Résumés, notes de campagne

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Deckard
Theudbaldien des neiges
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Re: Résumés, notes de campagne

Message par Deckard » jeu. 10 mai 2018 11:41

21 juin : A Salem, c'est la nuit la plus longue de l'année.
Nous filons au commissariat pour essayer de convaincre la flicaille de nous aider à stopper le rituel des harpies, prévu dans la soirée. Si l'inspecteur Aaron Abeck semble impressionné et convaincu, son boss lui est nettement plus sceptique.Il faudra ajouter à notre récit tout la conviction de Richard, le professionnalisme d'Howard, nos photos et le diagnostique d'Alexandra (sur les ossements de bébé trouvés près de l'autel), pour qu'enfin le chief cède et consente à mobiliser un petit groupe de policemen, pour aller "jeter un oeil" dans la forêt ce soir.

Ce renfort inespéré nous rassure quelque peu, et pour la première fois une lueur d’enthousiasme nous gagne ; et puis, c'est si rare de se trouver du bon côté du bâton de flicard !

Le soir venu nous guidons donc l' inspecteur Abeck (et 4 de ses agents)dans la forêt, et nous mettons à l'affût, cachés tout autour de la clairière sacrificielle. Après une attente aussi interminable qu'angoissante, "Elles" arrivent enfin. Un petit groupe de femmes damnées : Mrs Goodson, une "prêtresse" et cinq brebis égarées, dont Dolores. Les jeunes femmes semblent comme droguées et s'alignent face à l'autel. Howard sent via le lien mental qui les unit, que sa sœur est "ailleurs" ou sous une emprise quelconque.

La maitresse de cérémonie installe un grand livre sur l'autel et entame la cérémonie. Mrs Goodson reste à l'écart des autres. Elle porte un paquet et semble attendre quelque chose. Les flics et nous, planqués dans les buissons alentour, sommes comme fascinés par ce qui se déroule dans cette clairière.

L'ignoble cérémonie se poursuit dans une ambiance malsaine et pesante. Les filles passent l'une après l'autre devant la prêtresse, se tailladent l'avant-bras et répandent leur sang sur le livre maudit en entament une litanie. Puis elles sont prises d'une sorte de transe érotique et semblent implorer de leur corps un amant invisible. Une forme noire se matérialise à l'écart du cercle. De ce long corps au visage caché jaillissent des tentacules sombres qui, tels des nuées de mouches noires, s'étirent jusqu'aux jeunes sacrifiées et s'insinuent dans leurs bouches et leurs narines.

C'est bientôt au tour de Dolores, et Howard supplie Abeck d'intervenir. Mais le flic hésite, à la fois fasciné, craintif, et attendant sans doute qu'un réel acte illégal soit commis.

Puis Mrs Goodson s'avance vers le foyer central, et dévoile enfin le paquet qu'elle tenait dans les bras. C'est un bébé. L'horreur nous saisit et nous glace le sang. N'y tenant plus, Howard tire sur la sorcière et bondit dans le cercle de pierre. C'est le déclencheur.

Dans un chaos sans nom, nous entamons une lutte contre ces horreurs. Mes souvenirs sont flous. Certains se ruent vers Goodson pour l'empêcher de jeter l'enfant dans le feu, d'autres s'en prennent à sa prêtresse, tentent de détruire le livre maudit, tirent sur les sorcières. C'est la panique, mais Elles ripostent.

Mrs Goodson, à qui Howard a pu arracher le bébé, use de pouvoirs occultes contre Richard et le cloue sur place, comme si elle serrait son cœur entre ses doigts. Certains policiers sont ensuite "retournés" contre nous par une sombre magie alors qu'une monstruosité ( invoquée par l'une des jeunes femmes possédées)apparait dans le cercle et déchiquète tout sur son passage.. Dans la cohue nous parvenons à extraire Dolores avant qu'elle ne soit totalement perdue, et lui apposons le signe des ancien sur le front, ce qui semble "la ramener".

Puis c'est la fuite éperdue dans la forêt. Dolores et Richard sont très affaiblis, des tirs fusent et claquent à nos oreilles. Des hurlements déchirent la nuit derrière nous. Howard prend une balle. Nous courrons comme des dératés et parvenons miraculeusement à échapper à cette forêt maudite.

