Au joli rouge : l'estaminet du fin gourmet

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jarjar
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Le dauphin écarlate

Message par jarjar » lun. 31 oct. 2011 22:05

Les hangars des niveaux -3 avaient l'habitude du bruit. Du bruit des machines, des moteurs et du travail des hommes. Mais cela faisait longtemps, qu'ils n'avaient connu les sons de joyeux marins festoyant et préparant leur futur voyage.

Au centre du hangar, entre les pièces de moteurs et quelques grosses machines, Qu'un-oeil et Le Dingue chantaient vantant la légèreté des cuisses des femmes du port de Nazca, de Keryss ou Calipso, la couardise de marins hégémoniens ou polaires, l’intelligence des anciens flibustiers, la mort de tel ou tel forban et sur la mort glorieuse qu'auront les membres du groupe. Dansant et chantant un peu plus loin les deux mousses essayaient péniblement de suivre le rythme des chants et la descente des deux forbans.

Plus loin, proche des parois et des armes, Silence et Cachalot se battaient au sabre et s'insultaient allègrement de manière fort fleuri pour régler un compte ancien. Car si leur niveau d'éducation est rarement haut, les hommes des mers font pourtant preuve d'une imagination sans borne quand il s'agit d'insulter les autres. On y entend métaphores et périphrases sur les us sexuels de la personne, sa parenté animale ou foreuse ou encore sa bêtise. Mais personne ne remet JAMAIS en cause le courage ou l'honneur d'un autre. Tels sont les règles car, dans un duel d'honneur, un seul survit.

Au centre du hangar, Armando faisait le tour du navire portant pour seul vêtement son chapeau. Laissant voir sa musculature sèche, des dizaines de cicatrices, macabre témoignage de son vécu de forban, et quelques tatouages dont celui de la futur confrérie, un crane traversé par un fémur et un sabre au dessus de trois vagues.
Une bouteille dans une main et grattant ses attributs de l'autre, il discourait de la beauté du navire et de la peur qu'il graverait au plus profond du coeur de ses ennemies. Il empestait l'alcool mais il bougeait malgré tout de façon assez agile. Les siens sont ainsi, comme les fibres naturelles, c'est imbibées qu'elles sont les plus fortes! Le suivant, une jeune femme, portant une robe corailienne très suggestive, et laissant voir au niveau de ses reins la marque du flibustier ( un crâne noir avec un chapeau aux bord relevés sur 3 vagues rouge) semblait assez mal à l'aise par la tenue de l'homme et par les attouchements qu'il lui faisait subir de temps à autre.

Autour d'une table proche de la passerelle d'embarquement, Raumand et Bonne-humeur discutaient de la meilleure façon de se faire une bonne réputation. Pour Raumand cela tenait aux contacts et à un bon traitement de son image; pour Bonne-humeur cela tenait plus de la brutalité et de la violence aveugle que subiraient les gens qui s'opposeraient à eux. Après tout disait-il de sa voix grave et monocorde "De toute façon lorsque nous seront pris, c'est mille tortures que nous souffrirons. Ils nous briseront les os, nous brancheront à l'électricité, nous implanteront je ne sais quelle bestiole qui fera de chaque seconde une torture! Alors autant punir ces héros qui seront un jour prochain les acteurs de notre souffrance sans fin. ". Vous l'aurez compris, Bonne-humeur, avait un vue quelque peu distante et désabusée de la vie, ce qui en faisait un compagnons des plus joyeux...

Enfin, au milieu du hangar trônait Le Dauphin écarlate. Un escorteur de classe Magma, en cours de révision et objet de toutes les attentions de Ron, chef mécano de son état. Le navire manquait encore du plus essentiel : un éperon! Mais en attendant sa proue affichait un dauphin écarlate croisé d'un sabre courbe. Bientôt il serait réarmé, porterait éperon et servirait à réaliser de petites razzias. Son propriétaire l'entendait ainsi : il avait des rêves plein la tête, mais contrairement à la plus part de ses contemporains, celui de vivre une vie heureuse et paisible n'en faisait pas partie.
Spoiler :

Tatouage de la fille :
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Vue haute du Dauphin Écarlate
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Figure de proue du Dauphin Écarlate
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Drapeau de la confrérie
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PS : petites mods et revue d'orthographe, ouais je sais, chui nul :P
Modifié en dernier par jarjar le jeu. 3 nov. 2011 23:28, modifié 1 fois.

