le journal d Ino

Image
Répondre
Avatar du membre
webfourmi99
Dryade
Messages : 164
Enregistré le : jeu. 19 janv. 2017 10:25
Date de naissance : 26 sept. 1975

le journal d Ino

Message par webfourmi99 » mar. 27 mars 2018 15:38

Reservé a la prose de Zaell ...
Disponible en soirée.
Lundi :
Mardi : COF MJ injonction du dragon
Mercredi :
jeudi : Cthulhu Gladys 'terreur sur l orient express' MJ abolas
Dimanche : Deadlands Lila Fowler MJ dragonheels
Variable : Cthulhu 1890 Irene Montgomery MJ yello

Samedi : Pathfinder MJ irl eveil seigneur des runes
Variable : COF MJ irl Anathazerin

Zaëll
Puck Dépressif
Messages : 55
Enregistré le : mer. 23 août 2017 13:26
Date de naissance : 19 oct. 1987

Re: le journal d Ino

Message par Zaëll » sam. 7 avr. 2018 18:38

Hello !

Je tiens à redire que les récits qui seront postés là représentent la vision que la gnome a des faits qui se sont passés, qu'elle a vu, entendu ou/et qu'on lui a rapporté. Ils ne seront jamais fidèles à 100% au déroulement de la partie ^^

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture !

Zaëll
Puck Dépressif
Messages : 55
Enregistré le : mer. 23 août 2017 13:26
Date de naissance : 19 oct. 1987

Re: le journal d Ino

Message par Zaëll » sam. 7 avr. 2018 18:52

Vers Belhaim

Une bougeotte chronique:

  Me revoilà sur les routes ! Je ne me lasse pas de parcourir ce monde, toujours en quête de nouvelles rencontres, de nouvelles connaissances. D'ailleurs, en ce moment, je suis en Taldor, une région anciennement glorieuse au doux titre de: L'Empire Décadent Agonisant. Ravissant n’est-ce pas ? Beaucoup me disent que la curiosité est un vilain défaut, je pense surtout que ça peut être une qualité très dangereuse d'autant lorsque l'on ne sait pas s'arrêter... ce qui est mon cas. Voilà pourquoi je me suis retrouvée à Lycanis et ma rencontre avec Sieur Silas Gribb fut... comment dire... particulière: Notre lieu de rendez-vous, et à croire qu'ils ne se prennent que dans ce genre d'endroits, se trouva être une taverne de surcroît pas trop mal famée. Faut dire qu'au moment où je poussais où la porte du Dragon dort, je compris vite qu'il n'était pas dans l'intérêt de Gribb de se montrer en compagnie de bandits et autres ivrognes aux allures d'assassins vue son activité: la milice et les gens louches, c'est pas bon pour le commerce honnête. Un humain de grande taille, obèse et richement habillé m'attendait à une table au fond de la salle. Ses yeux inquiets trahissaient une envie de pressante de partir loin de ce bouge et sa barbe de trois jours rendait son visage encore plus fatigué, visiblement négocier mon escorte allait être plus simple que prévu et mon sourire en coin qu'il aperçut lui fit tirer une mine longue comme une nuit sans fin ajoutant un peu plus de désespoir à son moral.

 Je m'approchais donc de ce bon dépressif Silas et m'installais en face de lui, accrochant mon regard borgne au sien, ajoutant un peu plus de malaise et entamais la discussion:
- Bien le bonsoir marchand ! Je vais être brève: Un de mes amis m'a parlé de ta prochaine destination et bien que ta cargaison me répugne, je suis prête à passer outre pour aller là où je veux. C'est ton jour de chance, Belhaim et le village qui m'attend sont voisins, ta destination est par conséquent aussi la mienne. On fait route ensemble et en échange je tâcherais de te protéger en plus de te faire un peu de publicité auprès de ma race, en espérant pour toi que tes liqueurs et tes vins soient de très bonnes qualités. Qu'en penses-tu ?
L'homme m'écouta avec attention et réfréna son enthousiasme tant bien que mal à l'annonce de mes origines. Dorénavant, j'avais le droit un grand sourire benêt. Génial, il me manquait plus que ça. Au moins, j'ai gagné mon voyage.
- Tu... euh Vous êtes une gnome !! Il parait que vous avez des pouvoirs magiques et que vous portez chance ! Mais on dit aussi que vous êtes un peu fous en même temps si c'était le cas, Cassomir n'aurait pas d'aussi beaux navires... donc ça doit être des racontars. Humm... mais si ce sont des mensonges alors en fait vous ne portez pas chance et vous n'êtes pas des fées ! Aaaaahhhhh !!!!
Je ne sais pas à quel moment je l'ai perdu, mais je finis vite par croire que le plus fou de nous deux n'était pas celui qu'on pense. Quel âne.
- Monsieur Brigg ! S'il vous plait, revenons-en à nos moutons je vous prie. Alors quand est-ce qu'on part ? Et puis calmez-vous ! Vos alcools vont finir par tourner à cause de vos jérémiades !
Il me regarda, ahuri et se taisant par la même occasion. Sa main tremblotante attrapa sa chope de bière et l'amena jusqu'à son gosier où il vida le contenu d'une seule gorgée ce qui m'expliqua son ventre gonflé tenu miraculeusement par une ceinture. Sa voix un peu plus assurée dévia ma concentration vers sa tête:
- L'alcool ne tourne pas ma petite dame ! Enfin si, le vin mais c'est tout ! Je suis le meilleur marchand de spiritueux, voyez donc comme je suis prospère ! Et pour votre gouverne, nous partons demain à l'aube, alors ne soyez pas en retard ou je quitterais cette... ce marécage ambulant sans vous !
Il se leva d'un bon, manquant de renverser le mobilier et partit dans un grand cou de cape volante qui percuta un ouvrier heureusement trop soul pour en prendre offense, finissant sa sortie en claquant la pauvre porte trop fort pour la fermer, la laissant béante. Ma tête devait avoir à peu près la même expression que le tavernier d'ailleurs: pour nous, il était officiellement pas tout seul dans sa caboche. Une fois ma stupeur passée, je rentrais dans mon auberge brinquebalante afin de me préparer pour le lendemain.

 Les premiers rayons du soleil se levaient tandis que je rejoignais Mr Gribb au point de rencontre, je ne fus pas surprise de constater que je n'étais pas la seule avoir été "embauchée": Le voyage allait être un peu long et son intérêt de préserver sa caravane intacte était bien trop grand pour se contenter de moi. Je fis donc la connaissance de notre groupe qui, une fois passée en revue, me fit éclater de rire ! Notre "patron" n'avait décidément pas les idées très claires au moment du recrutement et même si il ne faut pas se fier aux apparences, on serait loin d'inspirer la peur au premier coup d'oeil. Trêves de divagation, je vous les présente:
Atemys, prénom apparemment très répandu vu que c'est pas le premier que je croise, prêtre nain.
Ren, rôdeur demi-elfe efficace et sympathique.
Colin, druide halfelin avec qui je sentis d'emblée que j'allais bien m'entendre, affinité de taille certainement.
Le voyage commença donc sous l'auspice que je nommais affectueusement "pouvoir de la demi-portion" où tout le monde prit bien vite ses habitudes: La mienne étant de vérifier que le chargement restait bien à sa place, perchée sur les caisses de ma charrette en guise de tour de garde. Nous fûmes rejoint en cours de route par Gorok, barbare demi-orc et sûrement le seul qui puisse terrifier nos futurs assaillants, du moins je l'espèrais. Bientôt notre destination se rapprochait et nous n'étions plus qu'à 1 jour de Belhaim.

