Journal de bord

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blackcat06
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Journal de bord

Message par blackcat06 » mer. 15 nov. 2017 20:51

Résumé des parties

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Re: Journal de bord

Message par blackcat06 » mer. 10 janv. 2018 08:53


Zaëll
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Re: Journal de bord

Message par Zaëll » mer. 10 janv. 2018 16:44

Jour 1: La galère dans la Galère Absynthe

Ce mal de tête qui n'en finit pas... Ces odeurs pestilentielles... mais qui vit ici ? Non loin de moi, des bruits apparemment humains se font entendre, des grognements sourds entre-mêlés de questions sans réponse. Je finis par distinguer des voix bien différentes, au son pâteux, et clairement désorientées. "Qui est là ? Est ce que vous allez bien ?" La logique m'amenait à penser que si ils avaient été hostiles, ils ne seraient pas là en train de pleurnicher, ce qui fut confirmer par leurs réponses.

"Tout va bien mais quel mal de crâne ! Et cette odeur, ça me dit quelque chose... Attendez ça va me revenir... C'est.... Ah oui ! De l'huile de Tajit !!! Les raclures de bouses de vaches diarrhéiques !!!!" maugréa l'un. Tient ? Lui aussi ?
"Ici, ça va aussi, bien que j'ai l'impression que ma tête va exploser..." constata l'autre. Une femme, à l'entendre, qui força mon respect tant elle avait l'air de prendre les choses en main.
"AAAAAhhhhhhh !!!!!! Nom d'une barrique mangée par des mites alcooliques !!!! J'en ai eu des gueules de bois !! Mais celle-là, je m'en souviendrais jusqu'à la fin de ma vie ! Où est ce qu'on est ? Qu'est ce que c'est que ce raffiot puant ?" Un nain ! Son accent roulant me fit sourire jusqu'à ce que j'entende des pleurs...Je tournais ma tête soigneusement vers ces lamentations et finit par distinguer, recroquevillé contre la parois de cette barcasse, un homme qui transpirait la peur, au sens premier du terme. Tremblant tout ce qu'il pouvait, ses larmes dessinaient des sillons sur ses joues sales, son état était à la limite du pathétique mais je ne pus empêcher un élan de compassion pour ce pauvre bougre qui n'avait rien demandé à personne. Je le rassurais comme je pouvais provoquant chez l'énergumène, un rapprochement physique dont je me serais volontiers passé. Je mis mon léger dégoût de côté et le calmait en lui parlant avec assurance. Pendant ce temps, mes co-détenus faisaient le tour du propriétaire, échangeant ci et là des informations sur leur état et sur ce qui pouvait bien les attendre.
La réponse ne se fit pas désirer...

Une intrusion bruyante coupa court aux spéculations. Un homme déclarant s'appeler le Maître du Fléau, entouré de sa cours mal-famée, nous ordonna, enfin, nous aboya l'ordre de nous lever et de le suivre sur le pont supérieur où nous étions attendus. Bon gré, mal gré, nous le suivîmes avec le malheureux toujours aggripé à ma manche. Il était dans un tel état de panique qu'il se fit dessus, me rajoutant un haut le coeur à mon mal de tête lancinant.
Un fois à l'extérieur, je constatais non sans désespoir, que nous étions dans une situation plus que compliquée: De la mer à perte de vue, des pirates puants et vulgaires nous encerclaient avec leurs sourires moqueurs édentés, un navire immense commandé par un capitaine brutal à souhait et arrogant nommé Barnabas Harrigan. Il était secondé par un certain Mr Plugg, homme vicieux et violent, digne de son chef. Je me disais que ça ne pouvait pas être pire jusqu'à ce que l'ordre fut donné au Maître du Fléau, de saisir l'homme-sangsue près de moi et de le passer par dessus bord. Chose qui fut faite dans la foulée où la dernière chose qui laissa de lui, à bord, fut une flaque d'urine fraîche.

A ce stade, je regardais mes compagnons d'infortune et je ne pus qu'admirer l'assurance et le détachement dont ils faisaient preuve comme si ce monde était le leur. Mr Plugg vint interrompre mes pensées quand il nous brailla la consigne suivante: Celui qui monterait le dernier en haut du nid de pie serait fouetté. Sans se faire prier, mes camarades se précipitèrent vers le mat désigné. Le but de la manœuvre étant, sur ordre du Grand Moche comprenez le capitaine, de nous former à notre futur métier: Pirate.
La jeune femme de notre petit groupe s'en sortit avec brio et alla même jusqu'à imposer le respect à nos propriétaires, nous autre suivirent comme on put mais sans succès, moi même à la troisième tentative, je me retrouvais la tête en bas, pendue par les pieds emmêlés dans les cordages de la voile. L'humain qui était devant moi me fit grâce de son aide et je me retrouvai étalée comme une galette quelques mètres plus bas. Tout cela pour finalement nous trouver une tâche à faire sur le bateau ce qui donna: Le poste d'assistant cuisinier fut donné au nain nommé Atemys, celui de gabier à l'humaine appelée Cyrielle, l'humain Seifer et moi même avons eu l'immmeeennsseee privilège.... de nettoyer le pont.Youpi !
Chacun s'attela donc à sa tâche avec plus ou moins de réussite. Seifer et moi étions au bout du rouleau enfin de la serpillère en une demi heure. La matinée avançait et les courbatures pour ne citées qu'elles nous mettaient les nerfs à rude épreuve. Certains pirates se présentèrent: Sandara Quinn, jolie humaine et visiblement altruiste qui nous encouragea, entre autre, à tenir bon. Rosie Juron, gnomette prétentieuse qui n'a pas volé son nom s'occupa d'Atemys. Conchobar Courtepierre, gnome bien habillé et fier de lui, gabier avec Cyrielle. Un certain Cogward Le Rouge, au lavage comme nous, faisait son travail sans broncher.

Le midi arriva avec sa pause "déjeuner" et un Atemys portant une marmite d'un ragoût sans nom. Je mangeais à peine, fatiguée comme je ne l'avais jamais été et Seifer n'en menait pas large non plus. Il était quand même parvenu à nous localiser, d'après lui nous étions au large de l'île de La Faiseuse de Veuves. Génial... Mr Fouet revint bientôt nous attribuer de nouveaux postes et nous finîmes à la couture pour rafistoler les voiles, j'en profitait pour recoudre certaines parties de mes vêtements malmenés au passage. Ce travail moins fatiguant fut apprécier jusqu'au crépuscule qui annonça l'heure du repas, soupe à la tortue d'après notre ami nain. Moment agréable de courte durée alors que nous nous reposions dans le pont intermédiaire, le chef cuistot d'une saleté repoussante autant que son physique nous embarqua dans son sillage poissonneux. C'était l'Heure du Sang et d'après lui, personne ne devait être absent. Un dénommé Jack la Pie, voleur récidiviste de son état allait être mis à mort dans la bonne humeur ambiante grâce à la technique ancestrale et cruelle du supplice de la quille. Ne pouvant supporter ce spectacle, je redescendis discrètement en bas ce qui ne dura pas car peu de temps après il fallait être présent pour le Rhum du Capitaine... pour boire... Du rhum... et c'était obligatoire.