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Amatelotage ou les débuts de la vie de flibustier

Message par jarjar » mer. 2 nov. 2011 23:04

Les jours avant le départ d'une campagne sont toujours les plus courts. S'assurer d'avoir les vivres nécessaires, s'informer sur le choix des destinations de passage, sur les routes possibles des veilleurs et autres groupes de défense, sur celles de navires pouvant être intéressants et mille choses encore. Le temps manque toujours pour cela.

En plus, pour un nouvel équipage, il faut aussi compter sur le temps de parler de tactique, de choisir l'amatelotage des membres au mieux et enfin de s'enquérir des mousses. En effet, pour des mousses ne venant pas d'une confrérie ou d'une station pirate, les débuts sont plus complexes. Ils n'ont que rêves de la flibuste, sans en voir les aspects les plus dur. Et l'amatelotage de ses recrues est leur premier pas dans la vie de forban. Ils ne quitteront alors le navire qu'une fois forban ou mort, et force est de constater que peu réussissent à devenir forban.

"Voici ton matelot, il est désormais ton frère!"
Armando parlait d'une voix dure en fixant les deux jeunes hommes.
"Que vous viviez ou mourriez dépend désormais de la relation que vous aurez avec votre matelot. S'il accède aux honneurs, vous y aurez aussi droit. Mais s'il est frappé d'infamie, vous le serez aussi.
Si la confrérie est votre famille, votre matelot est votre seul frère. Ce qui appartient à l'un, appartient à l'autre. Si vous laissez votre matelot mourir, c'est la mort qui vous attendra! Ensembles, vous êtes forts! Seul, vous êtes faibles!
Durant votre apprentissage, si votre matelot ne comprend pas quelque chose, il est de votre devoir de l'aider. Car s'il est puni, vous le serez aussi!
S'il est malade vous veillerez sur lui, s'il est blessé vous ferez sa part de travail qu'il ne peut accomplir! S'il fuit au combat... Votre tête roulera avec la sienne!
Désormais vous êtes un Mousse du Courant Écarlate, battez vous comme des hommes et ne vous rendez jamais, car alors vous mourrez comme des chiens!"

Armando prit alors un tisonnier dont la pointe représentait 3 vagues semblables à celles de la marque de la confrérie.
"Si un seul mot sort de votre bouche, vous aurez droit à dix coups de bâton!"

Les pauvres enfants se regardèrent avec effroi, mais ils leur étaient impossible de fuir. Le reste des forbans étaient autour d'eux. Et ils avaient clairement entendu dans le Code "Celui qui fuit, ne mérite que mourir comme vermine!".

Raumand prit par le bras Richard et le fit se tourner. Le jeune homme fit une affreuse grimace quand le fer chauffé à blanc fit rougir sa peau et brûler sa chair. Il hurla comme jamais il l'avait fait jusqu'à ce jour. Ce jour là, la douleur l'avait vaincu et sans force il tomba à terre.

Puis ce fut au tour du jeune Jacques, qui était beaucoup plus agité, ayant vu la souffrance et sentit la macabre odeur de brûlé sortir de l’omoplate gauche de son matelot. Raumand affermit sa prise et lui dit à l'oreille "Continue de bouger et c'est 30 coups de bâton que tu gagneras avant de passer par le fer. Peut être même une balle en pleine tête".
Ce qui calma un peu le garçon. Mais lorsqu'il sentit la brûlure du fer, il ne put s’empêcher de crier et pleurer. À ce moment, il regretta d'avoir écouter ses imbéciles de marins parler de la flibuste, et il regretta aussi ses champs d'algues aussi ennuyeux que calmes.