Convois suspect:

  Les quelques jours passés avaient été relativement tranquilles, hormis des loups téméraires et la roue d'un des chariots cassée, le convoi avançait à bonne allure sous un beau soleil même si sur la fin de notre voyage nous eûmes tout de même droit à une petite pluie et sa couronne arc-en-ciel. Le paysage était des plus banals: notre chemin, bordé de forêts ou notre chemin, bordé de plaines au choix et fut une fois ponctuée d'un arbre décoré de rubans de prière tel un rite de protection.
À ce moment-là, soit on y croit et on se dit qu'on a de la chance de l'avoir croisé soit l'opposé et on se dit que s'il est là c'est pour rien et que donc du danger peut s'annoncer.
Je respecte toute croyance et compte tenu de mes aventures passées, je considérais cet autel naturel avec une certaine méfiance qui ne me lâcha plus et pour cause: Bien trop vite, les chevaux commencèrent à ralentir puis s'arrêtèrent pour ne plus repartir et après un bref coup d'oeil, je vis une petite forme humanoïde allongée par terre...

 On peut dire ce que l'on veut, y a des jours comme ça où il ne faut pas sous-estimer l'effet papillon: Des rubans de prière et paf ! Embuscade ! Mais je m'emballe. Donc, on aperçut apparemment quelqu'un au sol, Gorok avec sa hache et Atemys avec son marteau prirent les devants pour voir ce qu'il en était. Le sentant moyennement, Colin grimpa sur le haut du chariot, Ren tint sa place tout comme moi auprès de Silas et là:
- Y a un mort ! Y bouge pas et y a de la paille qui lui sort de la peau !
Gorok est gentil et simplet avec une certaine propension à tout prendre au pied de la lettre, alors quand j'ai entendu sa grosse voix annoncée sa trouvaille, je réprimais immédiatement mon rire: Visiblement il ne connaissait pas les épouvantails... Cette conclusion fit naître en moi un malaise grandissant et hélas confirmée par Atemys:
- C'est une embuscade !!! À vos arrrmes !! N'apprroche pas bougrre d'âne ou tu taterrras de mon marrteau !! Foi de moi-même et de mon dieu Gorrrom, encorre un pas et t'irras rrejoindrre tes ancêtrrres !
Le ton roulant, prêt au combat de notre ami nain fut salué par un rire rauque provenant d'un humain étrange, patibulaire et poilu. Je regardais Gribb, ses épaules s'affaissèrent et ses yeux bien qu'inquiets, reconnaissaient notre agresseur. Chaque membre du groupe prit l'ordre d'Atemys dans la foulée et l'halfelin ouvrit le bal en tentant de blesser celui qui présentait comme étant le chef, en vain. N'étant d'aucune aide à terre, je ne bougeais pas de ma place et dans un regard malicieux vers la tête de pioche, je lançais mon sort d'injonction avec succès:
- Que ?! Mais ! Qu'est ce... qu'il m'arrive ??!! Aidez-moi !!! Je... peux... plus... m'arrêter... !!!!
Ne pas m'écrouler de rire a été la chose la plus dure pour moi à faire à cet instant et pourtant je réussis mine de rien à me contenir. Devant moi, le patibulaire sautait sur place, les bras en l'air comme un exercice d'échauffement ou d'aérobique, bidonnant ! Ce que je n'avais pas vraiment prévu, c'était les réactions de mes amis: Atemys pensa que ça venait de lui et devint tout fier et Gorok cria à la malédiction ce qui l'encouragea à vouloir taper le bonhomme au plus vite.

 Tout s'accéléra à partir de là, des flèches fusèrent dans tous les sens entre les deux camps, touchant ou non leurs cibles. Des bruits métalliques résonnèrent, Gorok, touché à la cuisse par l'épée du moche fut vengé par le marteau du nain qui blessa l'assaillant à la tête. En voulant les aider avec une nouvelle injonction, je ne fis que me faire repérer et surtout identifier comme étant la lanceuse de sorts ce qui me valut d'être directement approchée par un de ces larbins. Le demi-orc, de plus en plus énervé par la vue du sang, se défoula sur un autre planqué et l'éventra dans toute la longueur: Cette belle journée reçu son premier mort. Le combat avançait et les projectiles à l'heureuse trajectoire transformèrent les combattants en pelotes d'épingles, autant chez eux que chez nous: Gorok, une fichée dans l'épaule, mon assaillant entre les omoplates de la part de Ren. Atemys subit une méchante blessure au flan droit, cadeau de Pati le moche tandis que Colin sauta majestueusement sur le dos du malandrin touché par Ren, qui le mit à terre. Je pestais contre mes injonctions ratées qui n'avaient pour seul effet, que de faire pleurer de rire mes victimes, j'envisageais de me servir de mon bâton mais Atemys coupa court à mon envie en criant à Gorok de se charger du chef, tout en martelant le larbin ver-de-terre. Le barbare s'excéuta, allant jusqu'à l'amener à reculer et laissant le champ libre à ses sbires dont un saisit l'opportunité de tirer sur Ren qui se retrouve frapper par une flèche dans le dos. Mon assaillant blessé se réfugia sous le chariot, pensant être à l'abri des coups certes mais protéger des flèches: Ren le tua d'un jet précis. Gorok n'en menait pas large, une nouvelle flèche venait de se planter dans son cou et Pati le moche continuait de l'esquinter à grand coup d'épée: Le demi-orc a la peau verte comme les prés, se délavait en vert pâle d'une herbe grillée au soleil. il était temps que tout cela cesse où nous allions perdre notre plus grosse force de frappe. Ren s'en aperçut aussi et lui conseilla de se planquer tout en tirant sur le chef lui fichant sa flèche dans le torse, Colin prêta main forte au demi-elfe et laissa Atemys avec moi. Le nain soigna le barbare au passage et je relançais une injonction à la tête de pioche, ce dernier se mettant à fixer le dard planté dans son ventre comme une merveille du monde. Gorok, remit en forme, secoua l'arbre qui cachait un des larbins avec virulence le faisant chuter violemment, l'assommant au passage puis le frappa en pleine tête dans un élan souple et puissant.

