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Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : mer. 4 avr. 2018 00:05
par dark_shape
Je me permets d'intervenir...

Je vais être redondant car je pense pareil que les autres avant : je pense aussi qu'on peut jouer n'importe quoi avec plein de gens, mais pas n'importe comment avec n'importe qui...

Oui je sais, c'est le "crocrodark qui fait des phrase genre mystérieuses qui veulent rien dire".

Je pense que c'est pour ce genre de jeux que deux aspects souvent vus comme inutiles (et qui parfois le sont) sur des jdr "classiques" prennent leur sens : le contrat social et (ho d'actualité !) la sécurité émotionnelle.

Le contrat social :
Je pense que sur ce genre de partie, le contrat social doit être clair et précis : "voici où je place le curseur et voici les limites que je souhaite poser". Ensuite à en discuter avec les joueurs, en aparté lors du recrutement pour créer un groupe aux envies / thèmes compatibles, puis en groupe pour bien que tout le monde soit certain d'avoir compris les limites.

Par exemple moi ça ne me dérangerait pas d'essayer un jeu à la "Freddy les Griffes de la Nuit" où finalement le méchant (ici le joueur) les attaque et les traumatise par leurs rêves, quitte à les tuer d'épuisement. Par contre balancer des pelletées de bébés dans une équarrisseuse ou aller au PédoSnuffTrashPorn, ça me laisse de marbre.

Après tout... les films d'horreur / suspense / SF gore ect... regorgent de monstres s'attaquant à des victimes mineures, voire ne qui ne s'en prennent qu'à des mineurs. Cela ne me choque pas de voir des gens vouloir migrer ça en JdR.

Mais ça reste un thème / ambiance mature à bien cadrer quand on fait ça avec des gens croisés au hasard des tables et il faut bien que tout le monde soit conscient des limites et tabous des uns et des autres.

La sécurité émotionnelle
Sur ce genre de table, je pense qu'il faut obligatoirement consacrer quelques minutes en fin de partie à un débrif de groupe, que chacun puisse dire ce qui lui a plu et surtout déplu. Il faut aussi que le MJ (ou parfois un autre joueur un peu plus solide / proche) soit disponible pour une conversation à l'occasion pour un joueur qui en ferait la demande ou via MP. Ceci afin que si un joueur a un gros souci / doute / trouble, il soit identifié et géré. Cela peut aussi bien être de le rassurer que non ce n'est qu'un jeu, que de recadrer un peu le contrat social, voire de sortir le joueur qui a du mal à se distancier (sans l'agresser ou le prendre de haut, toujours avec bienveillance).

Si ton format est OS, bien préciser que celui qui ne se sent pas bien est libre de quitter la table, pour peu qu'il le fasse respectueusement. Et que les autres s'engagent à ne pas lui en tenir rigueur.
Et surtout proposer à celui qui part d'en discuter à l'occasion, quand il se sentira d'humeur.




Je prends vraiment un autre exemple : Friponnes. Au début je redoutais un peu ce "JdR RPQ" mais à y bien lire le contrat social sous entendu dans les propositions de partie, j'ai discuté avec EtienneB pour ne pas le citer, on s'est expliqué sur nos attentes et limites et je me suis laissé tenter. Quel bien m'en a fait, j'ai découvert que ce mot "RPQ" est totalement hors sujet, le jeu se joue dans un monde décomplexé ou l'amour, voire la sexualité (mais voire seulement) y ont une place, sont des moyens mais certainement pas une fin en soi. Un système fin et vraiment orienté RP, voire grand RP.

Quelque part, me sentir à l'aise dans mes limites et envies m'a permis de me laisser aller à découvrir les Folandes (le cadre), le scénario et le jeu en toute tranquillité et de me faire plaisir.



Donc voilà : être clair et honnête sur les intentions, envies et limites et définir un cadre solide permet de s'amuser sur tous les thèmes. Bien s'assurer que tout le monde ait compris et soit d'accord et vogue la galère !


Comme j'aime à le dire : "mon psy dit me trouve de plus en plus borderline, qu'il est content : je me rapproche de la normalité..."

Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : jeu. 5 avr. 2018 18:22
par Khaine Dragonheart
Ah mais tu es dans une campagne actuelle d'Etienne? Les 3 Graces ou Le Captif?
Moi je suis dans le groupe des Saltimbanques ;)

Disons que du retour de mes playtesteurs, hormis les infos habituelles sur les longueurs et les trucs classiques modifiables dans la mécanique pure et dure, ont vraiment apprécié le côté WTF de l'univers.
Maintenant c'était des personnes à l'aise avec le RP, la déconnade, etc... Le résultat a été qu'il ont vraiment aimé et sont prêts à se faire réinvoquer sans problème.