"Vous voila en voie de devenir des Gentilshommes sans le sou! Je suis fier de vous. Vous avez décidé de redevenir humains et d'oublier les inepties décadentes que vos professeurs vous ont inculquées depuis votre naissance.
Vous voila sur la voie de la liberté, et lorsque vous serez à nouveau des hommes et non plus des gobies, vous serez libre. Libres de choisir votre chemin, votre capitaine, votre croyance, libres de vivre et mourir comme des hommes et non comme des animaux!
Alors maudissez cette soit-disant humanité qui a fait de vous des animaux, des esclaves de leurs attentes. Heureux de leur propre sort.
Maudissez ces professeurs qui ne vous ont appris qu'à obéir aveuglement, sans savoir ni comprendre. Sans droit ni raison!
Maudissez cette populace qui se complaît dans la crasse préférant vivre une journée de plus comme animal que mourir comme homme libre!
Et surtout, réjouissez vous, car vous voila enfin nés parmi les vrai hommes! Puissiez vous mourir comme tels!"

En terminant son discours il tendit un sabre à Richard tandis que Raumand tendait un autre à Jacques. Leurs armoiries et noms en décoraient leur arme.

"Ce soir vous festoierez. Buvez et profitez des femmes qui vous seront offertes. Car demain c'est par 10 coups de bâton que vous commencerez votre journée!"

Alors, le reste du groupe commença à crier des "Hourra!" pour les deux jeunes hommes, leur tendant des bouteilles d'alcool fort et les forçant à en avaler une bonne quantité.
Toute la nuit on chanta et raconta des histoires de forbans disparus. Et plus tard, deux courtisanes emmenèrent les jeunes hommes faire leurs premières armes, tandis que le reste de l'équipage s'endormait saoul.

La matinée fut aussi dure pour eux. Car au petit matin on les tira de leurs draps, pour leur attacher les bras et leur donner leur bastonnade. Ils eurent finalement droit à 15 coups, avant de commencer leurs travaux et leurs entraînements. Car ils avaient pleuré durant les dix premiers.

Il est dur le chemin qui mène de la bête à l'homme. Et tels des gens voyant pour la première fois le soleil et souffrant des brûlures de celui-ci, ils étaient malgré tout enfin sortis de la noirceur!

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Re: Au dauphin écarlate

Message par jarjar » ven. 4 nov. 2011 06:49

Le temps passait vite, et sans cesse l'équipage chargeait les marchandises armes et munitions.
Les moussons courraient de tout bord, aidant du mieux malgré leur jeune age et leur musculature peu développée.
Ainsi l'hangar aurait pu presque ressembler à celui des hangars commerciaux chargés par des dockers, mais là où les forbans se distinguent des culs terreux, est que malgré le dur travail ou peut être grâce au dur travail, ils gardent toujours le sourire. Un dicton forban dit bien "Ce qui ne me tue pas, me permettra de te tuer plus tard !".

Ainsi malgré la dure tâche accomplit par tout l'équipage, les sourires, les blagues et surtout les chants emplissaient l'hangar d'une gaieté qui semblait étrange et inhabituelle pour les jeunes mousses, habitués au mode de vie dure et sans joie des stations d'hydroculture et d'extraction minière.

Et parmi les chants les plus aimés des forbans avant le départ, on le trouve le connue : Quand l'navire prendra la mer. Écrit semble t il par un groupe de flibustiers des premiers siècles et plusieurs fois modifiés depuis.

Quand l'navire prendra la mer :
Quand l'navire prendra la mer encore
A mort! A mort!
Nous pill'rons sans cesse alors
A mort! A mort!
Les hommes mourront et les enfants crieront
Et les femmes prises seront
Et nous s'rons tous aux anges
Quand l'navire prendra la mer

Les putains des ports seront en joie
Hourra! Hourra!
La bière coulera à flot sans fin
Hourra! Hourra!
Nous festoierons et nous battrons
Et les putains le soir nous accueillerons
Et nous s'rons tous aux anges
Quand l'navire prendra la mer

Les Veilleurs nous traquerons sans fin
A mort! A mort!
Et peut-être un jour ils nous prendrons
A mort! A mort!
Les gens riront, les enfants s'ront contents
Et pendus nous tous le serons
Mais nous s'rons tous aux anges
Quand l'navire prendra la mer