 Il nous restait donc le chef et l'autre clown qui se fichait de moi, d'ailleurs celui-là ayant vite compris que ça allait mal finir pour lui s'il traînait dans les parages, lâcha son maître à la vitesse de la lumière. J'échouais mon sort encore une fois, Atemys s'y prit tellement mal pour le taper qu'il laissa tomber son arme sur son pied, Colin continuait de l'enrhumer avec ses tirs ratés, bref: Le moche avait beau reculer doucement la peur au ventre, on désespérait d'arriver à en voir la fin. Ren eut suffisamment de sang froid malgré sa blessure pour l'immobiliser d'un trait dans la jambe et le mettre à genoux ce qui déclencha...:
- Je vous en prie ! Ayez pitié ! Je ne suis qu'un pauvre père de famille qui cherche de quoi vivre ! Ne me tuez pas ! Ne laissez pas mes nombreux enfants sans père ! Je ne voulais pas vous faire de mal !
Ses pitoyables suppliques trahissaient seulement sa crainte pour sa vie, il n'y avait qu'à entendre le ton qu'il employait pour bien comprendre que sa seule famille devait être celle des rats. Pendant ce temps, Silas n'était pas resté inactif: Aucune aide venant de sa part par contre son manège avec les chariots ne passa pas inaperçu d'où je me trouvais. Je l'avais clairement surpris en train de glisser un objet dans une de ses poches puis au second chariot, recommencer et il n'y avait rien d'innocent là-dedans. De même son comportement envers le chef où il nous ordonna simplement de le tuer puis nous félicita pour nos prouesses guerrières: Finalement la mise à mort de l'ennemi par Atemys via un bon coup de marteau sur la tête n'était qu'un détail à régler, rien de plus. C'est à se demander si ça ne l'arrangeait pas cette histoire...

 Les autres fouillèrent les corps, récupérèrent quelques piécettes d'argent puis ils débarrassèrent le plancher des cadavres. Seul Gorok rouspéta pour l'inspection des morts, ça ne l'empêcha pas d'accepter les pièces trouver puis il s'installa à l'arrière d'un des chariots: Son poids notable provoqua quelques hennissements d'indignation. Gribb augmenta notre récompense de 10 pièces d'argent de plus et nous pûmes reprendre notre chemin ce qui nous permit d'interroger le marchand sur le fait que le chef de bande avait l'air de le connaître: Pour lui, c'était dû à sa célébrité et que c'est le seul parcours existant pour aller à Belhaim. Il tâta ses poches un peu trop régulièrement pour que ce soit honnête et la note qui le parvint discrètement de Colin approuvait mon ressenti. Le petit druide avait mis la main sur morceau de papier sur lequel on pouvait lire toutes les indications nécessaires pour faire main basse sur la caravane de Silas Gribb. Au loin, les portes de Belhaim se présentaient enfin à nous et le début d'un repos bien mérité.

Zaëll
Puck Dépressif
Messages : 55
Enregistré le : mer. 23 août 2017 13:26
Date de naissance : 19 oct. 1987

Re: le journal d Ino

Message par Zaëll » lun. 9 avr. 2018 14:29

Tour en échec :

Notre arrivée à Belhaim ne passa pas inaperçue, dès l'entrée de la ville, des gardes accompagnés du prévôt et de ses deux acolytes nous attendaient de patiemment. Il faut reconnaître que notre caravane n'était en rien discrète, que notre groupe était des plus disparates et dans ce village perdu sans grand intérêt à part une vieille légende de dragon, les habitants ne pouvaient pas nous manquer. Le simple fait de notre présence sur leurs terres allait faire germer des histoires à raconter pendant au moins 10 ans. La fin de l'après-midi s'annonçait et l'avenue principale de la petite ville se remplissait progressivement de monde tandis que le prévôt s'avançait vers nous et détail curieux de mauvaise augure, plus il se rapprochait plus Gribb rentrait la tête dans les épaules: Nous allions donc à nouveau avoir des ennuis. Ce qui devait arriver, arriva et nous vîmes les gardes encerclés les deux chariots avec sérieux puis inspecter les chargements consciencieusement pendant que leur chef dévisageait Silas:
- TOI !! Enfin, nous te mettons la main dessus ! Artus Wart Mains lestes ! 3 ans qu'on fouille les routes, qu'on sillonne les environs en espérant découvrir ta planque ! Saches que tu ne "vendras" plus rien voleur ! Finis la contrebande d'objets précieux ! T'en fais pas, tu n'as pas perdu ta journée, tu seras emmené gratuitement à Lycanis pour un long séjour en prison.
Le prévôt fit signe à deux gardes de l'embarquer qui s'exécutèrent rapidement, le descendant de sa charrette sans ménagement et le traînant jusqu'à la garnison de Belhaim, tout au sud de la ville. Nous étions abasourdis par ce qui se déroulait sous nos yeux, il y avait méprise ! Artus venait d'être mit à mort sur le chemin un peu plus tôt, il se trompait de bonhomme ! Nous le lui fîmes savoir en lui montrant la note trouvée sur un des cadavres et en ajoutant qu'ils trouveraient le corps gisant sur la route à quelques heures d'ici. L'homme de loi nous écouta attentivement, envoya deux autres miliciens vérifier nos dires puis ajouta dans un sourire à notre adresse:
- Sachez jeunes gens que si Silas, comme vous l'appelez, vous a promit de l'argent pour le voyage vous en serez quitte pour des poches vides. Tous ses biens sont confisqués, je vous permets quand même de récupérer vos affaires mais rien de plus. Pour votre information, Gribb et Wart étaient en collaboration depuis longtemps, je ne suis pas surpris que l'un ait finit par faire tuer l'autre.

A la lueur de ces renseignements, certaines choses du moins comportements devenaient plus clairs notamment l'étonnement de Silas quand il vit son ancien collègue nous attaquer, qu'Artus paraissait bien connaître l'énergumène alors que c'était soi-disant leur première rencontre mais un fait restait suspect: Ce que contenaient les poches de Gribb. Ces mains qui s'agitaient nerveusement dans ses poches pendant le trajet titillaient ma curiosité et n'y tenant plus, j'élaborais rapidement un plan pour en avoir le coeur net. Sans plus attendre, je me jetais contre Silas pour une dernière embrassade et passait mes petites mains dans sa veste pour en attraper le contenu, je n'avais juste pas prévu que l'un des gardes me prenne sur le vif. En me détachant de ma cible, je fis tomber le butin au sol tandis que mes pieds ne touchaient plus terre:
- Lâchez-moi ! Si on ne peut plus dire au revoir maintenant ! Reposez-moi par terre !
- Tais-toi gredine ! Je suis sûre que tu es sa complice ! Tes agissements seront punis de la même manière que ceux de Monsieur Gribb: Direction le cachot de Belhaim en attendant le transfert pour Lycanis !
- Mais non ! Vous vous trompez, idiot d'humain ! Je ne suis pas sa complice, c'est n'importe quoi ! Je n'irais nulle part et je vous le redemande, laissez-moi tranquille ! Sombre mulet !
Je me débattais avec tant d'ardeur qu'il faisait ce qu'il pouvait pour maintenir sa prise sur mon vêtement, heureusement Atemys plaida ma cause auprès du prévôt et grâce à l’appui de mes autres compagnons, ils me relâchèrent enfin. Bien évidemment, les bibelots précieux de Silas avaient été prestement ramassés par ce garde odieux: Je ronchonnais encore plus. L'incident passé, nous suivîmes la milice jusqu'à la garnison pour recevoir tout de même une petite récompense et durant toute cette promenade, nous attirâmes curiosité des petits et grands. Nous rencontrâmes l'adjoint Gergis qui prit en charge notre ex-employeur, le conduisant au cachot pendant que le prévôt crut bon de me rappeler une dernière fois à l'ordre auquel je répondis que je serais sage dans un grand sourire innocent. Il tendit une bourse de 20 pièces d'argent à Colin en guise de remerciements avant de nous laisser partir, son regard sévère couvrant nos pas.
Non mais qu'est-ce qu'il ne faut pas faire, je vous jure !

