie, empoisonnement, pierres levées, naissance épouvantable... Ils rencontrent des druides envoyés de l'île de Man venus inspecter d'anciennes pierres galloises et découvrirent le lieu de réunion de la Confrérie et son chef, le Grand Masque : John Wendish.
Ils font surtout la connaissance d'une créature marine retenue prisonnière dans un grand réservoir : un Profond, qui divulgue à Damien Montaigu un savoir impie manquant de le rendre fou, en lui révélant en particulier qu'il est lui-même un Profond, condamné à une existence humaine sur la terre en attendant que Dagon le mette à l'épreuve. Ce moment est enfin arrivé...
Les investigateurs se retrouvent aussi investis d'une mission ô combien périlleuse: Présider à la destinée d'Annie Sannyhoc, la fille de sa pauvre mère, morte en couches malgré toute l'énergie déployée pour assister l'accouchement.

— 2 avril: Au lendemain de leur confrontation avec la confrérie, les investigateurs se rendent sur l'île de Man, au cœur de la mer d'Irlande, afin d'y rencontrer une société de Druides. Ces derniers agonisent, empoisonnés quelques jours plus tôt par Gregor Wenrec. Ils révèlent l'existence d'un Sanctuaire caché dans les entrailles de l'île, dont l'accès est, pour quelque temps seulement, encore empêché par les anciens chants des hommes.
Les investigateurs rencontrent bientôt un druide vivant reclus dans les souterrains conduisant au Sanctuaire. Horreur ! C'est un Profond ayant embrassé le druidisme aux temps des affrontements des hommes et des abyssaux, il y a plusieurs milliers années. Il se fait leur allié et dévoile les véritables origines du Sanctuaire.
Mais déjà, la confrérie pénètre en ces lieux, bientôt suivie par les conques des shamans Profonds, tous prêts pour la grande célébration.
S'enfonçant plus profondément dans l'insondable, les investigateurs découvrent le dernier secret du Sanctuaire : Un peuple hybride et inconnu survit ici, croisement des Profonds et des hommes !
Dans une manœuvre désespérée, les investigateurs décident de briser la pierre sacrée des Druides pour provoquer une explosion d'ondes telluriques. Grâce à cela, ils provoquent un déferlement d'ondes dont la propagation provoque l'éboulement du sanctuaire profond et ils finissent par empêcher la cérémonie célébrant le grand retour de Dagon.
Immédiatement Clyde Carter se met en devoir de trouver un remède à destinations des druides empoisonnés survivants...

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Re: "Demandez le journal !" 1920

Message par Markjan » sam. 3 juil. 2010 13:00

- 2 au 10 avril 1920: grâce aux actes de nos courageux investigateurs, la survie de la petite communauté druidique de l'ilot St Patrick, au large de l'ile de Man, est assurée.
Il semble aussi que cette partie du monde ait échappé au désastre qu'aurait représenté le retour d'un Grand Ancien... pour le moment tout au moins.

Le groupe rejoint finalement l'Irlande et passe la semaine qui suit à reprendre esprits et forces dans la chaleureuse propriété de la mystérieuse (mais non moins délicieuse) Aurélia.
A cette occasion ils font la connaissance d'un jeune homme vif et enjoué, intrépide journaliste de terrain passionné de mystères et d'énigmes, Eugène Jouvet. Celui-ci est d'ailleurs sur les prémices d'une nouvelle enquête qui, d'après ses propres dires, "devrait valoir son pesant de cacahuètes". Mandaté lui aussi par l'étonnante Aurélia, il promet de vous tenir au courant de ses investigations.

Enfin, les investigateurs reprennent la route de la France et retrouvent leurs activités respectives, décidément beaucoup plus calmes et plus saines que leurs voyages !

***

La course du temps s'impose à nouveau, et jours, mois, années défilent irrémédiablement sans faits notoires pour nos investigateurs... Auraient-ils rêvé ?

***


— 13 avril : On annonce l'arrestation d'un certain Landru accusé d'avoir fait disparaître plusieurs femmes. Cette affaire va passionner l'opinion publique pendant de longs mois.