Même mort nous serons plus vivants
Hourra! Hourra!
Et même vivants ils s'ront tous mort
Hourra! Hourra!
Car le coeur libre ne meurt jamais
Et même la mort ne peux l'enchaîner
Et nous s'rons tous aux anges
Quand l'navire prendra la mer

PS : bon en attendant qu'un ensembles de requêtes et de tests unitaires soient finis, je me suis amusé à essayer d'écrire un genre de chant forban. Basé sur "When Johnny Comes Marching Home", j'espère que cela vous plait et si vous avez de meilleurs idées faites les moi savoir, je modifierais si c'est le cas :)
Et si ça vous plait pas? SILENCE!! I'LL KILL YOU!!

EDIT : correction made in Enkill, merci :)

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Le Code

Message par jarjar » jeu. 10 nov. 2011 17:27

Il est souvent dit que les pirates ne connaissent aucune lois. Qu'ils ne sont qu'anarchie et violence. Et pourtant ces hommes qui se veulent avant tout libres, choisissent bel et bien de suivre des lois : Le Code. Mais contrairement aux lois en cours dans les pays, elles ne sont point faite pour engraisser le riches et appauvrir celui qui n'a rien. Non c'est lois sont faites pour s'assurer du bon fonctionnement de leur société. Ainsi les seuls crimes reconnus sont ceux contre Le Royaume (des pirates) et contre son équipage.

-Ne pas vérifier et maintenir son équipement en état de marche, être saoul ou incapable de combattre à cause de drogues récréatives :
--passage par la planche
-Voler un membre de l'Équipage ou l'Équipage ;
--20 coups de bâtons
-Ne pas aider un camarade en difficulté :
--Exil ou mort
-Fuir le combat avant l'ordre de retraite :
--La mort
-Se battre dans le navire avec un autre membre de l'Équipage :
--20 coups de bâtons pour chaqu'un
-Comploter contre le Royaume, ne pas le défendre quand on le peut :
--La mort

En dehors de ces règles plutôt simples, tous les problèmes se règlent en groupe. Les pirates jugent les leurs et leurs appliquent les sentences. Lors d'une dispute entre deux hommes, ont règle ça à main nues, au sabre parfois même aux dés selon les règles établies par l'Équipage. Mais cela mène rarement à la mort. Pour le reste c'est à coups de bâtons, d'exil et de mort qu'on puni les récalcitrants.
La justice pirate est simple, directe et participative. Mais elle est aussi brutale, violente et parfois sanguinaire.
Enfin il va de soit que les règles ne sont valides qu'entre pirates. Comme l'a dis un capitaine du temps de la Flibuste : "Les hommes ne jugent pas les animaux avec la même clémence que les leurs. Alors pourquoi devrions nous, hommes libres, juger les hommes avec la même clémence que d'autres hommes libres? Si l'homme asservi peut se rassasier avec des animaux. Nous, hommes libres, pourquoi ne pourrions nous pas le faire avec des hommes asservis? "

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La chasse-la partie : 1. Un départ sous bons auspices

Message par jarjar » ven. 9 mars 2012 22:42

"Kenneth, t'es sur d'ton coup?"

Russ était un homme solide et un excellent bosco, mais il n'était pas reconnu pour son envie de toucher à "l'étrange". En réalité Kenneth savait que bien peu d'hommes de la mer se moquaient des "croyances" et autres superstitions. Lui, avait vécu une bonne partie de sa vie à terre, en Hégémonie. Ce qui limitait grandement sa capacité à croire aux contes de vieux loups de mers, trop saouls pour savoir s'ils s'étaient pissés dessus ou si c'était simplement l'alcool qu'ils renversaient dans leurs tremblements éthyliques.
Lui, ne craignait pas de manger du dauphin, une patte de loutre ne lui faisait rien, et il ne croyait pas qu'une tache rouge signifiait que "l'écho fantôme" viendrait le chercher.