La fatigue nous gagnait doucement alors que l'on remontait l'avenue quand une jeune femme sortit de son auberge et nous appela gentiment: Le malin joueur de flûte était prêt à nous accueillir chaleureusement, nous allions pas faire nos difficiles. Notre aubergiste du jour se présenta sous le nom de Talia Orem, elle nous guida à une table tranquille puis nous servit bières et jus de pomme pour mon plus grand plaisir, il fut d'ailleurs délicieux. La charmante hôtesse sonna son fils, Geoffrey, afin qu'il nous prépare des chambres et pour patienter nous ouvrîmes la discussion entre nous. Colin nous fit part de son projet de retrouver un ancien druide nommé Kell qui serait dans les parages, sa belette Moustache endormie sur son épaule. Gorok, lui, était là juste pour manger: Silas lui avait promis un beau repas en échange de son aide pour protéger le convoi et il ne comptait pas repartir sans. Nous discutâmes tous les deux de son point de vue sur la magie et je compris soudainement qu'il ne la voyait pas d'un bon œil, le sachant un peu limité dans le domaine, je me contentais de lui dire que c'était pour l'aider et que jamais je ne lui ferais de mal ce qui eu l'air de lui convenir. Atemys et Ren m'aidèrent un peu dans mon entreprise de convaincre Gorok que je n'étais pas maudite, mais je me demandais si ce n'était pas peine perdue. De toute façon, un boucan infernal mit fin brutalement à notre échange: Un immense nuage de poussière s'élevait dans les airs au sud-est de la ville et bien vite des rumeurs circulèrent sur son origine. La Tour de la sorcière venait de s'effondrer et située pile en face du Manoir du magicien, certains vinrent à penser qu'il en était la cause.

Nous nous levâmes et nous joignirent aux badauds, attroupés devant les gravas de la vieille tour tandis que 2 malheureux gardes désemparés tentaient de gérer l'incident. Après concertation, pendant qu'Atemys, Ren et Gorok parleraient aux miliciens, Colin et moi nous mêlerons à la foule pour obtenir plus d'informations. Le demi-orc fut très persuasif, de toute sa stature, il s'imposa auprès des deux humains en rugissant ses ordres alors qu'Atemys et Ren couvraient ses flans. De notre côté, nous entendîmes parler de kobolds morts trouvés devant le manoir et éparpillés autour de la ruine. Colin fit la connaissance du service pompes funèbres représentés par une dame arrogante et impatiente mais qui ne perdait pas le sens du commerce en proposant à l'halfelin un cercueil à sa taille. Le brouhaha ambiant se réduisit au silence lorsque une noble femme et son fils apparurent juchés sur leurs chevaux, provoquant enfin une réaction censée de la part des gardes :
- Dame Devy ! Jeune maître Devy ! Que devons-nous faire ? Tous ces gens doivent-ils rester là ? Et ce groupe d'aventuriers doit-il passer ? Nous sommes perdus !
- Calmez-vous, je m'occupe de tout. Dispersez les villageois, j'ai à discuter avec ces jeunes personnes.
J'adore quand on me dit que je suis jeune, j'avoue je ne fais pas mes 70 ans.
Ses ordres furent exécutés sans aucune contestation et nous nous retrouvâmes bientôt en face à face avec la maîtresse des lieux. Elle toisa mes 3 compères puis nous repéra et dans un sourire nous engagea pour apporter des réponses à ce qu'il venait de se passer: Pourquoi la tour s'est effondrée, pourquoi y a t-il des kobolds morts et comment ont-ils fait pour entrer. En échange, elle nous paierait à la hauteur de nos efforts et il nous en fallut pas plus pour nous lancer à la recherche d'un point d'accès parmi les décombres.

La tâche n'allait pas être aisée, trouver une entrée dans ce tas de débris nous demanderait un bon coup d'oeil mais c'était sans compter sur Ren et son regard d'aigle, qui après une petite escalade, repéra vite une trappe hélas bloquée par une poutre. Il nous transmit l'information et efficace, nous lança une corde: Je regardais tristement l'initiative et lorgnais de regret sur la seule porte encore debout mais complètement bouchée. Je n'avais pas trop le choix, n'étant pas acrobate, l'escalade ne s'envisageait pas et j'attrapais le cordage en priant de pas me casser la figure. Gorok dut sentir mon dépit car au moment où je posais la main dessus, il m'arrêta et me proposa de m'aider à monter ce que je ne refusais pas tout comme Colin: Poids plume que nous sommes, il n'eut aucune difficulté à nous faire grimper et nous arrivâmes dans la foulée auprès de Ren en revanche Atemys se fut autre chose. Notre nain n'avait pas l'intention de se débiner avec la corde contrairement à nous, il l’agrippa d'une poigne ferme et commença son ascension pour tomber sur les fesses dès que ses pieds quittèrent le sol. Décidé à y arriver, il réessaya la manœuvre avec un peu plus du succès sauf qu'à mi-chemin, ses jambes ratèrent la corde et l'atterrissage fut douloureux du moins c'est que j'en déduisis en l'entendant ronchonner:
- Bougrre de corrde ! C'est pas un nain qui va se laisser avoirr parr un bout de ficelle, non mais ! Aïeuhhh !! Maudite sois-tu ! À cause de toi, j'ai le derrrièrre en vrrac !
Nous n'eûmes pas droit à la suite, le demi-orc mettant fin à ces imprécations en lui ficelant la bedaine puis le tirant d'en haut tel un sac de farine.