Les flics laissés derrière nous ont certainement été démembrés ; mais nous avons sauvé Dolores et le Bébé.
Une victoire au goût de pourri et de sang.

Nous quittons Salem comme des rats quittent le navire, mais nous sommes soulagés pour Howard et sa sœur.
Le retour à la vie civile est dur une fois de plus, et nous nous séparons pour tenter de recoller un peu les morceaux de nos vies respectives...

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Re: Résumés, notes de campagne

Message par Deckard » jeu. 10 mai 2018 12:37

Interlude à Arkham


L'été a passé, plus ou moins bien selon les cas. Howard reconstitue l'affect et la psyché de sa soeur. Alexandra a repris ses activités mais semble inquiète par la nouvelle Direction de sa clinique. Richard a été plus ou moins désavoué par sa hiérarchie, et se consacre désormais à l'aide aux gamins des rues d'un quartier difficile de Big Apple. Moi j'ai pondu un sacré bon article sur Salem, mais ma petite famille tombe en morceaux et c'est pas la fête.
Mais la vie continue, et on avance !

Un bel après midi d'automne nous nous retrouvons tous 4 , et déambulons dans les rues en faisant les pitres. Cela fait des mois qu'on ne s'est vus, et ça fait du bien de se retrouver. Un lien indéfectible nous unis désormais, et même si nous avons des souvenirs douloureux ensembles, ils nous ont considérablement rapprochés.

Après une longue marche dans les ruelles...nous nous perdons dans le vieil Arkham ! C'est tout à fait impossible, tant certains parmi nous connaissent cette ville comme leur poche, mais c'est pourtant vrai : entre Parsonage Street et walnut Street, nous "tombons" dans une sorte de triangle des Bermudes Arkhamien.

Nous avançons dans des ruelles anciennes et inconnues d'un Arkham sorit d'une époque révolue. Nous sommes seuls. Plus un bruit autour de nous , que le lointain brouhaha de la circulation de la ville, comme derrière un voile. Une odeur de cendre emplie nos narines. L'inquiétude nous gagne peu à peu, jusqu'à ce qu'une musique divine vienne rompre ce silence ouaté anormal. Un violon joue une litanie céleste qui envoute chacun de nous au point de nous attirer à lui inexorablement.

Nous cherchons comme des fous cette musique et finissons par en trouver la source. Dans un petit appartement, au 4ème étage d'un immeuble inconnu, impossible et vide, une vieille femme nous accueille et nous présente son "petit Anthony", le garçon qui jouait du violon.

Tout est comme dans un mauvais rêve. Le garçon à les orbites blancs, et quand il vous parle, sa voix vous résonne à l'intérieur de la tête. Il dit que cette musique divine lui vient de son père, un être omniscient d'après lui. Anthony a quelque chose d'inquiétant en lui. Ce garçon nous fait flipper. La vieille, pourtant charmante et avenante, également. Rien ici n'est naturel, et nous les quittons un malaise au ventre. Au sortir de cet immeuble étrange, nous retrouvons immédiatement l'Akham que nous connaissions. Nous nous séparons avec le sentiment d'avoir encore approché quelque chose de noir, sans trop savoir comment ni pourquoi.
Bien sûr quand j'essaie de retrouver l'endroit quelques jours plus tard, je n'y parviens pas...

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Re: Résumés, notes de campagne

Message par Deckard » sam. 12 mai 2018 18:13

New York City !

Quel joie de venir dans la grosse pomme pour rendre visite à Richard. Cela fait des semaines qu'on ne s'est vus, et il nous tarde de voir comment le bougre s'en sort avec ses nouvelles brebis égarées.D'après ce qu'on sait, Il est désormais dans un quartier chaud de NYC, et aide notamment pas mal les jeunes qui vivent dans la rue, des bébés galériens en somme.