"Oui, on se tait maintenant. L'Aveugle n'aime pas qu'on parle pour rien dire. Et son temps vaut littéralement de l'or!".

Ils arrivaient enfin en vu du taudis dans lequel vivait "l'Aveugle", au niveau -5 dans un secteur connu pour abriter des pirates épaulards.
L'Aveugle était une vieille femme, au regard blanc qui pouvait, selon les dires de certains, bénir un navire. Et c'était là une excellente chose lorsque l'on n'était pas né pirate.

Devant la porte, deux brutes, d'anciens Épaulards au vue de leurs tatouages, faisaient office de garde.

-Tu veux quoi l'poltron?
-Je suis ici pour voir l'Aveugle et demander sa bénédiction.
-T'as de quoi payer?

Kenneth leur tendit son sac. L'un des hommes de main le prit et vérifia rapidement son contenu. Apres tout, seul un fou essayerait de berner l'Aveugle. Non pas qu'elle ait un quelconque pouvoir ou des hommes de main pour faire payer l'impudent. Mais personne ne permettrait à un forban, dont le nom est soit disant maudit par l'Aveugle, de voyager avec eux. Le dernier ayant fini déchiqueté par un requin à plaques, ainsi que son équipage, et ce seulement quelques minutes après qu'ils aient quitté le quai!

-Allez-y

Kenneth entra, réajustant son uniforme coloré. Russ, quant à lui, n'était pas du tout dans son assiette.

Ils montèrent quelques marches, et se trouvèrent en face de l'Aveugle. C'était une vieille femme, aux cheveux crasseux, et au visage plus plissé que le fief des pirates. Elle portait une sorte de bandeau, qui avait dû être à une certaine époque blanc. Ses vêtements n'étaient faits que de chiffons de différentes couleurs cousus ensemble. Et on pouvait voir à sa ceinture une sorte de chapelet constitué, selon Kenneth, d'oreilles humaines.
Elle était assise dans une pièce ronde, recouverte de peintures aux formes étranges. Au centre de la pièce quelques braises chauffaient une sorte de plaque noircie par les flammes, sur laquelle on voyait encore un écusson en forme de crâne.

"Je vous attendais, Kenneth!". Sa voix était grave et lointaine. Et son regard fixait Kenneth, le mettant mal à l'aise. "Vous êtes un homme ambitieux, mais le Capitaine Kravitch l'était aussi. Et comme lui, votre destin sera bien funeste si vous ne changez pas d'avis quant à votre quête...".

Russ regarda Kenneth plein d'incompréhension. Kenneth lui répondit par un simple "La ferme!".

"Alors tu vas bénir mon navire l’ancêtre?" lança Kenneth sur un ton arrogant.
"Voila encore ton arrogance, jeune hégémonien..." le mots de l'Aveugle furent suivis d'un rire macabre laissant voir ses dents pourries et sa langue fourchue. "Tu as payé, ton navire sera béni. Mais prends garde à ne pas pousser trop loin ta chance!".

L'Aveugle, cracha dans un bocal et commença à parler dans une langue, qu'elle seule devait comprendre, en jetant divers composants dans le bol avant de les mélanger. Elle jetta ensuite le tout sur le métal chauffé. Une odeur immonde infesta bientôt toute la pièce tandis que la voix de l'Aveugle devenait de plus en plus rauque et de plus en plus saccadée.
Et soudain, elle tomba comme une masse à terre. Kenneth, malgré toute son éducation hégémonienne, était comme pétrifié, lorsque la femme se releva et parla d'une voix grave et résonnante.

"Ainsi tu veux ma bénédiction pour naviguer dans mes océans, petit être?! Et tu penses qu'ainsi il te sera plus simple d'arriver à tes fins?! Imbécile, seule la mort t'attend. Mais cela me distraira au moins un temps, en attendant que tu me rejoignes!"
L'Aveugle prit alors un objet sur la planque au centre de la pièce et le plaça dans la main de Kenneth, qui sentit de suite sa peau commencer à brûler.

"Amuse-moi Kenneth, car lorsque tu m’ennuieras, je te prendrais toi et tout ceux qui te suivront!"