Atemys hésita entre éclater de colère ou le remercier vivement, Ren lui coupa l'herbe sous le pied en réclamant un coup de main à Gorok pour virer la poutre puis ouvrit la trappe. Mon grand sens de l'observation conclut qu'il devait faire bien noir là-dedans quand Colin alluma une torche et s'accroupit aux côtés de Ren pour voir à l'intérieur. Bientôt le demi-orc le poussa sans ménagement, satisfaisant sa curiosité tandis que Colin me rapporta avoir vu deux cadavres de kobolds et une deuxième trappe, l'évidence nous amena à constater par nous même l'état des lieux. Une fois à l'intérieur, nous découvrîmes des corps sans armes et rien d'autre hormis que notre ami à la peau verte les compara à des hommes-serpents chose dont il n'a pas voulu démordre. Légèrement frustré de ne pas avoir plus d'action, il se jeta sur la seconde trappe et sauta sans réfléchir dans le trou donnant accès à la pièce suivante. L'absence de protestations de Gorok nous incita à le suivre et nous atterrîmes dans une grande salle aux murs fragiles et décorée de jolis tas d'éboulis, de petits bruits pas rassurants, d'une vierge de fer souriante ensanglantée que j'avais pris pour une statue et d'une porte apparemment fermée. Notre curiosité nous poussa à mieux inspecter ce sarcophage de torture et lorsque Atemys l'ouvrit, un monceau d'os se déversa à nos pieds accompagné d'un petit bruit métallique et de 2 mille-pattes géants tombant du plafond réveillés par ce vacarme.

Action, réaction: Ren sortit son arc tout comme Colin et les flèches fusèrent, touchant ou non. Atemys et moi, nous nous mîmes en position défensive, lui avec son marteau moi avec un sort d'image décalée qui laissa Gorok éberlué un bref instant avant de le voir se précipiter vers l'un des deux et l'écraser d'un grand coup de hache. Le mille-pattes survivant en profita pour lui mordre le mollet laissant Ren saisir l'occasion d'ajuster son tir et de faire mouche, Colin et Atemys vinrent lui prêter mental fort à défaut de blesser la créature avec leurs armes. Voyant qu'ils se débrouillaient à merveille, je reportais mon attention sur ce qu'avait lâché la vierge et trouvait une vieille clé rouillée, c'est donc souriante jusqu'aux oreilles que je regardais le combat prendre fin: Après plusieurs vaines tentatives d'insecticide, le demi-orc en rage massacra le mille-pattes en l'éminçant soigneusement. Je les laissais reprendre leur souffle et leurs armes puis leur montrait la clé dénichée quand le son bizarre de la hache de Gorok découpant l'insecte nous fit lever la tête. Dans une grande et puissante délicatesse, Gorok ouvrit le cadavre en deux et en extirpa 2 dagues en métal précieux: Atemys lui demanda l'une d'elles et l'examina, révélant des encoches particulières sur le plat de la lame. Les jolis couteaux étaient parfaitement identiques jusque dans la matière choisie pour les forger, le mithril, un métal précieux et très robuste au point que l'estomac acide du mille-pattes ne lui avait fait aucun dégât. Après un peu de ménage, nous décidâmes de nous reposer ici-même, permettant à Gorok de festoyer grâce aux insectes et autres de se soigner et manger pour ceux qui n'étaient pas écœurés du spectacle offert par le demi-orc.

Tout le monde ayant repris des couleurs, nous fîmes rapidement le lien entre ma clé et la porte, celle-ci étant bien vieille, Gorok finit de l'ouvrir d'un mouvement d'épaule et nous révélâmes une série de couloirs poussiéreux à souhait ornés de multiples portes similaires ouvertes ou non mais clairement nous avions à faire à une ancienne prison.

Zaëll
Puck Dépressif
Messages : 55
Enregistré le : mer. 23 août 2017 13:26
Date de naissance : 19 oct. 1987

Re: le journal d Ino

Message par Zaëll » sam. 14 avr. 2018 16:48

Monstres et compagnie:

Le corridor principal se divisait en deux et à droite comme à gauche, nous trouvions: une série de portes, un tapis moelleux de poussière, des pièces plus ou moins vides contenant de très vieux squelettes avec leurs pots de chambre remplis, des rats, un Gorok sifflotant et un Ren reconverti en groom laissant Atemys penser qu'il se trouve dans un ancien hôtel, moi ne quittant pas Colin le porteur de lumière et le nain fermant la marche, une visite somme toute classique. Il y eut une seule différence que le demi-elfe remarqua alors qu'il levait la tête dans l'allée de droite, il nota la présence d'une sorte de tuyau en pierre et creux parcourant le plafond puis s'enfonçant dans le mur. Gorok et son génie décidèrent de le suivre, nous derrière et par mesure de prudence je décidais d'accrocher un pan de la cape de Ren pour ne pas me perdre lorsqu'il s'arrêta d'un coup. Il parcourait des mains un des murs avec un air froncé puis constatant la matière friable, s'appuya dessus: Un pan s'écroula d'emblée laissant apparaître un passage secret donnant sur un couloir beaucoup plus grand, beaucoup plus poussiéreux et beaucoup plus nauséabond. Bref, une véritable invitation au tourisme.

Comme dans les couloirs précédents, nous explorâmes plusieurs cellules enfin, disons plutôt que Gorok démonta plusieurs portes pour libérer de vieux squelettes puis les remit à leur place parce que finalement, avec la chaîne qu'ils avaient autour de la cheville ils ne pouvaient pas s'en aller. Petits faits notables: l'absence de corps de kobolds et bien que le demi-orc nous indiqua que nous étions suivis, nous eûmes la politesse de lui faire remarquer qu'elles venaient de nous et par conséquent nous étions bel et bien seuls. En revanche, nous tînmes à le rassurer que l'odeur quasi pestilentielle persistante ne venait pas de lui et plus nous avancions plus une sensation de froid grandissait, l'ambiance devenait carrément lugubre. Cerise sur le gâteau immangeable, en approchant d'une des cellules, Ren entendit des chuchotements qui le firent approcher prudemment jusqu'à ce qu'il sursaute de peur quand deux mains crasseuses s'accrochèrent aux barreaux et qu'un visage blafard s'y ajouta. Soyons honnête, le demi-elfe ne fut pas le seul à avoir été surpris et le temps de reprendre nos esprits, une voix décharnée et rauque résonna dans la pièce:
- À boire et à manger, c'est la gloire du bon Baron Sarvo ! À boire et à manger, c'est la volonté du bon Baron Sarvo !
J'en restais bouche bée ! Pendant que Colin fournissait l'eau et Gorok un morceau de mille-pattes, ma tête s'encombrait de vertiges à réfléchir sur la présence de ce prisonnier. D'ailleurs celui-ci prit ce qu'on lui tendit et recula dans le fond de son trou, nous laissant complètement perplexes sauf pour le demi-orc pour qui le nom du baron avait eu l'air de réveiller de vieux souvenirs. Il nous raconta que le chaman de sa tribu avait entendu parler de cet homme, un humain cruel et sanguinaire, torturant et empalant dans la gaieté et la bonne humeur. Le Baron Cerveau, comme l'avait renommé Gorok, était juste un très ancien seigneur de Belhaim et mort depuis tout aussi longtemps, l'ultime question se posa donc: qu'allions-nous faire de l'humain prisonnier ? Je tins absolument à rappeler à mes camarades qu'un homme ne peut as vivre aussi longtemps surtout sans nourriture et par conséquent son existence ici était strictement impossible sauf s'il s'agissait d'un fantôme ou d'une illusion. Ren confirma bientôt la deuxième hypothèse: En l'observant avec attention, il aperçut que ni l'eau ni la chair d'insecte n'avaient été mangés et de surcroît, maintenant il distinguait franchement une porte au travers du personnage. Courageusement, nous pénétrâmes à l'intérieur de la pièce.