Et en effet, force est de constater de Gashouse District est vrai coupe-gorges. Surtout pour nous, "les provinciaux". Ce quartier pue véritablement. Entre les vapeurs des usines, les ordures jonchant le pavé, les fuites de gaz et les relents du port, tout ici vous agresse les naseaux. Les rues sont grises, ternes et sales, comme les gens. On est dans l'arrière train de la ville, abandonné aux gangs et refuge des plus pauvres.
Richard a du pain sur la planche.

Mais il semble quand même heureux et plus motivé que jamais. Il nous parle affectueusement de "ses" gamins farouches, et ça inspire le respect. Il s'est notamment pris d'affection pour l'un d'entre eux, le jeune Timmy. Une anguille parmi les requins parait-il, hyper futé et avec aux tripes la rage de s'en sortir. Un type bien en somme !

Le soir venu, ce dernier frappe à la porte de Richard, mais il n'est plus lui même. Enveloppé d'une couverture qui empeste la mélasse, ce qui avait été Timmy s'effondre devant nous en gargouillant et dévoile l'horreur absolue : son corps est écorché des pieds à la tête, laissant ses chairs à vif et un regard halluciné de souffrance et de peur...

Richard et Alexandra essayent en vain de le soulager, mais il est trop tard, et le gamin meurt sous nos yeux ...en gargouillant une sorte de ritournelle teutonne !?

Richard ,et par empathie nous autres, passons par toute une panoplie d'émotions vives : tristesse, incompréhension, colère. La police emporte sans ménagement le corps, et même si les agents sont choqués par la scène, Richard nous explique que jamais ils ne lèveront le petit doigt pour un gamin de Gashouse. Il FAUT que l'on sache ce qu'il s'est passé, et que l'on enquête. Pour le gamin.

Le lendemain Alexandra et moi réussissons à avoir accès à la morgue. Malgré toutes ses connaissances médicales, elle reste interdite face à ce que le gamin a subi : selon elle, même le plus pointu des chirurgiens ne parviendrait à dépecer un corps de la sorte, de façon si nette et parfaite, en laissant sa victime en vie ! D'ailleurs l'autopsie révèle que c'est le cerveau de Timmy qui a lâché, et non ses blessures atrocent qui l'ont tué. Nous trouvons aussi dans un dossier qu'un cas ressemblant est déjà répertorié à la police : un corps partiellement écorché retrouvé dans une poubelle à Greenwich village, il y a six mois.

Pendant ce temps Richard et Howard enquêtent sur les étranges derniers mots du gamin. Ils finissent par se retrouver dans une taverne d'immigrés allemands ou l'alcool et les chants coulent à flot. Ils apprennent que les paroles de Timmy viennent d'une chanson populaire qui parle du "Vampire de Hanovre", Fritz Haarman, un tueur sadique et sanguinaire, véritable Barbe-Bleue teuton.

Plus tard enfin une bande de potes de Timmy ( et notamment un dénommé Garett) nous apprend que le gosse fréquentait depuis peu un "type bizarre" qui parait-il le payait grassement pour un boulot hyper facile ; et que la dernière fois qu'ils ont vu Timmy, celui ci se rendait vers un entrepôt du sud-est de Gashouse...

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Re: Résumés, notes de campagne

Message par Deckard » lun. 18 juin 2018 22:33

11 septembre 1928 - milieu d'après midi

On se dirige donc vers l’entrepôt ou aurait été vu Timmy pour la dernière fois.