Puis l'Aveugle retomba, comme une masse. Kenneth lui rangea rapidement la preuve de la bénédiction, et pansa sa main.

Ce soir là, Russ Vileroy, mourut malheureusement lors d'une échauffourée avec la faune locale. On retrouva ses restes à moitié mangés dans un corridor plusieurs jours plus tard. Même si Kenneth ne croyait pas aux délires d'une vieille folle, avoir son bosco qui répéte sans cesse ses dires aurait pu être gênant à la longue.

PS : corrections et aide ENKIL

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La petite sirène se frotte au Soleil noir

Message par enkill » dim. 24 juin 2012 10:49

Le calme qui a suivi la période d’activités, de de stress, dans la caverne des Nogs et des Pags, semble plaire à Dread.
Il regarde cette vie, simple, réglée, comme un Eden, l’endroit dont il avait toujours rêvé, sans s’en rendre compte.
Lui qui venait d’une station agricole, avait toujours voulu être un enquêteur hors pair. Cette aspiration lui a fait gravir les échelons de la société hégémonienne, étape, après étape. Il semblait remplir les attentes d’un père, qu’il n’avait pas connu, de la vie d’avant la catastrophe.
La vie dans une cité plus grande devint plus difficile. Ces chefs lui demandaient des résultats et d’aller voir des gens méchants qui lui voulaient du mal, simplement parce qu’il était de la police. Il ne faisait qu’appliquer la loi.

Ah oui, la loi ! La chose qui faisait la différence entre l’humain et la bête, entre l’ordre et le désordre.

Comment pouvait-on ne pas l’aimer, la chérir, la respecter !!

La chose devenait de plus en plus difficile pour lui, surtout après sa dernière enquête. On lui avait demandé d’infiltrer un groupe de criminels qui avait leur activité dans une station périphérique. Ils faisaient entrer en contrebande des produits interdits. Ils avaient tué quelques indics et aussi deux policiers qui avaient failli les pincer.
Ses chefs avaient pensé à lui car il n’était que peu connu, il passait son temps derrière son bureau à faire des recherches dans des dossiers et les rumeurs qui pouvaient le désigner, laisser entendre qu’il nétait pas dangereux, même peut-être un peu incapable !


Ainsi fut dit, ainsi fut fait ! On le grima et on lui donna une nouvelle identité et il alla se fondre dans le décor autour des docks. Il ne sortait qu’une fois que l’activité se calmait, vers 20h30-21h. Il allait dans les bars qui n’étaient indiqués dans aucun registre officiel. Il parlait à des gens qui pouvaient le détruire sur un simple ordre et qui lui glaçait le sang d’un regard.

Cette situation devenait de plus en plus difficile à vivre. Il ne dormait plus, ne s’alimentait que frugalement et prenait aussi une quantité de plus en plus grande de stimulateurs pour tenir.

La pression de ses supérieurs ne faisait que grandir, déjà 6 mois et aucun résultat. Le trafic continuait et trois autres policiers avaient été mutilés. Quand il passait voir ses collègues, les quolibets fusaient et les regards étaient de plus en plus noirs dans sa direction.

Ses maladresses et l’impression que tout le monde était à sa recherche et voulait lui faire la peau, ont été la goutte qui a fait déborder le vase.

Il fut retiré et remplacé dans sa mission. Il fut mis dans un bureau le temps de sa convalescence. Mais 4 mois plus tard, il était clair qu’il ne pouvait rester en Hégémonie. Il fallait qu’il se fasse oublier s’il devait un jour être à nouveau utile.

Son départ fut décidé pour Equinoxe. Et maintenant il était dans cette société isolée.

Chaque personne était à sa place ici, chacun faisait ce pour quoi il avait été formé, pas plus, pas moins. Personne ne volait, ni ne tuait, maintenant que la paix entre les deux cités était rétabli.
Les portes de la cité étaient fermées tous les soirs au cas où le danger des formians devait pointer son nez. Les archiprêtres dirigeaient tout et tout le monde et contrôlaient les pensées des habitants.