Avec le recul, une personne timorée n'arrivera pas à prendre le wagon en route et donc restera dans la couche "gore" de l'histoire.
Pousser quelqu'un qui ne souffre pas de l'odieux vice de l'humour noir, dans une piscine de macabre grotesque, le résultat risque effectivement d'être choquant pour cette personne.
Donc peut-être pas l'ouvrir aux "débutants" en JdR virtuel. C'est pas de la discrimination mais de la prévention.

Enfin bon, on verra bien, je mettrais des marqueurs émotionnels et le principe du contrat social de ce jeu bien en évidence, en gras, en souligné (et uniquement parce qu'on a pas la possibilité de mettre des néons fluo) dans la présentation pour le prochain playtest.

Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : lun. 9 avr. 2018 12:02
par dark_shape
Khaine Dragonheart a écrit :
jeu. 5 avr. 2018 18:22
(et uniquement parce qu'on a pas la possibilité de mettre des néons fluo)
Si si, y en a !
Si si, y en a !
Si si, y en a !
Si si, y en a !
Si si, y en a !
Si si, y en a !

:lol:

Tu sélectionne ton texte et tu clique sur le A entouré de rouge... dans la balise glow, tu peux changer la couleur (il suffit de me citer pour voir mes balises)...

Juste au cas où... ;)

Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : lun. 9 avr. 2018 18:31
par Khaine Dragonheart
Bonne nouvelle!
Ca sera un contrat social arc en ciel alors :lol:

Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : mer. 23 mai 2018 03:33
par Tsufuji
J'aime penser que tout est possible au cours d'un JDR.

Personnellement, j'ai déjà participé à des scénarios d'horreur particulièrement gores qui ne m'ont fait ni chaud ni froid, et pourtant, il y a d'autres parties que je ne peux pas ignorer. Bien que je sache dans quoi je mettais les pieds, j'ai été assez marqué au cours de deux campagnes d'heroic fantasy, où j'ai du jouer mon personnage alors qu'il se faisait torturer dans l'une, et violer dans l'autre. Dans les deux cas, j'ai vraiment eu du mal à jouer, mais j'en garde finalement d'excellents souvenirs.
En tant que MJ, je trouve particulièrement difficile de décrire de telles scènes, sûrement car je m'attache très facilement à mes personnages et que je suis relativement sensible... Mais j'estime beaucoup la présence de gore ou de contenu explicite, qui nous frappe au visage sans prévenir, un peu comme dans la vraie vie en fait.

Si je dois ajouter quelque chose, je pense que le fait que tes joueurs soient choqués ou déstabilisés est un signe que tu as bien fait ton boulot de MJ autour du gore.

Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : mar. 12 juin 2018 10:42
par faboo
Je pense que nous sommes allés assez loin dans la violence et le sexe avec mes joueur(e)s, mais quand il s'agit d'enfants, j'ai remarqué que ça jetait un petit froid autour de la table... Je pense que pour certaines personnes, même au second degré ça ne passe pas (même des personnes qui n'ont pas d'enfant).

Du coup, si je joue avec des gens que je ne connais pas, et que le scénario présente un risque d'enfants "maltraités", je demande spécifiquement si cela pose problème.

Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : lun. 18 juin 2018 22:02
par Ardaikhan
Hors-sujet
Il était une fois, au pays des Croquemitaines, un enfant qui une fois par an ,torture psychologique, et démembre tous les croquemitaines, en commençant par les ongles et les dents. Il joue avec les jeunes et les moins jeunes parce que s'il ne le fait pas il risque de mourir... Non en fait il le fait par plaisir parce que, même chez les humains, on rencontre des psychopathes.

- Bonjour Croquemitaine, t'ai je déjà raconté l'histoire de la sage femme et du boucher :twisted: dit le jeune enfant en dégustant ce qui semble être une tomate.

Le Croquemitaine, en entendant cette petite voix d'enfant, afficha un large sourire et dévoila de larges dents et de longues griffes.
Soudain, son regard attiré par un éclat de lumière visa un bocal par terre.
Le bocal qui contenait le coeur d'enfant de Yello (désolé :oops: jé toucassé).

Ce bref instant de distraction suffit à l'enfant pour capturer le Croquemitaine aux larges dents et aux longues griffes, qui se souvint, malheureusement trop tard, de l'histoire que lui racontait son père et le père de son père et le père du père de son père qu'il était une fois... (Oui ! C'est une structure très Patriarcale bien que la mère de ce croquemitaine fait partie d'un mouvement de militante qui se battent, pour que les femmes croquemitaines aient les mêmes droits que les croquemitaines mâles. Cette structure où le mâle domine pourrait expliquer pourquoi, le croquemitaine est si méchant. La présence d'une mère est importante).