Je me décomposais littéralement à la vue de cette chope remplit à ras bord. La cerise alcoolisée du gâteau pourrit était là, devant moi, dans ma main et il fallait que je boive tout ça...Impossible, je ne peux pas ! Un éclair de génie traversa mon esprit alors que je me demandais comment y échapper. Je ramassais les morceaux de mon assurance perdue et alors que la nuit tombait, je renversais d'un coup sec la chope sur mon visage, la bouche bien fermée en priant Besmara que les pirates à côté de moi m'oublient. Eh bien... J'ai pas du prier assez fort... Je fus dénoncée à grands bruits, immobilisée par deux cochons aux allures d'hommes, puis attachée par les poignets à une poutre. Ensuite, on arracha mon haut, me retrouvant torse nu aux yeux de l'assemblée ivre. Trempée d'alcool imbuvable, sale jusqu'aux bout des doigts, usée jusqu'à la corde, les coups de fouet qui s'abattirent sur mon dos eurent raison de mon corps: à la troisième morsure, je m’évanouis.
Beaucoup plus tard, je me réveillais endolorie mais presque reposée. Tout le monde dormait, je mis donc à profit cet instant de calme pour remonter sur le pont, laissant la brise de la nuit totale me caresser le visage. Je redescendis finir ma nuit, l'esprit plus clair.


Jour 2: Rira bien qui rira le dernier

La cloche sonne... et re sonne... Allez...Debout... Je me levais, l'oeil un peu vitreux et conclut que le départ précipité des marins du dortoir n’augurait rien de bon. Je me secouais un peu, rattachait mes cheveux dans un semblant de queue de cheval pour avoir le visage bien dégagé. A peine terminée, quatre pirates déboulèrent avec comme trompette, leurs insultes douteuses: Deux femmes et deux hommes enfin non pas tout à fait deux hommes, l'un étant un orc. Mes camarades se mirent en position de combat instantanément, sentant la bagarre s'amorcer alors que leurs regards se croisaient. Les affreux eurent quand même l'aimable obligeance de se présenter: Syl L'Anguille, belle femme et... ba belle femme. Arretta Bransion, poupée blonde orgueilleuse à la voix criarde. Farce Cynique, l'Orc sans cervelle et Fipps Chumlett, grande et chevelue brute humaine masculine sûrement sans cervelle aussi.

Après quelques politesses échangées à base de "Je vais te pourrir le trognon jusqu'au pépin", de "Tu vas goûter à ma salade de phalanges" et de "Tremble, belle poule, je suis le moustique des océans !" déclamée par l'Orc avec fierté, ce qui suscita chez ses comparses, des regards surpris et un fou rire chez moi. Farce prit un air de chien battu puis se ressaisit et lança l'assaut prévisible. Ce fut un merveilleux moment ! De coups de poing en coup de tête, nos adversaires repartirent bien vite la queue entre les jambes et délestés, de plus, d'un sac de pièces d'or. Il faut dire que la brave équipe que nous formions ne lâcha rien: Seifer bien que mal en point se battit comme un brave et m'offrit un autre fou rire quand L'Anguille finit enroulée au sol dans le filet de pêche qui servait de hamac. Cyrielle nous montra son magistral coup de pied entre les jambes de Farce, qui n'aura plus jamais de descendance. Atemys et son jeu de coups de poing... tout simplement brillant. Quand à moi, je les surpris avec ma magie: Le rayon de givre destiné à Arretta fit mouche, la laissant au bord de l'hystérie. Nos adversaires bien mal en point battirent donc en retraite après le marchandage de leur vie contre de l'or proposé par Seifer. L'appel sur le pont supérieur nous rappela à l'ordre.
Modifié en dernier par Zaëll le ven. 19 janv. 2018 20:04, modifié 2 fois.

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Message par blackcat06 » mer. 17 janv. 2018 18:14


Zaëll
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Re: Journal de bord

Message par Zaëll » mer. 17 janv. 2018 19:00

La cloche retentit une deuxième fois et on sentit comme une pointe d'impatience. Nos regards se croisèrent, satisfaits pour nous, très anxieux pour nos piètres adversaires, du moins ceux encore capable d'exprimer quelque chose. Le son s'éteint à peine, que d'un seul élan, Cyrielle se précipite vers les marches bousculant les moches au passage suivit de près par Seifer comme si ils faisaient la course, déclenchant une petite foulée chez Atemys et un rire joyeux chez moi. Au temps vous le dire, je ne pris même pas la peine d'éviter cette bande de crevettes cuites. Je les piétinais sans vergogne amenant quelques sonorités râlantes dont je ne prie même pas la peine d'identifier l'origine, la seule chose qu'ils virent de moi avant que je ne disparaisse fut un magistrale tirage de langue, j'avais eu ma revanche et j'étais gonflée à bloc.

Arrivés sur place, nous constatâmes bien vite que la tentative échouée des quatre flans ne plût guère à Maître Fouet. Nos visages presque en bon état et notre presque bonne forme tranchaient nettement avec nos idiots d'agresseurs. L'équipage nous dévisageait, se demandant si c'était du lard ou du cochon et des murmures commencèrent à se faire entendre. Le Capitaine Barnabas n'appréciant que moyennement ce revirement, remit bien vite de l'ordre sur sa caisse à savon et attribua les tâches de chacun avec une voix ferme et forte. L'aurore se levait doucement et chacun prit sa place; Cyrielle, motivée comme jamais, prit quasiment son envol dans les voiles du navire et manqua de peu de faire siffler le Grand Moche de respect. Atemys, prit son abonnement aux cuisines avec plaisir et ses pas le menèrent directement auprès de Kroop. Seifer s'attela aux cordages, les emmenant de ci delà, au gré des demandes et surtout du regard mauvais du Fléau sur pattes.