— 23 avril : La Haute Cour n'a infligé à Joseph Caillaux que trois ans de prison. En raison de la détention préventive dont il a fait l'objet, il est libéré le même jour.

— 30 avril : Mort du cardinal Amette, archevêque de Paris.

— 1er mai : Les manifestations de la fête du travail (qui n'est pas encore un jour chômé) sont l'occasion d'échauffourées qui dégénèrent. On compte plusieurs morts et blessés.

- Du 1er mai au 20 mai, des ordres de grève sont lancés successivement par la Confédération Générale du Travail (CGT) dans les chemins de fer, le métro, les autobus et les tramways, l'électricité, le gaz, les postes et les télégraphes. Pour pallier la grève, des volontaires offerts par les grandes écoles professionnelles de Paris, notamment des Mines, des Ponts et Chaussées, des Arts et Métiers vont assurer le trafic à 66 % des trains de marchandises et presqu'en totalité celui des trains de voyageurs. Pour les autobus et les tramways, grâce au concours de ces mêmes volontaires et de ceux de l'Union Civique (qui va compter 10 000 adhérents à Paris, le 15 mai), le trafic est assuré à 90 % le 10 mai, à 100 % le 12 et le 13 mai. (L'Union Civique est un groupement présidé par le général Bailloud, puis par le général Balfourier, qui réunit des volontaires du travail, recrutés dans toutes les classes de la société. Son but est de remplacer pendant les grèves le personnel défaillant, spécialement dans les services publics...).

— 21 mai : La CGT écœurée donne l'ordre de reprise du travail. La classe ouvrière est troublée et divisée par le progrès du communisme en France.

— 23 mai : Depuis deux mois, les accès de nervosité du président Deschanel se multiplient. Au cours d'un voyage qu'il effectue en Auvergne pour inaugurer un monument à la gloire d'un aviateur, il tombe, en pleine nuit, du train en marche (en ouvrant la fenêtre de son compartiment, il se précipite dans le vide). Deux surveillants de la ligne le recueillent du côté de Montargis (Loiret), errant en pyjama le long de la voie, sans une fracture, le visage simplement tuméfié (un miracle qui ne peut s'expliquer que par la lente vitesse du train qui en raison de travaux roulait à 40 km/h) et le guident jusqu'au poste de la voie le plus proche. Ce n'est que sept heures après, à Roanne que, dans le train présidentiel, on s'aperçoit de l'absence du principal voyageur !
Les autorités prévenues font transporter à la sous-préfecture de Montargis le président que Madame Deschanel et monsieur Millerand ramèneront à Paris en automobile à sept heures du soir.

— 30 mai : Les fêtes prévues le 16 mai dernier ayant été ajournée en raison des grèves, Jeanne d'Arc est célébrée ce jour dans toute la France.

— 11 Juillet : Mort de l'impératrice Eugénie, à Madrid.

- 2 août : Découverte au fond d'une malle en gare du Nord d'un cadavre que l'on identifiera comme celui du négociant Bessarabo. Quelle raison a pu pousser la poétesse mondaine Héra Mirtel à tuer son second époux ? Préserver la vertu de sa fille contre les atteintes d'un être odieux ? S'emparer d'une commission de 600 000 francs avant de partir pour le Mexique ?
Désavouée par sa fille, la meurtrière mourra en maison centrale.

— 14 août : Anvers, durement touché par la guerre, voit l'ouverture, en ce jour, des 7e Jeux Olympiques. Pour la première fois, un concurrent d'escrimeur belge Victor Bouin) prête le serment olympique à haute voix, et l'on hisse le drapeau aux cinq anneaux entrelacés imaginé par Pierre de Coubertin. Cet emblème de paix, symbolisant l'union des cinq continents, semble interdire l'accès des Jeux à l'Allemagne, l'Autriche et la Hongrie.