Premier point, le prisonnier brillait par son absence et deuxième point qui faillit faire vomir Gorok ce qui n'est pas rien, Ren venait de passer son bras à travers le mur du fond puis sa tête. J'imaginais déjà voir son corps tombé tout seul, décapiter mais non, tout alla bien pour lui et encore une fois il découvrait un passage caché. Il s'arrangea avec Colin pour rallumer la torche puis les deux disparurent de l'autre côté du mur, j'allais les rejoindre quand je vis la tête de Gorok d'un vert un peu pâle puis fit le lien avec le passage:
- Tu rigoles ? Tu écrases des mille-pattes géants, tu pulvérises des bandits par dizaine, tu hurles sur une foule angoissée et tu as peur de traverser un mur ? J'y crois pas !
- Les murs, c'est dur et c'est tout. C'est de la sorcellerie ! Je veux pas y aller ! Hors de question ! Quand le mur sera mur, je le défoncerais et je viendrais avec vous mais pas avant !
J'étais consternée et voyant bien que rien ne le ferait changé d'avis, je franchissais l'illusion en passant entre ses jambes, le nez pincé vu que monsieur bloquait l'entrée. Je me retrouvais immédiatement entre un demi-elfe armé d'un arc et un halfelin tenant une torche tremblante d'une main et se cachant derrière son chapeau de l'autre: Nous n'étions pas seuls. Quoi qu'ait pu dire Atemys, c'est un Gorok aux yeux fermés, retenant sa respiration et aux bras levés droit devant lui tel un zombi qui finit par se joindre à nous suivit du nain, notre groupe étant à nouveau au complet, nous pouvions continuer notre progression.

La salle dans laquelle nous étions était relativement spacieuse et éclairée étrangement d'une lueur faible presque crépitante, l'air saturé d'électricité. Tout en prudence, nos pas nous amenèrent près du maître des lieux, un élémentaire-nuage constitué d'éclairs, occupé à trifouiller une sorte de grosse machine. Atemys et Gorok couvrant nos arrières, Ren et Colin décidèrent d'entamer la discussion avec le nuage ce qui s'avéra inutile, ce dernier les ignorant royalement en revanche il y a bien une chose qu'il ne faut jamais montrer aux gnomes et aux halfelins, c'est tout qui est leviers et boutons et l'étrange appareil possédait un magnifique levier. Colin et moi croisèrent nos regards puis nos visages affichèrent deux sourires ravis: Il fallait à tout prix baisser ce levier ! Ignorant l'élémentaire, Colin posa les mains dessus et tira vers le bas ce qui déclencha un vacarme assourdissant de chaînes s'enroulant, de mécanismes en marche puis la colère du nuage. La curiosité, je me répète, mais peut être mortelle eh bien pour Colin, ça quasiment été vrai ! Au début, ça allait, il esquiva le premier coup de semonce et entama une course effrénée, un peu trop d'ailleurs, car il se mélangea les pieds et s'affala de tout son long. Évidemment, l'halfelin s'étant déplacé et la foudre ne tombant jamais deux fois au même endroit, cette dernière s'abattit sur lui et lui brûla le dos ce qui le laissa quelque peu sonné. Ren ne tarda pas dans sa riposte, tira un trait faisant reculer le nuage colérique et permit à Colin de se relever et de prendre ses jambes à son cou. En équipe bien rodée, Atemys l'attendait à la ligne d'arrivée pour le soigner tandis que je venais à lui pour l'aider à l'atteindre, notre agitation remit les idées en place à Gorok et dans un sursaut barbare, nous dépassa prestement enfonçant sa hache d'un geste souple et délicat dans le semblant de tête de l'élémentaire. Cette attaque termina ce petit combat de manière simple et efficace, le nuage-éclair-pas content disparu tout bonnement.

Grâce aux soins d'Atemys et au morceau de mille-pattes de Gorok, Colin se sentit vite mieux pendant ce temps, le demi-orc voulant bien faire en remontant le levier, força un peu trop et se retrouva avec un bâton-boule dans les mains. Nos respirations cessèrent l'espace d'un instant de peur que cela ne déboule sur un nouvel incident mais non, tout resta tel quel et rien ne vint troubler la tranquillité recouvrée. La visite se poursuivit donc avec deux nouvelles cellules vides jusqu'à ce que notre chasseur de passages cachés discerne un nouveau mur étrange sur lequel il s'appuya et qui coulissa telle vieille rouillée euh vieille porte rouillée. Le couloir mystérieux qui s'offrait à nous présentait deux salles de gardes: L'une dévoila un petit anneau en argent et l'autre, une petite fiole au contenu suspect trouble, marronâtre et bien bouchée. Atemys envisagea un moment d'en essayer le contenu sur le demi-orc mais dû reporter sa brillante idée, nous faisions face à une énième porte. Rien ne résiste à Gorok alors la rebelle qui nous interdisait l'accès à la pièce qui était derrière, vous pensez bien, il l'a démoli avec une telle violence qu'il tomba avec révélant en toute simplicité une salle de tortures. À partir de là, la situation prit une tournure assez étrange: Nous fûmes accueillit par un corbeau parlant, arrogant, à la voix criarde et insupportable. Le volatile entra de manière directe dans le vif du sujet, il voulait à tout prix une goutte de notre sang pour que nous puissions accéder à la salle aux trésors et c'est bien gentil, mais on ne savait même pas qu'il y en avait une donc on n’était pas spécialement chaud pour obtempérer sans avoir plus de détails.

Précisons, avant d'en dire plus, le contexte et surtout le lieu dans lequel nous nous trouvions: La salle présentait un sol crasseux, tâché de matières très suspectes et de sang séché quant aux murs, ils hésitaient entre le noir, le gris et le vert. Un rideau rouge sombre miteux pendouillait cachant ce qui semblait être une porte. De la mousse logeait dans chaque fissure donnant une ambiance moisie à la pièce, côté ameublement rien de reluisant: Vierges de fer en vrac et entre-ouvertes, chaises avec assises et dossiers couverts de pointes ensanglantées plus accoudoirs munis de sangles en cuir épais, chevalets en bois pourris et cordes rongées, menottes en fer lourd clouées aux murs, piloris souillés enfin un arsenal complet de fouets, couteaux et autres ustensiles usés tellement utilisés. Ultime touche glamour au tableau, un blason aux armoiries des Canteclure servant de perchoir à notre fameux corbeau bavard et comble de la chose, il réussit même à froisser notre petit druide en lui notifiant que lui parler corbeau était le ridicule incarné. Ayant fait le tour du propriétaire, nous pouvons revenir à ce don du sang imprévu et l'ami nain s'en méfiait plus que jamais, il voulait des preuves de l'existence de ce trésor ce qui ne l'empêcha pas de se piquer le doigt avec sa dague en mithril: fait curieux, à la vue de l'arme, le corbeau recula d'effroi puis se ressaisit et vint se jucher sur mon épaule. Amusée par son comportement, je tendis ma main et il me picora l'index assez fort pour me faire râler, en attendant son tour, Gorok s'installa confortablement sur une de ces charmantes chaises en se servant du blason comme coussin, futé hein ? Ren contint son rire en voyant la scène et Colin, vexé pire qu'un pou, tenta de se venger en attrapant l'oiseau de malheur mais rata sa prise et lui arracha ce qu'il pensa être des plumes.