Quand à moi..... Aaaaaaaaaa !!!!!!!!! La chasse aux rats est déclarée ouverte !!! Mesdames et Messieurs, Ino la grande ensorceleuse, va tuer du rats pour vous ce matin !!! Attendez un peu, je vais vomir, je reviens.... Bref ! Dans l'ensemble, je vais tout de même pas trop me plaindre, j'allais pouvoir fouiller le bateau librement presque sous toutes ses planches et y aurait forcément quelque chose à en tirer. La perspective de dégoter quelques "trésors" me fit oublier l'état dans lequel je me retrouverais arriver midi. D'emblée, je décidais de commencer par le fond de cale, dans le but de remonter ensuite les étages un par un, ne laissant aucun chance à cette vermine. Je suis redoutable, attention à vous !!!
Arrivée à destination, mon réflexe fut de me demander si les rats que je devais chasser étaient bien ceux auxquels je pensais: vous savez les rongeurs là.... parce que ma découverte fut... allez, j'en perd mes mots mais lisez plutôt: De l'eau avait partiellement inondé l'endroit sur au moins 30 cm de profondeur, j'en vins à me demander si j'allais pas devoir me mettre à nager pour faire le tour. Des toiles d'araignée ornaient chaque coin de la pièce, de toutes tailles, la demoiselle s'était fait plaisir dans la décoration. Des caisses en bois moisissantes, pour certaines éventrées et rongées par une mousse grisâtre, flottaient quand d'autres finissaient de couler. Pour couronner le tout, des menottes pendaient lamentablement de quelques poutres signalant qu'une prison sur la terre ferme était un hôtel de luxe.

Je pris sur moi au temps que possible et sauta dans cette eau noire, à la recherche d'un éventuel rat bien que vue le tableau, y voir un monstre marin aurait été plus plausible. Vous ai-je parler de l'odeur ? Les vagues que je provoquais en me déplaçant, remuèrent l'air ambiant, me faisant regretter le fumet si délicat du poisson pourrit que porte Kroop. Je finis par atteindre une première caisse, qui fut sans grand intérêt car remplie de paille gâtée, je la repoussais donc plus loin pour viser la suivante. Celle-ci, plus grande, fit naître un espoir de trésors mais... non. Par contre, elle était en bonne état et pourrait s'avérer utile. Mon oeil s'habituant au peu de lumière de la pièce finit par trouver ce qu'il cherchait: Une armure en cuir en très bon état retint son attention et tandis que je me dirigeais vers elle, c'est comme si cette trouvaille en amena d'autres: Une fiole apparemment remplie d'eau par là, une targe, une sacoche en cuir par ici jusqu'à une masse d'arme, une hachette tombée dans les fond alla presque à me faire trébucher. Je frétillais de joie devant tant de butin amassé ! Je rattrapais ma grande caisse et y rangeais tout mon fourbis puis la poussa vers un endroit sec. Bien m'en prit ! A peine échouée, je distinguais une bourse remplie de pièces ! Or et argent coulaient entre mes doigts fébriles ! Vive la chasse aux rats !

Essayant de garder la tête sur les épaules, je pris que ce dont j'avais besoin: quelques pièces d'or et d'argent. Je jetais un dernier regard à ma caisse puis me dirigeais vers la sortie, l'esprit fourmillant d'idées pour mieux exploiter cet endroit car à coups sûrs, bien des objets m'avaient échappé, j'en étais certaine. Un bruit particulier arrêta net ma remontée et me fit lever la tête: "Bonjour, madame l'araignée !" dans un grand sourire puis au moment où j'allais reprendre mon chemin... la vilaine me mordit ! Une douleur aigüe me traversa le corps et je me sentis rapidement plus faible. Mon sang ne fit qu'un tour, je me précipitais au milieu de l'eau et autant que possible hors de portée de ses crochets venimeux. S'en suivit un duel épique entre elle et moi, rayon de givre contre crocs empoisonnés ! Je me battis avec force et courage !!! Non, non, non...pas du tout, en fait. J'étais tellement affaibli par ses morsures que je visais aussi bien qu'une tanche ivre et j'étais tellement désespérée, que je songeais même à empaler l'affreuse avec mon aiguille à coudre... c'est dire le ridicule de la situation. Malgré tout, dans un élan de lucidité tardive, je lançais enfin un projectile magique qui fit mouche, forcément. Le comble pour une araignée mais qui la fit enfin flotter non loin de moi, raide morte.

Lorsque je parvins à l'étage au-dessus, la vue des hamacs me soulagea et je me voyais déjà allongée dans le mien, me reposant de ce combat titanesque (Je vous rappelle, c'est mon histoire). Chose que je n’eus pas le temps de faire, mon ami nain pointant le bout de son gros nez:
"Mais qu'est ce qui t'arrive ? T'es dans un état ma pauvre ! On dirait une chopine à moitié vide ! Laisse moi faire, je vais régler ça !" Je lui souris comme je pus et me laissais faire sans émettre un son. Rapidement, je me sentis mieux et je lui conta mon histoire, dévoilant mes trouvailles et tout le potentiel de cette cale. Comme tout bon nain qui se respecte, il fonça vers le lieu-dit, j'en profitais pour lui faire remonter la sacoche que j'avais vu car finalement elle me serait peut être aussi utile. Il remonta, les bras chargés, déposa son bardas dans sa caisse et me regarda avec un sourire très satisfait.
Le ronflement intempestif nous rappela qu'ici c'était pour dormir à la base. Les cinq marins du tour de garde dormaient profondément et encore heureux ! Car Atemys et moi avions décider de faire le tour du propriétaire: En fouillant tranquillement les affaires de l'équipage, nous avions pris pour nous, une autre sacoche comme la mienne, une bouteille de vin et quelques sous qui trainaient. Atemys faillit me faire faire une crise cardiaque quand en ouvrant un coffre, il fit un tel vacarme qu'il réveilla un des marins mais celui-ci tellement exténué se rendormit bien vite. Je ne pus retenir un "Chuuuuuuuuuuttt !!!!" très insistant à son encontre qui provoqua chez lui un haussement d'épaule négligeant. Il finit par repartir en cuisine, bouteille de vin à la main tandis que moi je continuais ma chasse aux fantômes euh... aux rats. En tout cas, pour moi, les seuls qu'il fallait vraiment chasser ici, c'était plutôt ces pirates.

La matinée se finissait, faisant retentir la cloche de midi: Le repas était servit, j'étais plus sale que mille Kroop et plus nauséabonde qu'un filet remplit de poissons séchant au soleil. Non je n'exagère pas ! Mais j'étais aux anges...