— 7 septembre : Un accord militaire portant sur les mesures défensives à prendre face à une éventuelle agression allemande est signé entre la Belgique et la France. Le caractère secret du pacte donne lieu à toutes sortes d'interprétations fantaisistes...

— 21 septembre : L'état de santé de Paul Deschanel l'oblige à donner sa démission.

— 23 septembre : Alexandre Millerand est élu président de la République. N'entendant pas se limiter à un rôle purement honorifique, il souhaite obtenir des pouvoirs réélu, dont celui de dissoudre la Chambre des députés. Le choix de Millerand comme président de la République est significatif : il est le vainqueur des grèves de mai !

— 12 octobre : Un boxeur français champion du monde! Georges Carpentier poursuivant sa brillante carrière sportive, met K.O. en quatre rounds, à New Jersey, le champion du monde des mi-lourds Battling Lewinsky. Carpentier qui est déjà champion d'Europe toutes catégories, n'a plus désormais qu'un seul rival à rencontrer, Jack Dempsey. La France attend avec impatience le retour du « héros » pour le fêter comme il le mérite.

— 24 octobre : Pilotes français, anglais et américains rivalisent une nouvelle fois d'adresse et d'audace... Le meeting aérien de Buc près de Paris, tonnait un énorme succès populaire. Sadi Lecointe (29 ans), le plus brillant de tous, s'est encore confiné comme l'aviateur le plus complet et le plus rapide du monde et du moment. Le 25 septembre dernier, il a déjà remporté la Coupe Gordon Bennett, sur un circuit de 300 km aux Cinq-Virages, à la base aérienne d'Etampes. Premier aviateur blessé de la guerre, figure légendaire du sport français, Sadi Lecointe est aussi le roi de ce meeting.

— 8 novembre : La Chambre des députés et le Sénat adoptent une loi ordonnant la translation à Paris des restes d'un Soldat Inconnu mort pour la France au cours de la guerre et qui seront inhumés sous l'Arc de Triomphe de l'Etoile. Ils décident également du transfert du cœur de Gambetta au Panthéon.

— 10 novembre : Plusieurs membres du gouvernement se rendent à Sèvres, aux Jardies, où décéda le tribun. Un coffret contenant son cœur leur est remis. Il est transporté place Denfert-Rochereau et déposé dans une chapelle ardente, qui se trouve à l'emplacement du lion de Belfort. Dans une autre chapelle ardente voisine, accompagné par le ministre des Pensions, André Maginot grand blessé de la guerre, repose le corps du Soldat Inconnu, qui vient d'arriver de Verdun, (une des régions où les batailles ont été les plus meurtrières), choisi par un jeune militaire parmi plusieurs cercueils de combattants anonymes.

— 11 novembre : Commémoration du deuxième anniversaire de l'armistice et du cinquantenaire de la Troisième République (4 septembre 1870-1920). Le matin, un grand cortège militaire, ayant à sa tête le président de la République et les membres du gouvernement part de la place Denfert-Rochereau pour se diriger d'abord vers le Panthéon. Là, les ambassadeurs, les généraux, la magistrature, le conseil municipal et les élus s'entassent... La musique joue la marche héroïque de Saint-Saëns. Puis le cortège conduit à l'Arc de Triomphe le cercueil du Soldat Inconnu.

— 18 décembre e Inauguration de la station TSF « La Fayette », à 25 km au sud de Bordeaux, à la Croix-d'Hins, près de la voie ferrée Paris-Arcachon. C'est actuellement, la station TSF la plus puissante du monde. Une de ses particularités réside dans le fait que sa manipulation est commandée depuis Bordeaux par des appareils installés au bureau central de cette ville. Celle-ci est d'ailleurs directement reliée à Paris par une ligne télégraphique spéciale, « Paris-Radio, Les dépêches TSF », via Croix-d'Hins, peuvent être transmises de ou pour Paris à la vitesse de communication de 50 mots par minute ou 72 000 mots par jour. Dans son discours inaugural, monsieur Deschamps, sous-secrétaire d'Etat aux PU, se félicite de cette entreprise à laquelle participent les Américains venus très nombreux.

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