L'endroit est désert et semble avoir été vidé de son contenu, excepté, tout au fond, une immense bâche qui recouvre un cube de plusieurs mètres de haut. Richard reste dehors à faire le guet tandis que nous fouillons les lieux. Par endroit ça empeste la mélasse et/ou des produits chimiques. Sous la bâche nous découvrons une grande cage métallique vide. non loin Howard trouve les restes d'un tube de peinture de marque Faber-Castell. A part ça, et une lourde impression de malaise, l'endroit ne nous révèle rien de plus. Il semble avoir été nettoyé avec soin... Au dehors Richard subi un coup de pression d'un gang local ( les "five point") qui veut savoir ce qu'on fiche sur leur territoire. Il gère la situation, tout le monde se calme et nous filons sans demander notre reste.
Nous décidons de nous séparer pour enquêter sur les 2 seules pistes que nous ayons : la peinture et l’entrepôt. En cette fin de journée, nous apprenons que l'entrepôt appartenait avant à la "Bellingham Sugar &Co" avant d'avoir été racheté par un holding. Il faudra creuser des dossiers comptables pour trouver un nom.
Howard, qui suit la piste peinture, en apprend davantage : ce tube est de marque allemande, et est à classer dans les marques de luxe importées pour des artistes professionnels (ou des amateurs qui auraient du fric à jeter par les fenêtres !). Il parvient à trouver la boutique de couleurs qui vend cette marque : la boutique de Kurt & Conrad Siebel. Kurt lui apprend que seuls trois de ses clients sont coutumiers de cette peinture : Anatole Swiercky, Vincenzo Sorrentini , & Hermann Friedrich. Le nom teutonique de ce dernier résonne tristement à nos oreilles.
Curieusement Kurt constate dans son registre que son frère Conrad a effacé la dette du peintre allemand. Il semble contrarié mais ne nous apprend rien de particulier sur le peintre...

Le soir enfin, nous nous retrouvons chez Richard, et décidons de fouiller les lieux au cas où le jeune Timmy y aurait planqué quelque chose. Alexandra trouve finalement une boite métallique qui contient : De l'argent (bcp pour un vagabond), un nécessaire à écriture ainsi qu'une lettre inachevée de Timmy à sa mère.
------------- 12 septembre 1928

Nous commençons notre journée par un passage à la Chambre de Commerce. Parmi le monceau de paperasse pour essayer de mettre un nom sur le holding propriétaire actuel de l’entrepôt, Alexandra trouve miraculeusement le nom de Agatha Mullberry. Nous ajoutons cette piste à notre todo list.
Mais un article du journal du matin vient bouleverser notre planning. Dans un ton qui évoque les enquêtes mystérieuse de sherlock holmes, le confrère décrit le fait divers suivant : Conrad Siebel a été assassiné, et son corps retrouvé dans une pièce fermée de l'intérieur...

- Nous filons à la boutique pour rester sur une piste fraiche...Mais l'appartement de Conrad est sous clef, et barré par des cordons de police. Howard parle à sa veuve et la convainc de nous laisser entrer. Richard entreprend de lui apporter un soutient moral.. et de lui tirer les vers du nez.

A l'intérieur de la pièce/bureau plusieurs choses étranges : un tableau représentant un paysage de campagne signé par Hermann. L'objet est tout à fait singulier, car tout en étant plutôt bien exécuté, et même si le paysage y est d'une banalité sans nom, l’œuvre laisse un goût de malaise et l'étrange conviction qu'il y manque un élément essentiel. Aucun de nous n'a la fibre artistique, et nous avons tous un niveau d'éducation différent, pourtant cette peinture nous fait le même effet malsain. Alexandra s'approche et examine un coin de toile vierge de toute peinture ; après un moment elle déclare livide : cette toile est un patchwork de peau humaine ... Mon cœur se soulève.
Un carnet de comptes révèlera que "la douloureuse" d'Hermann, à la boutique de peinture, a bien été payée en nature par cette toile.
On trouve par ailleurs divers articles sur la renaissance de Harlem grâce à un nouveau courant artistique, sur des expo à Chelsea etc. Conrad semblait s'intéresser à ces nouveaux peintres. Le nom de Agatha Mullberry ressort à nouveau, mais cette fois comme celui d'un mécène du milieu de l'art.
Enfin nous repérons sur le sol et dans une bouche d'aération situé non loin des traces d'un liquide poisseux non identifié, qui ressemble à une sorte de...mucus. Alexandra fait un prélèvement. C'est dégoutant.
L'interrogatoire de la veuve de Conrad ne donne pas grand chose."Conrad se plaignait de migraines ces derniers temps " nous dit-elle seulement. Elle n'a pas d'info sur le peintre Hermann Friedrich, et préfère que l'on laisse la toile ici. Elle nous dit que si Kurt est d'accord, elle acceptera de nous la confier...