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Re: Journal de bord

Message par Zaëll » mer. 24 janv. 2018 17:49

Ahhhh le repas du midi ! La pause tant attendue et tant désirée ! Je m'installais tranquillement, ma gamelle en main auprès de mes nouveaux compagnons de misère et tendis l'oreille à ce qui se racontait autour de moi. Bien m'en prit ! Seifer, après s'être dégourdit les jambes durant ce court répit, revint vers nous avec le plein d'informations concernant notamment nos malheureux haillons. D'après ses sources, pour être mieux habillé, il faudrait gagner les faveurs d'une certaine Coupe-Jarret qui s'occupait de tout butin récupéré lors de leur voyage et fait non négligeable: Elle adore la boisson. Voilà enfin une affaire qui s'annonçait bien ! De plus, elle fut confirmée par Cyrielle qui obtint les mêmes conseils auprès du Cogward Le Rouge et lui confia que la demi-orque était très superstitieuse et avait horreur de la magie.

Résumons donc: Une demi-orque moche, allergique à la magie et alcoolique, tenait les clés de tous nos trésors et peut être plus encore... Mon esprit se mit à tourner à plein régime devant tant de bêtises euh de possibilités ! Surtout que la miss Juron, gnomette irascible de son état, avait un violon à récupérer ce qui promettait une bonne monnaie d'échange contre service en cas de réussite ! Je me voyais déjà utiliser quelques sorts de mon cru et la fin s'annonçait très drôle, du moins dans ma tête. La pause terminée me tira de mes douces pensées et effaça mon sourire presque béat puis le Grand Moche revint sur le pont pour la nouvelle assignation des tâches. La loterie proposa donc les postes suivants avec obligation de d'accepter: Cyrielle remonta au nid de pie et je me dis en passant qu'elle avait bien de la chance. Atemys eut l'honneur de devoir tuer un cochon pour célébrer notre enrôlement de force dans la baignoire. Seifer et moi finîmes au lavage du pont qui pour une fois me convint, je vous rappelle que je n'étais pas des plus propres...

Je mis donc à profit mon assignation pour me laver, discrètement mais joyeusement, dans l'eau et le savon qui me servaient à laver le sol. Je regardais de temps à autre mon compagnon de ménage et à sa tête, je vis d'emblée que l'utilité de sa tâche lui posait question ce qui me fit légèrement sourire. Les humains sont captivants: On en trouve partout ! De vraies fourmis ! L’Absynthe, pour moi, était un mini monde à lui tout seul. Il n'y avait rien de plus enrichissant, même dans des conditions pareilles, que de les observer, les écouter et les comprendre. Ivres ou non, leurs propensions à vouloir être le plus fort les mettaient dans des situations qui plus d'une fois me fit me moquer d'eux intérieurement. La vie aurait presque put être belle mais déjà la journée s'achevait.

La beauté du soleil couchant sur l'océan annonça le menu enfin le festin du soir: Le cochon et sa soupe de légumes. Les marins se jetèrent sur Atemys pour être servis les premiers au point que certains se marchèrent dessus quand d'autres jouaient des coudes et surtout des poings. J'attendis patiemment mon tour, puis le nain me servit avec un supplément clin d'oeil rusé me faisant cogiter sur le programme à venir. Quelques minutes plus tard, je retrouvais Atemys et Seifer en grande discussion sur les soins magiques et la capacité très utile de Sandara dans ce domaine. Je m'intéressais poliment à leur conversation quand arriva l'inéluctable demi-verre de poison à base de rhum, chose amenant une vague de désespoir sur mon visage et les rires gentiment moqueurs de mes amis. Bien sûre, je mis tout en oeuvre pour y échapper et abstraction faite de ces peu solidaires compagnons, je finis par me débrouiller avec l'idée suivante: J'allais trinquer jusqu'à ce que ma choppe se vide ! Et j'y mis tout mon coeur et toute ma force ! Lorsque j’eus fait le tour du navire, mon oeil un tantinet angoissé se posa dans mon verre... Mon sang battait la chamade... et je faillis sauter de joie en ne voyant plus qu'une malheureuse goutte dans le fond qui avait l'air de supplier qu'on la boit plutôt que de finir par terre. Sans trop d'exagération, je versais la pauvresse vers mes lèvres, fermées, où elle roula le long de mon cou et finit essuyer avec un coin de ma manche. Victoire !

Faut pas croire, j'adore les humains. Ils sont très drôles, surtout ivres, et les activités qui suivirent le supplice du rhum me le prouva plutôt deux fois qu'une: du lancer de poids avec un lingot d'or enfermé dans une panse qui alla s'écraser contre la tête d'un marin au concours de celui qui boit le plus sans mourir, j'avais de quoi rigoler pendant des semaines. Mon attention fut bientôt détournée par Atemys le malin: Monsieur avait besoin d'une diversion pour se la jouer chasseur de trésors et maintenir la Coupe-Jarret, plus bancale qu'un tabouret avec un seul pied, sur le pont. Sans se faire prier, Seifer entama une chanson bien connue reprise dans la seconde par les éponges à rhum: Ho Hisse et Ho! miséricorde. Pour tenir au bout d'une corde, faudra d'abord nous attraper, faudra d'abord nous aborder!!! Leurs voix à l'unisson était étrangement juste, pour le reste, certains trop soûls dormaient, les autres ivres-morts voir morts tout court.

Le mouvement nonchalant de Cyrielle pour se placer entre la demi-loque, orque pardon, et l'escalier menant aux cuisines ne se remarqua pas, de mon côté je restais aux aguets au cas où. Atemys avait il succombé à son penchant nanique pour la boisson ? ou la bonne bouffe ? Ou les deux ? Son absence se prolongeait et n'était pas pour me rassurer ce que mon regard échangé avec Cyrielle confirma. Nous encourageâmes notre barde improvisé à poursuivre tandis que nous descendions à la recherche du nain sans nous faire remarquer. La demoiselle des voiles joua même la comédie en imitant un de ces marins ivres, moi jouant les guides infortunés. Notre intuition se justifia alors que nous traversions la cuisine et nous nous dirigions vers une porte entre-ouverte: Nous trouvâmes Atemys, allongé dans son sang, à la limite de la mort, un carreau fiché dans son épaule. L'inconscient et curieux petit homme pensait pouvoir ouvrir les coffres de cette pièce en toute impunité, sans se douter une seconde que le Moche Barnabas allait être plus futé qu'il ne le laissait croire.