Après avoir enlevé avec délicatesse les ongles et les dents du croquemitaine - pour rappel, la délicatesse signifie sans anesthésie, avec une scie, un burin, une tenaille et un vibromasseur- j'entends certains curieux me demander pourquoi un vibromasseur ? Ce à quoi je répondrais que les parents laissent trainer n'importe quoi, que les enfants sont très curieux et surtout qu'une bonne torture c'est beaucoup de souffrance et un peu de plaisir.

Continuons...

L'enfant entama, la torture psychologique qui dura des minutes, des heures, des jours, des semaines. Pendant tout ce temps résonnait dans la tête du croquemitaine "jamais on a vu jamais on ne verra, la famille tortue courir après les rats ..."
Le croquemitaine sans larges dents et sans longues griffes demanda pitié. Imaginez-le. Lui qui était habitué à parler avec de larges dents "fuifié".

Cela fit beaucoup rire l'enfant .

Le Croquemitaine demanda grâce, il voulait que l'enfant le démembre et le tue.
L'enfant lui dit "Non!". Il s'approcha de son oreille comme le fait un enfant pour partager un secret, et il chuchota "je te tuerai lorsque tu m'aimeras, mais avant dessine moi un mouton".

Le croquemitaine hurla et soudain, il se souvint qu'à la fin de l'histoire le croquemitaine meurt toujours.

Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : mer. 20 juin 2018 16:00
par Khaine Dragonheart
Heu...Ouais d'accord.

(Moi avoir besoin d'explication là…)

Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : jeu. 21 juin 2018 01:29
par Ardaikhan
Parfois il y a des trucs qui m'inspirent des idées farfelues. Mais je suis déçu qu'on aime pas mon enfant psychopathe tueur de monstre :lol:
Par contre il faut que je mette le "post hors sujet". (ou bien tu me dis si je le supprime ;) )

La question n'est jamais "jusqu'où peut on aller..." mais, "pour un univers et une ambiance donnés avec qui peut on y aller". La plupart des choses importante ont déjà été mentionnées plus haut.
Il y a forcément une limite après laquelle il faut se poser des questions sur la santé mentales des participants.

Le pitch de départ m'a fait penser au slogan : "soyez rebelle! mangez des enfants!" mais apparemment tu trouves ton univers fun et il l'est certainement , cela dit je reste méfiant vis à vis des univers qu'on dira hors normes: si ce n'est pas bien cadré ça peut vite déraper car martyriser et mutiler des enfants ça sous entend plein de chose.
Si on devait jouer des démons de façon "réaliste" cela serait très vite glauque. Des humains font déjà des trucs ignobles avec les enfants alors les démons je te laisse imaginer (non n'imagine même pas).

Après ce moment "oh mon dieu c'est pas bien". Je dirais que l'important c'est de s'amuser. Je ne connais pas ton univers donc le jugement est difficile.

J'ai fini récemment "1984". Pendant les deux premières parties du livres je me disais c'est bien mais ce n'est pas aussi violent qu'on le dit. Par contre la dernière partie te jette un froid. Et il n'y a pas beaucoup de violence physique mais la déconstruction mentale et l'anéantissement du personnage jette un froid . C'est beau et horrible.
Alors la question que je pose c'est faut il réellement créer un univers gore ou l'on mange des enfants parce que c'est borderline et fun ou bien créer un univers plus posé mais avec une violence sous-jacente qui laissera les joueurs sans voix avec une boule au ventre(faut quand même qu'ils parlent sinon le mj va se sentir seul )?

Au début tu parles d'ins/Mv. Croc voyait son univers comme "Ma vie est un enfer" (C'est un film trash mais pas gore), et ce sont les joueurs qui ont fait ce qu'il est devenu. (j'essaierai de retrouver la vidéo dans laquelle il en parle).

Re: Jusqu'où peut-on aller dans le gore en créant un JdR?

Posté : sam. 23 juin 2018 13:29
par Ardaikhan
Voici quelques liens pour voir jusqu'où ne pas aller du côté PJ:

article de journal , no comment.

wikipédia sur la maltraitance .

Je renvoie également vers la saison 1 de "True détective". (A jouer, côté roleplay enquêteur ça doit être super intéressant)

Pour vous faire une idée côté viol (personnes adultes) voici un peu de lecture:
-"La nouvelle grand chauffeur" de Stephen King;
- Un petit extrait de "conte de la folie ordinaire" de Charles BUKOWSKI :" il a quasiment éventré le type qui n'a pas marché pendant une semaine"
Pour resituer le livre et l'auteur il picole sans arrêt, du sexe et la vie dans les quartiers populaires (un nid à pnj vrais et trash. Ne le donné pas à jouer à un pj)

Dans toutes les œuvres, l'horreur est là, mais la violence en temps qu'acte physique n'en ai que le déclencheur et est toujours brève ou suggérée.