Après un passage éclair chez Kurt, nous filons vers Greenwich Village pour tenter d'y trouver l’atelier de notre peintre Allemand. Nous sommes de plus en plus convaincu qu'il est lié à l'atroce assassinat de Timmy. Après quelques heures de recherches, nous entrons dans le Witney Studio Club sur la 4ème rue, une galerie dirigée par l’excentrique Miss Gertrude Van Derbilt. Elle fait partie d'une mouvance qui tente de promouvoir l'art européen et de le mixer avec des artistes américains.Celle-ci connait Herman Friedrich et adoooooore son travail tellement non conventionnel ! Elle nous apprend d'ailleurs qu'il exposera ses œuvres prochainement lors d'un happening appelé "La Nuit de l’Indicible". Et surtout qu'il devrait justement ce soir la voir lors d'un cocktail, vers 21 heures. Lui faisant miroiter un article sur sa galerie, nous obtenons aussi l'adresse d'un client ayant acheté une toile du peintre, le Dr Harris.

Ayant du temps à tuer avant le cocktail de ce soir (où nous comptons bien identifier Herman et lui filer le train), nous décidons d'aller rencontrer le Dr Harris. Ce dernier, qui habite au sommet de l'immeuble le plus rupin que je connaisse, accepte étonnement de nous recevoir illico !

Chez le Docteur, on nous fait entrer dans son cabinet où trône sous bâche un chevalet et un tableau recouverts d'un drap. Le Dr nous apparait alors, transpirant, fiévreux, et pas très cohérent dans son discours. Nous tentons de le questionner sur le tableau qu'il a acquis récemment, mais il fuit nos questions et fait tout pour éviter d'avoir à regarder la toile. C'est comme s'il n'était plus maître de son corps, et que, sans même en avoir conscience, il refusait de poser son regard ou même d'évoquer ce tableau. Alors qu'il est sorti de la pièce, je pique une invitation trainant sur son bureau, et nous soulevons le drap qui recouvrait la toile...

Celle ci est, elle aussi, très déplaisante. au premier regard on y voit un paysage nocturne a priori banal. puis en laissant son regard errer sur le tableau on a l'impression qu'il renferme... une "Bête". Deux yeux semblent luire entre des arbres mouvants. Sur un bord du cadre on croit même distinguer une patte griffue qui sort du tableau. Mais ce n'est qu'une ombre. Quand Alexandra s'approche au plus près de la toile, tout semble normal. D'après nos informations ce tableau est censé représenter une bête s'approchant d'une maison, mais il n'y a rien au centre de la toile...

La soubrette du bon docteur nous presse de quitter les lieux car son boss ne se sent pas bien. Elle fait une crise de panique quand on essaie de la faire entrer dans le bureau pour la questionner sur le tableau. Un molosse arrive et me fout à la porte tandis qu'Howard réussit à empêcher le bon docteur de faire un saut de l'ange du 12ème étage ! Le toubib était en effet debout sur le rebord de sa terrasse, comme inconscient du danger, et serait sûrement tombé dans le vide sans l'intervention d'Howie.

Nous finissons par nous retrouver pas mal choqués, sur le trottoir de la 4ème, en ce début de soirée de septembre. Le Dr Harris a les fils qui se touchent, et c'est probablement dû à son maudit tableau. Herman Friedrich nous semble de plus en plus frayer avec le démon, et la soirée qui s'annonce me glace déjà le sang...

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Re: Résumés, notes de campagne