Un coffre piégé tout simplement. Mes investigations rapides m'amenèrent à penser que le système bien caché était redoutablement efficace. S'en suivit une agitation bien menée: Alors que Cyrielle retirait la flèche, j'examinais le coffre ouvert et finit par mettre la main sur une potion de soin, le reste m'important peu sur le moment présent mais qui resta bien encré dans ma mémoire pour un avenir proche. J'interpellais Cyrielle, en plein nettoyage de scène de crime, et lui lançais la potion: "Fais lui avaler ça ! On devrait avoir moins de mal à le transporter jusqu'à son hamac et ça nous évitera, accessoirement, qu'il meurt pendant le trajet." Celle-ci s’exécuta et notre bonhomme reprit ce qu'il faut de conscience pour nous sauver la mise car petit détail puant qu'on avait hormis: Kroop était dans sa chambre et on en l'avait pas entendu.

Atemys prétexta une fin de soirée intéressante avec Cyrielle et moi, qui suffit à justifier notre présence dans la cuisine comme son état déplorable aux yeux de Kroop. Celui-ci repartit se coucher sourire en coin et en silence. Quelques efforts supplémentaires plus tard, nous installions le nain dans son hamac puis dans la foulée nous allâmes chercher Seifer l'Amuseur pour le mettre au parfum. D'un commun accord, nous laissâmes les rares marins encore éveillés se finir dans leurs jeux idiots et menèrent nos pas pressés vers Sandara Quinn. Elle était notre seule espoir de voir Atemys aller mieux en plus d'être le seul soutient un temps soit peu digne de confiance. La belle fit des miracles sans contre-partie et chantilly sur le gâteau, nous fûmes tous soignés en prime. Notre état devait en dire long sur notre journée... Bien sûre, notre infirmière improvisée nous rappela que la curiosité était un vilain défaut et qu'il y avait des moyens bien plus sûres pour obtenir ce qu'on cherchait. Visiblement, elle était aussi intelligente et ne se laissait pas avoir par les pauvres racontars de Seifer, grande qualité que je gardais bien en mémoire. La fatigue nous gagna enfin, donnant raison à nos corps de s'écraser dans nos hamacs.

Alors que je me laissais bercer par le roulis, mes pensées revinrent vers ce violon puis Coupe-Jarret... Pas de bêtises, pas de bêtises me murmurait la voix de Sandara... Oui, oui lui répondait innocemment la mienne... Oui, oui....

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Re: Journal de bord

Message par Zaëll » mer. 31 janv. 2018 20:44

Jour 3 : Moche et Laid

Je pensais que le lendemain se présenterait sous de meilleurs auspices et visiblement j'ai dû attraper une insolation la veille. Nos postes étaient toujours les mêmes à la différence que Mr Plugg que j'ai renommé Laid et Le Maître du Fléau qui s’appellera dorénavant Moche étaient particulièrement en forme. Les deux intellectuels de service avaient décidé de nous pourrir la journée encore plus que d'habitude et grâce, si je puis dire, à cette charmante attention je pus enrichir mon vocabulaire de nouvelles moqueries et autres insultes pas franchement recherchées. Je m'en voudrais de vous en priver donc voici un échantillon pêle-mêle de ce que fut leur jeu : Crevettes avariées, Vaches baveuses, Mouches de latrines, Cloportes d'eau douce et Rats de cale... À croire qu'ils avaient vu l'avenir. En tout cas, leur penchant pour les animaux était flagrant et étrange. Bref, la journée prit fin sur une énième joyeuseté puis nous pûmes enfin nous reposer et pour le coup, je n'attendais pas du jour suivant qu'il soit meilleur.


Jour 4 : De ratatouille en jarret, la recette du jour

L'habitude se met en place : la cloche sonne, on monte, l'appel se fait, les taches attribuées pendant que le Grand Moche pense motiver ses troupes à renfort de « Vous me donner envie de vomir mais vous ferez l'affaire !", « Les hommes faibles tremblent devant nous et vous, tremblez devant moi ! » et j'en passe, un vrai capitaine quoi. J'écrivais donc, que jusqu'à maintenant tout était d'une routine à gober les mouches enfin presque. Un jeune pirate vint interrompre le fil de mes divagations en remontant des cales, l'air terrifié et livide, sous prétexte qu'il avait subit un attaque horrible venant d'un monstre alors qu'il nettoyait l'une d'elles. Laid lui ria au nez sans retenue, allant lui coller une bonne claque sur l'épaule ce qui manqua de le faire tomber mais par précaution, m'interpella pour m'envoyer vérifier avec mon groupe. Pas complètement bête apparemment, il pensait sûrement qu'il avait une chance de se débarrasser de nous si monstre y avait. Je pus tout de même observer les morsures du freluquet nommé Chourave Gravure : petites de 2 cm pas plus et nettes, rien de dramatique et surtout pas de quoi en faire tout un plat. Le malin devait être fort impressionnable et pas très réfléchis, je partis donc l'esprit tranquille avec Seifer et Cyrielle chercher Atemys en cuisine, forcément, pour nous rendre dans la cale hantée.

Une fois arrivés, Cyrielle et Atemys passèrent les premiers avec l'aide de mes orbes luminescentes, ils constatèrent d'emblée que l'endroit commençait à être inondé et la pompe devant servir de pansement boudait. Atemys laissa Cyrielle s'en occuper et fit un rapide état des lieux avec une seule découverte, une caisse d'orge éventrée. De son côté, la demoiselle inspectait la pompe inutile lorsqu'elle se fit mordre à la main, la faisant lâcher une bordée de jurons :
— Bordel de nouilles ! Parsambleu puant ! Bateau-lavoir de pêche ! Qu'est-ce que c'est ?! Saleté ! Je vais t'embrocher et tu serviras à Kroop !!!
Remontée comme une pendule au point d'en perdre toute cohérence dans ses propos, elle joignit le geste à la parole, sortit son épée courte et avança son coup qui frôla la bête sans la toucher. Je pense n'avoir jamais vu Cyrielle dans un état pareil, son visage devint de marbre, sa concentration au maximum, j'en arrivais presque à plaindre la créature qui lui faisait face. Seifer alerté par le remue-ménage provoqué, descendit sans se faire prier et se trouva nez à nez avec un congénère de l'agresseur. Il sortit sa dague d'un mouvement fluide et tenta une attaque sans plus de succès en revanche, lui aussi se fit mordre et je constatais avec surprise qu'il était capable de notes vraiment aiguës, que de talents cachés ! Atemys n'était pas en reste, lui aussi avait fort à faire avec une bête ou la bête avait fort à faire avec lui plutôt car il écrasa, d'un geste magistral, sa masse d'arme sur celle-ci qui mourut instantanément, décochant un sourire triomphal de notre nain. Moi, je tentais de les aider au mieux, en restant derrière et en vain, avec mes rayons de givre et laissait l'opportunité à l'un de nos assaillants de mordre. Je compris, comme un éclair foudroyant, la douleur ressentit par Seifer. Elle me mit à genou, une sensation de brûlure vive s'empara de moi, à partir de maintenant je savais qu'il fallait agir rapidement, soupçonnant les symptômes de ne pas aller en s'améliorant.