Résultat, il se volatilisa tout en poursuivant ses délires et impossible de le voir, l'halfelin ne cachait pas sa mine dégoûtée en ouvrant sa main, les plumes reflétaient une apparence écailleuse particulière quasi visqueuse. Soudainement, Ren cria de douleur, il venait de subir une attaque au niveau du cou laissant couler un mince filet de sang et interrompant la nouvelle occupation du demi-orc: Jouer avec les fouets-cravaches de l'établi bancal. La guerre était déclarée, la cible suivante visa aussi le cou du géant vert faisant mouche, offrant à la place une belle trace de morsures pleine de dents pointues et ni une ni deux, Atemys suivit du regard ce corbeau bizarre:
- Vous voulez pas donner une goutte de sang à Harzogopaz alors il va se servir ! Vous allez tous donner votre sang !
Surprise, il se transforma sous ses yeux en un diablotin d'une cinquantaine de centimètre, maigre avec des écailles rouges. Ceci expliquant cela, Ren l'agrippa à mains nues par la queue et l'envoya valser plus loin puis s'écrasa lamentablement, d'un tour de magie son aspect ondula préférant une forme d'araignée de 50 cm: Petit pour certains et beaucoup moins pour d'autres. Colin et moi préférâmes restés sur nos gardes, Atemys rata son offensive et Gorok lui arracha deux pattes provoquant une nouvelle métamorphose de petit diable en ours et très grand cette fois-ci. Ren s'apprêtait à tirer sa flèche toutefois le demi-orc, énervé par le gabarit de l'ours, en fit une affaire personne et lui hurla de lui laisser sa proie. L'halfelin tenta tout de même sa chance lorsqu'il vit notre adversaire mordre le barbare hélas son trait rebondit mollement sur le pelage du grizzli, il n'existait plus qu'un seul recourt: Atemys sortit sa dague en mithril se préparant à jouer du couteau quand magie ! Le diablotin redevint lui-même, s'allongeant au sol telle une belle carpette en suppliant le nain de lui laisser la vie sauve qui l'empoigna brutalement par le cou, le menaçant de sa lame.
- Je vais tout vous dire ! Laissez la vie à Harzogopaz et vous serez riche ! Je connais beaucoup de choses ! Je sais le mot de passe ! Ne tuez pas !
- Crrrache le morrrceau, bête atrroce ! Qu'est ce qui nous attend derrrièrre cette fichue porrrte ? Et le mot de pâsse, c'est quoi ?!
- Le trésor ! Il est protégé une machine de fer ! Le mot de passe "c'est la volonté du bon Baron Sarvo" deux fois ! Mais pour la porte.... Il faut... la clé ! Laissez-moi chercher la clé ! Elle est tout en haut !

Zaëll
Puck Dépressif
Messages : 55
Enregistré le : mer. 23 août 2017 13:26
Date de naissance : 19 oct. 1987

Re: le journal d Ino

Message par Zaëll » mar. 17 avr. 2018 13:54

Corbeau, robot et leur bac à trésors:

S’ensuivit une discussion unique en son genre tandis que le diablotin nous indiquait le chemin qui conduirait au butin:
- Gorrrok ! Va cherrrcher la clé pendant que je le tiens !
- Je veux bien mais c'est haut tout en haut et puis il est bizarre son mot de passe deux fois.
- Au fait, il t'aurait servit à quoi notre sang ? s'enquit Ren.
- Rien, Harzogopaz aime la souffrance, adore le sang. Votre sang, inutile juste plaisir de voir votre douleur ! Ne tuez pas !
- Elle vient cette clé !? Et toi, petit diable ! Je ne suis pas complètement idiot, tu m'aurrras pas, je te rrrelâcherrrais pas.
Les événements nous menant à rien, je portai mon attention au rideau pourri et moche, le poussai dévoilant une porte en bois basique, je l'effleurai du bout des doigts puis appelai Gorok pour qu'il vienne l'enfoncer. Enfin, ça c'était mon plan parce que celui du barbare concernait Ren et une courte échelle donc ne pouvant compter que sur moi, j'attrapai la poignée... et j'ouvris la porte. Mon explosion de rire stoppa net le vacarme produit mes camarades.

J'essuyai mes larmes de rire, soufflai une fois tout en regardant mes amis avec un grand sourire puis me posai en groom les invitant à continuer notre visite, il restait plus qu'un détail de 50 cm à régler: Harzogopaz. Froidement et sans tergiverser, Atemys lui trancha le cou dans une légère fumée blanche conséquence du contact entre le mithril et le sang démoniaque puis il garda dans une poche la tête, balançant le reste par-dessus son épaule. Gorok, le blason coincé sous son bras ralluma la torche, la fila à Ren qui ouvrit la marche, éclairant un couloir bien conservé et légèrement en pente, au loin nous pouvions apercevoir qu'il s'enfonçait dans les ténèbres à l'issue d'un virage: Une odeur tenace d'eau stagnante et de vase mêlée à de petits bourdonnements nous présageaient un bon petit marécage des familles encore fallait-il vérifier notre théorie. D'un courage inébranlable, nous progressions sans frémir à la lueur de notre unique bout de bois enflammé alors notre supposition fut avérée: Le chemin se trouvait être inondé par le milieu d'une eau puante, épaisse et croupie, d'un vert-marron indéfinissable horriblement parfumée et de chaque côté, une cornichette encore humide et glissante accompagnée de nuages d'insectes. Bien sûr, il fallait traverser et faire preuve d'agilité ne posant pas davantage de problème à Ren et Colin, Gorok ne sentant pas concerné par la chose, il n'hésita pas un instant à patauger gaiement dedans bien qu'un léger sifflement suinta de ses chaussures au moment de leurs plongées. Je contemplai ce liquide informe et dégoûtant, il n'était pas question que j'essaie quoique ce soit pourtant je tentai le diable et posai le pied sur la pierre couverte de mousse puis un autre et... au moment où j'allais terminer mon mouvement, ma jambe glissa tombant dans la vase: Les picotements que je ressentis à ce contact n'augurerait rien de bon si par malheur je devais y être trempée entièrement. Ma mésaventure n'en dissuada pas le nain qui obtint un résultat similaire au mien, obligeant, Gorok rebroussa son chemin, me mit sous son autre bras et Atemys sur son dos puis nous déposa de l'autre côté.