Message par boulash » jeu. 5 juil. 2018 10:30

Notes griffonnées dans le journal d'Alexandra Rockbell

13 Septembre 1928
Aujourd’hui nous sommes allés voir le docteur, un riche de plus qui semble admirer les œuvres démoniaques de ce Hermann !
Il avait l’air très troublé, on l'aurait dit dans un état de fièvre délirante, il me semblait pourtant pas être atteint d'une quelconque infection. Sa femme de chambre semblait très émotive.
Vraiment à fleur de peau cette femme, on a rien pu obtenir d’elle a part des plaintes et des sanglots ; elle devrait aller se détendre un peu à la campagne, ça lui ferait du bien.
Vers 20h, nous sommes allés à cette rencontre de rupins à la galerie Whitney. Une salle chichement décorée, des boissons enivrantes coulant à flot et des mets raffinés étaient au rendez-vous.
Eric et Howard étaient tous deux déguisés en journaliste et moi en femme de la haute...
C’était vraiment désolpilant à voir, j’ai été aussitôt démasquée, si seulement je maîtrisais l’art de la conversation !
Un réceptacle gigantesque était dressé au fond de la salle de la taille d’un mur conçu probablement pour accueillir un tableau. Ça fait froid dans le dos !
Une assemblée de riches oisifs et parmi eux quelques artistes qui cherchaient à percer comme ce pauvre Anatole Swiercky, les bras nécrosés par des injections de drogues.
Je me suis rapprochée de cette chère Gertrude essayant d’en apprendre plus de cette mécène des arts Agatha Mulberry.
Quand à mes deux amis, ils ont eu plus de chance que moi car ils ont réussis à avoir une entrevue avec l’homme de la soirée : Hermann l’homme de ces œuvres étranges !
Plus tard dans la soirée, Agatha Mulberry fait son entrée, c’est une femme très chic accompagnée d’un homme pour le moins gigantesque vraiment impressionnant. Ça doit être son garde du corps.
Tout le monde était admiratif devant elle, même si certains semblaient également terrorisés. Aussitôt arrivée elle s’est engagée dans une conversation très secrète avec Gertrude.
L’atmosphère s’est alourdie dès son apparition.

Nous avons finalement quitté la soirée et avons décidés de filer le train à Hermann.
Nous nous sommes introduits chez lui où nous sommes tombés sur un horrible croquis : un dessin très troublant et pour ainsi dire… indescriptible !
Comble de malchance il est monté avant que nous puissions quitter les lieux.
Mes amis ont décidés de s’esquiver par la fenêtre du hall quant à moi j’ai décidé d’emprunter les escaliers comme tout le monde me disant qu’après tout il ne me reconnaîtrait pas mais je me suis trompée.
J’ai tenté en vain de me faire passer pour une riche admiratrice, c’est à ce moment-là que je l’ai vu griffonner quelque chose sur le mur.
Soudain j’ai été prise d’une douleur atroce au bras. Je n’y comprenais rien du tout, un lambeau de peau arraché de mon avant-bras comme par…sorcellerie.
J’ai fini cette soirée mondaine à l’hôpital !
Mais qui sont donc ces gens ?!
présentation
Lundi : PJ Masks of Nyarlathotep par Vackipleur/Forbidden Lands par NeuralNoise
Mercredi : MC Dungeon World
Jeudi : MJ AdC (1 semaine/2)
PJ "Etranges Conflits" par Libra

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Re: Résumés, notes de campagne

Message par Laurak » jeu. 5 juil. 2018 12:26

14 septembre 1928

Cela fait longtemps maintenant qu’Eileen n’a pas mis les pieds à Carbondale. Mais là elle sent qu’il est temps d’y retourner et de tout raconter à Cecil, de tout lui dire de vive voix dans le cimetière de la petite ville. Pour l’instant elle se contentera d’une nouvelle lettre que sa mère déposera précautionneusement dans la petite boite placée sur sa tombe. Elle s’installe donc calmement à son secrétaire, comme si se mouvoir avec lenteur allait l’aider à mieux analyser et accepter les étranges et effrayants événements de cette journée d’automne. Elle voulait connaître la vérité, elle sent que maintenant elle est sur la bonne voie, même si elle pense que la connaître lui coûtera sans doute très cher… Elle saisi donc sa plus belle plume.

« Mon très cher Cecil,

Après des mois de recherches infructueuses me voici enfin sur une piste qui me semble intéressante. Mais à quel prix ? Je ne sais encore ce qui vous est arrivé cher frère, mais il me semble que cela dépasse toutes les horreurs que j’ai pu imaginer jusque ici. Je suis bouleversée, mais je ne me laisserai pas submerger par l’émotion. Il m'est arrivée des choses affreuses, horribles aujourd'hui qui dépassent l'entendement. Narrer cette journée à quelqu'un d'autre que vous me ferait sans doute passer pour une folle. Mais peut-être le suis-je effectivement, peut-être que tout cela n'était qu'un rêve ou plutôt un cauchemar. Peut-être que demain je me réveillerai et que rien de ce qui s'est passé aujourd'hui n'aura vraiment eu lieu. Laissez moi donc vous raconter cela depuis le début.