Après quelques tentatives des bêtes pour affaiblir Cyrielle et Atemys, la Demoiselle des voiles mit fin au voyage de l'une d'elles de manière efficace et impressionnante : Elle la découpa en tellement de morceaux qu'un puzzle mille pièces en rougirait. L'assistant cuistot en profita pour soigner Seifer et pour une fois, je parvins enfin à toucher mon assaillant que je givrais gravement et c'était là mon dernier coup d'éclat... Je me sentais de plus en plus mal, fiévreuse et nauséeuse, ma vue devenait floue à chaque minute qui s'écoulait, s'ajoutait à cela une envie irrépressible de me gratter me transformant doucement mais sûrement en loque gnomique. Mes jambes me mirent par miracle hors de portée de ces dents et laissèrent la place à un Seifer vigoureux et plein d'entrain prendre le relais, il fallait au moins ça pour qu'il décide que son pied serait une arme plus efficace que sa dague. Belle tentative qui eut le mérite de m'arracher un faible sourire, mon attention revint vers Cyrielle qui rata sa cible de peu tandis que Seifer se plaignait de l'apparition d'un nouvel arrivant hostile avec emphase :
— Ahhhh Nooooonnnn !!!! Pas encore un !! Mais c'est pas possible !!! Y en a ras le bateau là !!!! Finissons-en mes amis !! Prouvons à cet équipage boiteux et bois-sans-soif notre valeur et nous offrirons Mr Plugg un collier de leurs cadavres !
Si Cyrielle a d'abord été déstabilisée par le nouveau venu en tapant l'eau au lieu de son adversaire, le discours de Seifer lui fit un effet complètement inverse : Elle le tua séance tenante, lui coupant la tête sans chichi. Je faiblissais toujours plus, ratant mes pauvres sorts, mes compères n'en menaient pas large non plus, Atemys se faisant mordre correctement tomba malade aussi, seul Seifer résistait encore et toujours à l'envahisseuse fièvre des marais.

Un geste désespéré m'amena à lancer ma sacoche immobilisante sur l'un d'eux qui y échappa en plongeant, je regardais mon arme improvisée sombrer lamentablement :
— Je... n'en...peux plus... Il... faut...en finir....
Ma voix ressemblait à un chuchotement, je me savais livide et à bout de force ce qui inquiéta suffisamment Atemys pour qu'il tente de dissiper ma fièvre, action réussie mais de courte durée, me laissant le temps de m'éloigner un peu plus et en désespoir de cause, lancer mon sort mains brûlantes. J'esquivais de justesse Cyrielle avec mes flammes, toucha superficiellement ma cible puis tombait à genoux dans l'eau saumâtre et nauséabonde de la cale. Seifer et Atemys eurent plus de succès, chacun d'eux finit par réussir à tuer leurs adversaires, l'un se transforma en brochette et l'autre en passoire, il n'en restait qu'un seul et il était très amoché : tailladé, légèrement brûlé, il lui manquait la moitié des membres et pourtant il continuait à essayer de nous mordre. Ce dernier mourut de ses blessures nous laissant épuisés, malades mais enfin tranquille. Nous étions venu à bout de cette horde de rats sanguinaires au nombre de 6 !

Je me reposais comme je pouvais, mon corps ne sachant plus s’il devait se gratter, se noyer dans de l'eau fraîche ou dormir sans fin pendant ce temps, Cyrielle répara la pompe d'un coup de pied virulent, Seifer fouilla la zone et mit la main sur une belle hachette qu'il offrit, en acte généreux et désintéressé, à la Demoiselle. Vérification faîte d'absence d'ennemis, nous remontâmes sur le pont en bien piètre état pour la moitié du groupe mais glorieux même si notre fait d'armes ne fut pas reconnu à sa juste valeur mais qu'attendre du Laid ?
— Enfin ! Vous en avez mis du temps ! Vous êtes vraiment des bons à rien ! Des têtes de veau ! La prochaine fois, vous avez intérêt à vous montrer plus efficace sinon ce sera la planche et je serais aux premières loges, vous pouvez me croire !
Ces derniers mots nous soulevèrent d'indignation ! On s'était battu avec bravoure et acharnement, à en devenir malades ! Nos ennemis, plus nombreux que nous avaient tous périt, on avait sauvé la nourriture de ce rafiot et voilà comment on était remercié ! Avec des menaces !! On ne se gêna pas pour leur dire le fond de notre pensée à force d'arguments encore fallait-il être capable de réflexion pour les comprendre... Entre temps, Sandara notre infirmière nous soigna comme elle put et ne s'empêcha pas de nous faire, elle aussi, une petite remarque sur notre état puis on nous renvoya à nos postes, tel quel.

Je repris mon lavage de pont tel un zombi en train de mourir, l'envie de la fraîcheur de la mer me tentait gravement, mon calvaire était partagé avec Chourave et même Cyrielle bien qu'elle soit plus résistante, je notais bien la corde qui entourait sa taille, preuve qu'elle se sentait bien plus faible. Mon ventre criait famine quand le Maître Moche martyrisait l'épave que devenait le jeune pirate, des coups de pied pleuvaient sur son derrière et le bruit du claquement du fouet résonnait si près de ses oreilles que je crus qu'il allait finir sourd. La cloche sonnant la pause du midi retentit, je m'écroulais de tout mon long à côté de mon seau, ma tête dans mon éponge.
— Besmara merci... murmurais-je.
Modifié en dernier par Zaëll le mer. 31 janv. 2018 21:59, modifié 1 fois.