Au bout, l'échappatoire à cet enfer gluant, le demi-elfe percevant un petit bruit et remarquant son air un tantinet enfoncé, la poussa réellement avec douceur faisant place à un autre couloir au sol inhabituel. Ren s'accroupit pour mieux l'observer et chose étrange venant de lui, sortit sa gamelle et la jeta dans le conduit: En une seconde, l'objet disparaissait de notre vue comme par magie enfin surtout avec. Un nouveau débat émergea sur comment allait-on s'y prendre pour ne pas risquer nos vies en passant dedans, Gorok lâcha aussi son assiette avec le même effet, ils songèrent à glisser leurs armes à l'intérieur au cas où y aurait un moche à l'extrémité: Forcément après deux gamelles dans la figure, si méchant y avait, se recevoir des armes le mettrait dans un sale état en admettant qu'il y ait une notion de vitesse, bref. Mon attirance pour cet étrange passage grandissait très vite, trop et je me contenais difficilement pour ne pas y courir sans réfléchir mais ma curiosité sera toujours plus forte que moi: Je traversai le groupe, pris mon élan et... Youhouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu !!!!!!! J'eus à peine le temps de voir leurs visages abasourdis par mon idée. Arrivée en bas, j'avais qu'une envie de recommencer tellement c'était génial, j'en trépignais de joie sur place et le débarquement d'Atemys puis des autres me changea les idées mais d'abord, je fus pliée de rire. L'accès qui terminait ce toboggan géant avait une paroi aimantée: J'en admirais sa nouvelle décoration composée d'un nain et de son arme ainsi que d'une grosse hache plaquée à 10 cm de sa tête en plus du propriétaire de la dite hache, un demi-orc fixé grâce à son blason. Les pieds dans le sol sablonneux, j'observai les yeux brillants Ren et Colin détachés les deux autres de la porte ensuite il fut question de l'ouvrir et pour le coup, il n'y avait pas de poignée, rien qui paraissait ressembler à un système d'ouverture. D'agacement, Gorok se souvint du pseudo-mot de passe du corbeau:
- C'est la volonté du bon Baron Sarvo, deux fois !
- Mais non ! C'est juste: c'est la volonté du bon Baron Sarvo et il faut le dire deux fois, tu n'as pas besoin de rajouter ça.
- J'ai dit: C'EST LA VOLONTÉ DU BON BARON SARVO, DEUX FOIS même si y a pas besoin de le rajouter !
La porte s'effaça, Ren alla se taper la tête contre un mur et moi, je posai un pied dans le bac à sable pour rejoindre la pièce suivante.

Détail peu joyeux, on avait le droit à un sable mouvant mais détail exceptionnel, je réussis à le traverser sans encombre en revanche Gorok non. Surestimant ses grandes jambes, il atterrit en plein milieu, s'enfonça puis sous son poids, le sable s'affaissa en un trou béant: Ren eut juste le temps de l'attraper avant qu'il ne tombe plus bas mais un demi-elfe tenant un demi-orc à bout de bras... Atemys chopa donc Ren mais bon un nain supportant autant de poids... Colin agrippa alors Atemys par la veste mais bon un halfelin de 95 cm... Gorok finir par descendre délicatement telle une plume et se posa au fond sur une pointe parfaite de danseuse étoile, il récupéra Ren qui aida Atemys qui porta Colin. Les choses sont bien faites, ils en sortirent sans mal et me rejoignirent dans la grande salle où la présence d'un Serviteur mécanique pointilleux en guise garde freina notre progression mais nous accueillit à grand bruit de casseroles:
- Veuillez présenter le blason pour obtenir l’accès.
Sa voix éraillée et robotisée presque fragile démentait sa structure imposante, ses bras tendus vers nous, il attendait son dû. Clairement j'hésitais à sauter de joie face à la kleptomanie de Gorok, lorsque je l'avais vu prendre ce morceau de métal, je m'étais dit que ça allait l'encombrer plus qu'autre chose puis bon, voyant que ça le dérangeait pas plus, je n'y pensais plus. Alors quand ce robot réclama le blason des Canteclure, forcément nous pouvions nous estimer chanceux de l'initiative du barbare, car il y avait de fortes probabilités qu'en l'absence de l'objet, nous aurions eu à l'affronter et qui sait comment on s'en serait sorti ?

Le demi-orc se débarrassa de son dur coussin avec une pointe de regret dans les yeux et une fois entre les mains du Serviteur, celui-ci nous tourna le dos directement et s'éloigna bruyamment, ne s'intéressant plus à nous hormis à la tâche qui lui incombait maintenant: Ouvrir la porte de la salle des trésors. La pièce tant convoitée en imposait par ses dimensions, haute de plafond et vraiment spacieuse, elle abritait confortablement une grande cage remplie de coffres et éclairée de chaque côté par une torche. Nous nous en approchâmes avec méfiance, on ne sait jamais, jusqu'à pouvoir observer deux serrures identiques sur la même porte avec la particularité d'être comme un trait fin. Nous regardâmes aux alentours mais rien ne donnait l'impression de cacher les précieux sésames et le trou dans le mur du fond guidait notre intuition plutôt sur une sortie, on avait plus qu'à faire chauffer nos méninges. Cette tempête de cerveaux amena l'idée que les deux dagues en mithril avalées par le mille-pattes géant avaient tellement de similitudes qu'elles pourraient bien être notre solution, Gorok et Atemys sortirent les lames et les emboîtèrent à la perfection dans les réceptacles: Deux cliquetis et un grincement plus tard, la porte de la cage s'ouvrait en grand. Nous comptâmes 7 coffres, tous emplis d'or, de cailloux brillants pour Gorok et pierres précieuses pour nous ainsi qu'une potion de sang que nous donnâmes d'emblée à notre prêtre. Nos regards pétillaient de bonheur et d'admiration, s'extasiant sur cette fortune insoupçonnée que l'on avait finalement pas eu trop de mal à avoir, cette découverte compensa plus et encore notre grosse déconvenue liée à Silas Gribb.

Mais avant de tout remonter, de répartir équitablement notre trésor et de le dépenser, il était temps de nous reposer et par précaution, nous nous enfermâmes dans la cage et j'élus domicile dans un des coffres les moins remplis. Ce que je supposais être le lendemain, nous verrait chargé comme des mules et j'espérais que le trajet retour serait plus calme sauf si l'on décidait de remettre cela à plus tard auquel cas, nous devions être en pleine forme pour continuer notre périple: Il nous manquait toujours la mission de Dame Devy et cette histoire de kobold.

Répondre

Retourner vers « Chroniques oubliées "L'injonction du dragon" par webfourmi99 »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : webfourmi99, Zaëll et 1 invité