Albert, mon ami de l'université de Colombia à Manhattan me contacta pour m'annoncer qu'il venait de croiser un groupe de personnes qui cherchaient des renseignements sur le signe jaune. Je lui avait demandé de me prévenir le cas échéant. Il les a observés et a pu me donner leur localisation, dans un café non loin de l'université. Il s'agissait d'un groupe composé de deux hommes et une femme. Grâce à sa description je pus les trouver sans mal. Ils n'avaient pas vraiment fière allure, je ne suis pas vraiment sûre que nous venions du même monde. En revanche ils me semblèrent très sympathiques.
Avec un peu de méfiance au départ, nous fîmes connaissance et échangeâmes les informations que nous avions respectivement récoltées. Moi qui pensais mon enquête au point mort, j'ai enfin retrouvé espoir. Ainsi j'appris que le groupe avait été confronté au signe jaune à plusieurs reprises, sur des tableaux notamment. Ils me communiquèrent toutes les informations qu’ils avaient, enfin je pense…. Il y aurait des toiles faites en peau humaine ... Quelle horreur ! Je n'ose imaginer à quoi votre peau a servi. Pour ma part, ils furent très étonnés quand je leur montrai la petite figurine de Rapa Nui que vous m’aviez offerte. Je pense qu’ils ne s’attendaient pas à voir le symbole ailleurs que sur des peintures. Ils furent également étonnés quand je leur montrai la petite note sur une ville étrange et inconnue nommée Carcosie. Je pense qu’ils ne s’attendaient pas à tomber sur quelqu’un venu de nulle part avec une multitude d’informations. Et bien évidemment je leur parlai du manuscrit du « Roi en Jaune » sur lequel j’étais tombée par « hasard ».

Il se trouve que le groupe a, ou plutôt avait, un des fameux tableaux en toile humaine en sa possession, un tableau d’un dénommé Friedrich. Ce tableau provoquerait un certain malaise chez la personne qui le regarde. Nous décidâmes d’aller voir cette toile, pensant mes connaissances en art peut-être utiles.
Ils m’amenèrent dans un quartier épouvantable de New-York, nous dûmes prendre le tramway pour nous y rendre. Ça empestait là dedans ! Mais bon, que voulez-vous cher frère, tout le monde ne peut pas venir du même milieu que nous. Je les plaints très sincèrement. Peut-être ont-ils un père aimant eux….
Alors que j’étais entrain d’examiner la toile, nous entendîmes un bruit de verre brisé venant de la direction d’une sœur qui semblait s’être assoupie sur la table. Étonné, Eric, un journaliste, décida d’essayer de définir l’origine du bruit. Et là, je fus confrontée à une vision défiant l’entendement ! Soeur Bernadette, ne dormait pas, elle était morte. Lorsqu’Eric la redressa, de longs filaments visqueux sortirent de ses orifices essayant d’agripper Eric. Un filament se projeta à toute vitesse dans sa direction, il parvint à l’éviter. Le reste de la chose commença alors à sortir de la bouche de soeur Bernadette. Eric nous hurla de détruire la toile et je m’empressai donc de tirer dessus, la bête lâcha une sorte de petit cri. Howard tenta de percer la toile avec une chaise mais sans aucun effet tandis que la bête attaquait Eric et lui couvrait le visage, essayant d'entrer dans ses orifices. Alexandra revint en possession d’un drap qu’elle jeta sur la créature dans le but de l’enserrer et de la bloquer. Eric essaya à nouveau de s'extirper, pendant que je tirais une deuxième fois en visant précisément une zone du tableau qui me semblait suspecte. La bête perdit alors quelques forces mais parvint tout de même à saisir Alexandra. Howard prit une fiole d’alcool et commença à mettre le feu à la toile. Au prix d’une lutte acharnée, Eric parvint enfin à s'échapper. Tandis que la toile brûlait, je vins au secours d’Alexandra lui saisissant la jambe pour essayer de l’extraire de la masse gélatineuse. Elle réussit à se dégager au prix de mille efforts, alors que le tableau finissait de flamber et que la chose désormais brûlante achevait de se consumer.