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Re: Journal de bord

Message par Zaëll » mer. 31 janv. 2018 20:46

Après nous être restauré, reprenant quelques forces au passage, nous nous retrouvâmes autour d'Atemys, il avait une petite histoire à nous raconter concernant la Coupe-Jarret: Il avait commencé à faire croire à elle et à Kroop qu'il entendait un bruit bizarre venant de la cuisine, qu'il sentait une aura malfaisante s'en dégager et que ça ne promettait rien de bon. Ambrose y avait d'abord cru mais préféra croire que c'était une blague par contre Grok s'était décomposée quand elle se mit à entendre ce fameux bruit. Un plan se dessinait nettement dans ma pauvre tête ramollie qui m'emballait d'avance, je souris aux autres et leur expliquais ma vision:
- Les amis, j'ai de quoi rendre ce radeau assez dingue pour Coupe-Jarret soit tellement aux abois qu'elle fasse tout pour que ça s'arrête. Ma voix épuisée mais néanmoins sûre d'elle réussit à intriguer mon groupe, je lisais dans leurs yeux fatigués toute l'attention qu'ils me portaient. Je repris sur le ton de la confidence nous sachant écouter:
- Nous allons laisser les braises de la hantise prendre feu tranquillement en appuyant les dires d'Atemys à la moindre occasion, même si certains ne vont pas nous croire ce sera suffisant pour que ça remonte aux oreilles sales de Grok. L'air de rien, nos commérages sur un bruit inquiétant la mineront et les marsouins entre eux vont se questionner. Ensuite, une nuit, je déclencherais mon sort Son imaginaire sous forme d'une mélodie jouée au violon. Ils auront l'impression qu'elle vient de loin et seuls les gars du dortoir l'entendront, ils en parleront autour d'eux et forcément ça confirmera l'impression de Coupe-Jarret qu'Atemys disait vrai avec son aura malfaisante. Pour finir, je reproduirais le phénomène près de la cuisine cette fois, en présence de Kroop et d'elle, et là ce sera le moment de négocier avec la demi-orque,
J'en vins presque à lâcher un petit rire sadique tant je trouvais l'idée intéressante: Honnêtement, je tenais ma vengeance... sur tout le navire.

Mes amis comprirent tout l'intérêt du plan en un instant au point qu'Atemys parla un peu plus fort de son bruit bizarre et que Seifer prit le contre-pied en clamant à qui voulait l'entendre qu'on était en plein délire. C'était parfait. Mon bonheur s'arrêta avec l'ignoble bouche de Fléau le moche: nos fonctions nous appelaient et interdiction de traîner, ma fièvre se fit plus virulente dans la foulée. Il s'acharna avec une quasi jouissance sur Chourave et moi-même, nous frappant et nous hurlant dessus tout l'après midi. Lorsqu'il fut appelé ailleurs, j'en profitais pour me cacher derrière un baril et m'assoupir quelques minutes, sachant avoir été repéré par quelques-uns mais personne ne me dénonça inspirant peut être un sentiment de pitié. Une fois ma sieste improvisée terminée, je repris mon activité en traînant mon petit corps frêle, divagant de temps à autre, voulant frotter avec le seau et rincer avec l'éponge. Des cernes grises ornaient mes yeux, ma peau pâlissait et je tremblais comme une feuille sous la tempête, ne pouvant rien y changer. La présence du Capitaine Barnamoche, deux fois dans l'après midi, me secoua ce qu'il fallait pour que je fasse semblant d'y mettre du mien.

Le soleil se couchait sur ma triste condition, pour une fois, mon chez moi me manquait, j'en étais tellement loin...
- C'est l'heure de bouffer !!! On se ramène et plus vite que ça !!! Tiens ta gamelle droite coquin ! Si tu en renverses, je te le ferais lécher !
Atemys, visiblement, prenait goût à certaines habitudes et voir la tête de ce pirate se décomposer me plaisais beaucoup. Ce nain a un vrai sens de l'adaptation, pensais-je. Je me restaurais avec mes compagnons, les écoutais d'une oreille absente, les regardant tour à tour:
- J'ai pu m'orienter un peu tout à l'heure. D'après mes observations, on se dirigerait vers une zone à tempêtes, faudra faire gaffe. Cogward le Rouge avec qui j'ai sympathisé me la confirmé. Seifer devait être une boussole dans une vie antérieure. Il était assez en forme et sa relative bonne humeur faisait plaisir. Pour ne pas s'entendre avec lui, il fallait être difficile.
- En tout cas, pour ce soir, je suis vannée ! Voyez ! J'ai encore la corde en guise de ceinture qui me servait à ne pas me casser la figure ! Conchobard m'a même aidé à la mettre ! C'est dire que je vais pas bien... Effectivement, son épuisement sautait aux yeux pourtant elle gardait son charmant sourire et continuait de veiller sur nous.
- Je me sens d'humeur bagarreuse ce soir ! Je vais aller faire pleurer dans les chaumières du côté des jeux après l'heure du rhum... Je coupais Atemys dans son élan avec un long gémissement plaintif.
- Aaaaaaaaa... J'avais oublié ça... Mon cerveau embrumé réfléchissait aussi vite qu'il pouvait, analysant l'endroit où je me trouvais et la solution vint.

Je voyais mon demi se remplir avec dégoût, le parfum du tort-boyaux me monta au nez extrayant de mes yeux, secs et rouges, des larmes de détresse. Ma bouche se déforma en un rictus écœuré alors que le pirate qui venait de me servir, s'éloignait de moi dans un rire gras et moqueur. Ni une ni deux, je me glissais derrière le baril-sieste quand Atemys et Seifer, apercevant mon manège, me couvrirent en se mettant devant pour me cacher complètement. Je plongeais mes haillons dans le breuvage et l'appliquait sur mes plaies sans ménagement, provoquant des grimaces de souffrance au passage. Au final, j'échappais encore au supplice de le boire et c'était la première bonne nouvelle du jour. Le méfait accompli, je sortis de ma cachette, grimpais sur mon baril qui me donna une hauteur suffisante pour observer les activités en cours et le spectacle s'annonçait intéressant voire palpitant si ma forme avait été meilleure.

Les matelots s’enivraient et se défiaient sur des jeux idiots, Grok écrasait des mains et déboîtait des épaules sur son jeu favori, le Bras de fer, à grand renfort de rhum. L'arrivée d'Atemys allait changer la donne, je ne me doutais pas à quel point. Le nain avait-il trop bu ? Etait-il encore fiévreux ? Même pas. D'une voix de stentor, il héla Coupe-Jarret:
- Dis-moi Grok ! T'en as pas marre de tout le temps gagner ? Ça doit être ennuyeux pour toi, non ? Eh bien moi, je te défie !!! Sauf si tu as trop peur, bien sûr !
Elle détourna son attention vers l'assistant-cuistot et émit un rire grave et sonore:
- Alors, c'est ce que tu crois ? Viens par là demi-homme !
Seifer sauta sur le défi pour lancer les paris: 3 contre 1 qu'Atemys allait gagner ! Tout le monde se ficha de lui mais ça ne le fit pas changer d'avis et avec le sourire leur répondit:
- Bande de mauviettes que vous êtes ! Vous craignez tellement que mon ami gagne que vous n'osez pas parier ! Pleutres de gredins !
Ou comment faire mouche efficacement: Les pirates se vexèrent et lui donnèrent tort et le suivant, qu'ils étaient bêtes !