Il suffisait pour lui de vivre, de ne pas faire quelque chose qui sortait de l’ordinaire, de son rôle d’ancien. C’était une chose à laquelle il aspirait, mais cela le mettait aussi sous pression car il devait surveiller ses actes, mais le monde extérieur n’était pas fait pour lui. Trop de danger, d’incertitude et toujours l’attente qu’on avait de lui de réussir des choses. Ici, les rares fois où il devrait montrer ses aptitudes, il demanderait quels sont les choix que feraient les prêtres et il pourrait choisir celui qui lui semblerait le plus adéquat et si cela ne suffisait pas, il pourrait se retrancher derrière une attitude mutique et énigmatique et laisser entendre que ces hommes n’avaient pas fait ce que son auguste personne avait demandé.

Il laissait partir les hommes avec qui il était venu. Il ne les regretterait pas ou si peu. Il ne lui avait pas amené que danger et terreur. Il n’avait jamais compris les choix qu’il faisait et n’avait eu que des railleries et des regards lourds de reproche, comme ses anciens supérieurs qui eux aussi ne méritaient pas ses compétences.

Aujourd’hui une vie nouvelle s’ouvrait à lui, dans ce monde merveilleux…

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La belle et la bête

Message par enkill » mar. 16 oct. 2012 20:22

De retour de son périple sur le Dauphin écarlate, Horus Vagrand retourne voir l’état de son atelier. Il constate que ses hommes se sont bien occupés de faire rentrer l’argent et qu’ils ont réussi à faire tourner l’affaire sans lui.
Il profite de l’argent qu’il a, pour se reposer de ses aventures qu’il adore raconter aux jeunes hommes qui rêvent d’exploits comme les siens !!!

Mais peu à peu, grossir ce qu’il a pu faire, ne plus vivre cela, le déprime. Il passe de plus en plus dans les établissements de bain de vapeur hallucinatoire. Il y est bien. Personne pour lui demander ce qu’il faut faire, personne qui lui met la pression pour un acte qu’il aurait dû faire ou qu’il a mal fait.

Il commence même à regarder avec plaisir la tenancière qu’il ne trouvait que peu avenante lors de ses premières venues. De visite en visite, il sent la pression de son regard. Maintenant elle ne le laisse plus indifférente non-plus.

Et si le bonheur s’était de rester ici et de vivre une vie simple sur Equinoxe. Un anonyme parmi cette foule qui bouge, qui court, qui recherche… mais ils cherchent quoi tous ces gens.

Son chef d’atelier était venu le voir, il y a peu, ou était-ce il y a plus longtemps, pour lui demander ce qu’il faisait là, qui était cette chose dont il disait être amoureux. Il avait essayé de le tirer de force de cette habitation où il était si bien. Pourquoi vouloir partir de cette petite maison, avec ce fauteuil sur la véranda et le jardinet qui est devant ? En plus, Warda lui apporte ce dont il a besoin, avant même qu’il ne demande.

« Non, je suis bien, je veux y rester… »

« … Je vous assure monsieur le Veilleur, ils lui ont vidé la tête, il ne sait plus ce qu’il fait, où il est ! Il parle de cet éléphant de mer, comme si c’était une femme et il ne veut plus quitter « sa maison » ?
Il faut faire quelque chose, ils l’ont drogué, j’en suis sûr ! Mais faîtes quelque chose, menez une enquête !
- Monsieur, c’est un établissement tout ce qu’il y a d’honorable. On peut y prendre des bains de vapeur aphrodisiaque.
S’il est mieux là-bas que dans son atelier ou qu’à chercher fortune, ce n’est pas à moi d’en juger.
S’il regarde avec des yeux de merlan frit, l’éléphant de mer qui est dans l’aquarium centrale, je n’y peux rien. Essayez avec un médecin, s’il veut essayer de le soigner, mais est-ce une maladie, de chercher un endroit où on est bien, où on aime et où on pense être aimé.
Allez, passez votre chemin, j’ai autre chose à faire qu’à vous écouter, il se fait tard, il faut que je fasse ma ronde dans le secteur. Allez du balai… »

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