Le lien entre les toiles et l’apparition de créatures résonnait à ce moment là comme une évidence. Mes comparses pensèrent immédiatement à un docteur de leur connaissance qui possédait une telle œuvre et en conclurent qu’il était probablement en danger. Nous décidâmes donc de partir à son secours.
Lorsque nous arrivâmes chez lui, une scène d’horreur nous attendait. Du sang coulait à flot le long de la façade de l’immeuble et le portier gisait, empalé à plusieurs mètres de hauteur sur un porte drapeau. Nous nous précipitâmes alors vers l’appartement du docteur, sa domestique était complètement paniquée. En effet, sur la terrasse, le docteur était la proie d’une forme immense à l’allure canine. Il était plaqué contre la balustrade qui ne semblait être qu’un faible obstacle à sa chute. Qui plus est, si nous avions à un seul instant cru que nous vaincrions cette chose-ci de la même façon que la première et facilement, cela n’aurait été qu’illusoire. En effet, la bête conservait précieusement le tableau auquel elle semblait être rattachée. Howard et moi lui tirâmes dessus, d’ailleurs, dans la panique mon tir frôla l’oreille d’Howard ce qui le rendit malheureusement sourd. D’après Alexandra, il devrait heureusement retrouver toutes ses capacités d’ici peu. Cet homme possède manifestement un sang froid à toute épreuve. Malgré la blessure de son oreille, il parvint à saisir le docteur et à l’arracher des griffes du monstre. Howard tira à nouveau sur la créature qui tentait de fuir. Il l’atteignit en pleine tête, son crâne explosa littéralement ! La bête lâcha alors le tableau et vient s’écraser sur le trottoir, dix étages plus bas. Je me précipitai vers la rue, pour essayer de récupérer le tableau. Mais une fois arrivée en bas, il ne restait plus de trace de la chose, hormis un enfoncement du trottoir sans doute lié à la chute de bête. Le tableau gisait, brisés en morceaux. Je voulus tenter de les récupérer, mais un policier m’en empêcha. D’ordinaire je lui aurai fait un peu de charme, mais là, vêtue de guenilles que j’avais enfilées pour me fondre dans la populace de la paroisse, je n’avais aucune chance de séduire qui que ce soit.
Je ne demandai donc pas mon reste et filai rejoindre mes compagnons dans l’appartement du docteur. Ce dernier était en pleine crise, il était dans un état psychologique désastreux. Nous fouillâmes rapidement les lieux. Je récupérai le carnet d’adresses du docteur, et nous déguerpîmes. La police ne s’interrogea pas trop sur notre présence sur les lieux. Décidément, si les autorités recrutaient des gens un peu plus vifs, votre meurtre serait peut-être déjà résolu… Alexandra réussit à prélever un peu de sang sur le trottoir. Malheureusement la toile avait déjà été embarquée, et nous ne pûmes pas récupérer les morceaux. La chose semblait s’être volatilisée. De l’autre côté de la rue, Howard remarqua du mouvement du côté du zoo. Nous avions conclu au départ que la bête s’était désintégrée comme la précédente, compte tenu du fait que le tableau était brisé, mais là plus rien n’était sûr. Cependant, le tableau était maintenant en possession des autorités et nous n’aurions rien pu faire contre la chose sans ce dernier. Nous nous quittâmes à une heure assez avancée, et bien décidés à mener l’enquête ensemble désormais.

Notre prochain objectif est de récupérer cette toile. Je me sens moins seule maintenant et ça fait du bien. J’ai même la sensation que je peux avoir confiance en ces gens.

Cher Cecil, je pense que je suis enfin sur la bonne voie. Repose en paix.

Ta sœur chérie. »


Eileen reposa son crayon, glissa le feuillet dans une enveloppe au nom de son frère, qu’elle cacheta soigneusement. Puis la glissa dans une deuxième enveloppe un peu plus grande adressée à sa mère. Elle fit venir Mary, qui arriva dans la seconde.

- Mary, faites parvenir ce courrier à ma mère je vous prie.
- Très bien Mademoiselle.

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