Atemys s'installa en face de Grok, l'air narquois et rieur, puis ils posèrent leur coude sur la table et se choppèrent les mains, le duel commençait. Le début se présentait mal pour notre ami nain, la demi-orque tenait l'avantage et s'amusait de la force déployée en vain d'Atemys, son bras ne bougeait pas d'un pouce alors que le visage de son adversaire prenait une teinte légèrement rouge. Seifer, dans un élan de solidarité, tente de faire diversion en couinant de manière ridicule il faut bien l'avouer ce qui lui valut des protestations véhémentes de la part des soutiens de Grok:
- Hey ! Il essaie de perturber Grok ! Il triche !!
- Tu vas la fermer le couineur sinon c'est mon poing dans ta tronche !
- Écrase ou je te jette par-dessus bord !
Cette dernière remarque mit fin à son petit jeu, chacun reportant sa concentration sur le combat qui se tenait. Le nain profita de l'envie de rhum de Coupe-Jarret pour gagner du terrain ce qui la surprit réellement, ses yeux globuleux écarquillés en disaient long sur l'impression qu'Atemys venait de lui faire. La poigne était phénoménale, la tension était palpable comme si on pouvait la toucher du doigt, chacun encourageait son champion avec force, galvanisant celui qui perdait du terrain, le temps passait et impossible de prédire qui des deux gagnerait. Ceux qui jouaient plus loin, abandonnaient leur activité, captivés par ce qui se déroulait sur le pont.

Le nain en grande difficulté, se voyait défait, son bras presque couché sur la table promettait une défaite inévitable. Il transpirait sous l'effort, les veines ressortaient, sa mâchoire crispée, clairement il ne voulait rien lâcher pour autant alors que Grok hurlait de rage à sa face. Elle ne pouvait pas et n'acceptait pas de perdre, il fallait qu'elle remette en place ce demi-homme bon qu'à cuisiner, qu'il comprenne qu'elle était plus forte que lui à jamais imbattable. C'était la théorie... La pratique fut toute autre. D'où lui est venu ce regain de puissance ? Que c'est il passé dans sa tête à ce moment-là ? Son dieu seul le savait, toujours est-il qu'il gagna. Le temps s'arrêta un millième de secondes mais cela suffit. Le bras tendu comme la corde d'un arc de Coupe-Jarret était couché, sur la table, son visage affichait une incrédulité sans pareil et dans ses yeux naissaient doucement la lueur de compréhension. Elle percutait enfin qu'elle devait s'incliner face à Atemys, se ressaisissant elle le félicita bonne perdante qui m'inspira beaucoup de respect pour elle.

Seifer hurlait sa joie d'avoir cru en son ami, sa bourse se remplissait joyeusement pour lui et il était impensable à ce moment-là de lui enlever son sourire de vainqueur, les regards menaçant des perdants lui passaient au-dessus. Même Moche et Laid étaient obligés d'admettre que ce nain avait du potentiel, ce qui leur déplaisait au plus haut point. Atemys se leva, félicita Grok d'avoir combattu avec tant d'ardeur tout en reconnaissant qu'il avait joué aussi de chance puis commanda une pinte de rhum pour elle en guise de consolation. Elle le remercia, lorgnant sur le symbole sacré qu'il avait toujours sur lui:
- Sans ta pierre, demi-homme, je t'aurai battu à coup sûr. On fera une revanche sans ton caillou et on verra bien qui est le plus fort.
Coupe-jarret se détourna d'Atemys, marchant d'un pas lourd vers ses pénates, poursuivie par les lamentations de ses supporters de pleureuses. L'ambiance pesante devenait vraiment gênante, l'activité du bras de fer n'intéressait plus personne, Seifer sentant la fête tourner au vinaigre se mit à chanter gaiement à concurrencer un barde digne de ce nom. Il offrit une tournée de rhum à l'équipage puis les choses reprirent leur cour normale de beuverie et d'idioties.

- Quel combat ! Dis donc, tu as une de ses gueules ma pauvre ! Va donc voir dans ton hamac si j'y suis !
La voix de Rosie me sortit de ma torpeur et me laissa quelque peu muette de surprise, je finis par me ressaisir:
- T'as trop bu ou quoi ? D'où tu me parles ? Quand à ma figure, tu as remarqué ça toute seule ? Bravo ! Grand sens de la déduction !
Ma réplique tranchante à cause de ma journée bien pourrie la transforma en poisson mort, bouche grande ouverte, yeux ronds:
- T'as pas l'air bien, j'y peux rien. Avec ta tronche de déterrée, tu ferais concurrence à un pendu. Arrête de bailler aux corneilles et casses toi.
Mon oeil bleu valide passa à l'orage, mon ton plus froid que le pire des hivers lui rétorqua:
- Je t'ai pas sonné la sans-cervelle, va donc cuver ton rhum infecte plus loin. Au passage, étouffe-toi avec ton haleine fétide, si j'ai cette tête, c'est parce que tu parlais trop près de moi. Dégage.
Pour le coup la mini morue ne se le fit pas dire deux fois, tourna des talons, me fichant enfin la paix.
Je me levais et me dirigeais vers les hamacs, rejoins par Cyrielle et Atemys, elle et moi traînions notre fièvre tel un boulet de 500 tonnes et la nuit commençait...

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blackcat06
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Re: Journal de bord

Message par blackcat06 » mar. 13 févr. 2018 14:53

Bonjour a tous, je m'excuse d'avance pour les fautes et je m'excuse aussi pour une nouvelle que j ai reçu vendredi et que ne pas pensé a vous en informer plus tôt. Mercredi 14 février, je doit être a Marseille très tôt dans les quartiers nord pour une formation de 10 jours, je pourrais donc pas jouer se soir.Et ensuite je suis envoyé en Corse jusqu'au 23 mars. Maintenant que je suis en CDI je vais être submergé de formations.Donc je vais être indisponible un bon mois et tout au long de l'année je risque d'être en déplacement souvent pour des période allant de 10 jours a 1 mois. Je suis désolé de vous avoir fait perdre votre temps....

Zaëll
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Re: Journal de bord

Message par Zaëll » mar. 13 févr. 2018 17:17

Salut :) Dois je comprendre que la campagne est annulée ? En tous les cas, pour ma part ce n'était pas une perte de temps puisque grâce à toi et à vous, j'ai pu découvrir à quel point j'aime écrire ! Et ça c'est tout sauf une perte de temps. J'aimerais d'ailleurs voir avec toi en mp certains détails, si hélas disons le quand même nos persos s'arrêtent là, à propos de cette campagne.

Bon courage à toi tout de même, je pense que t'as situation est largement préférable à celle où tu ne travaillais pas ;)

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