PRESENTATION DES PERSONNAGES

Image
Avatar du membre
Floutch
Neurasien Bruyant
Messages : 129
Enregistré le : mer. 27 sept. 2017 14:48
Date de naissance : 21 nov. 1967
Localisation : Marseille

Re: PRESENTATION DES PERSONNAGES

Message par Floutch » jeu. 4 oct. 2018 19:14

IV – Chaadim - Des chevaux et du sang...

Image
Les saisons défilaient dans les monts Koulgirs. La communauté de villages Berberii menait son existence en marge des tumultes du désert et élevait chaque année toujours plus de chevaux. Yezemin assurait ses fonctions à la Douma et s'efforçait de participer aux affaires avec clairvoyance. Chaadim, lui, participait activement à l'élevage des jeunes poulains. La sortie de l'hiver annonçait la rude période du débourrage des Chadifs âgés d'un an et Chaadim avait fort à faire. Bien qu'il fut un excellent cavalier la journée de travail se terminait rarement sans qu'il eut à mordre la poussière et son corps était meurtri de ces nombreuses chutes.
Amar, son fils alors âgé de 15 ans, achevait de se préparer pour la Mej Raan. Tout le village fondait de grands espoirs sur lui car, tout comme ses parents, il était un fameux cavalier. Mais l'approche de la grande course initiatique ne devait pas le distraire de ses obligations aussi travaillait-il dans les hauts pâturages à la surveillance des troupeaux.

Image
Les pâturages de printemps étaient assez éloignés des premiers villages mais offraient aux chevaux une herbe de premier choix. La garde était facilitée car le cirque montagneux au fond duquel les chevaux étaient parqués ne comptait qu'un seul accès par une gorge étroite. Pourtant, cette nuit là le campement fut victime d'une attaque surprise...
Venu des lointaines plaines du middlerealm, la horde de maraudeurs était parvenue à franchir les cols des monts Koulgirs fraîchement débarrassés de leurs manteaux neigeux. Le pisteur de la troupe, un rôdeur souple et silencieux comme un chat neutralisa sans peine les deux sentinelles qui s'acquittaient de leur tour de garde avec une négligence coupable. Négligence qui leur coûta la vie lorsque l'homme laissa courir sa dague d'une oreille à l'autre sur la gorge du premier et terrassa le second d'une flèche décochée depuis un surplomb...


Image
Profitant de l'obscurité le reste de la troupe n'eut plus qu'à s'engouffrer dans l'étroit défilé...ils prirent position autour du campement endormi...


Image
La vingtaine d'homme qui composait le groupe tombèrent sur le bivouac totalement pris au dépourvu. La plupart des berbérii furent occis sans même avoir pu se saisir d'une arme, les autres périrent sous le nombre... Ne restait qu'Amar... encerclé d'ennemis, terrorisé... il laissa son kumchomer tomber à terre... Un colosse s'approcha de lui, leva son imposant gourdin et, avec un sourire carnassier, l'abattît sur le crâne de l'enfant. Amar s'effondra...

Regrouper les bêtes ne leur pris que quelques heures et quand le troupeau fut prêt les pillards rebroussèrent chemin vers le nord. Impossible pour un tel équipage d'emprunter les pistes escarpées qu'ils avaient découvertes à l'aller... Mais leur pisteur connaissait suffisamment bien les monts Koulgirs. Il les guiderai jusqu'à la frontière à travers une succession de souples vallées à l'écart des routes les plus fréquentées.

L'alerte ne fut donnée que deux jours plus tard.
Le petit groupe qui venait relever Amar et ses compagnons découvrit le carnage...
Aussitôt un cavalier fit volte face pour descendre la nouvelle jusqu'aux villages tandis que les autres commencèrent à regrouper les corps. Le décompte fit apparaître que le fils de Chaadim n'était pas au nombre des victimes. Mais aucune trace de lui...

Au soir la garde du Koulgir était prête à partir. Chaadim embrassa Yezemin et lui fit la promesse de ramener leur fils. Il enfourcha son fidèle As'Alam et se joignit à ses compagnons sur la trace des assassins. Sans savoir quelles épreuves le destin lui préparait Chaadim quitta son village natal aux dernières lueurs du jour...

Avatar du membre
Floutch
Neurasien Bruyant
Messages : 129
Enregistré le : mer. 27 sept. 2017 14:48
Date de naissance : 21 nov. 1967
Localisation : Marseille

Re: PRESENTATION DES PERSONNAGES

Message par Floutch » sam. 13 oct. 2018 17:15

V – Chaadim - Et la Yakir l'engloutit...


Les voleurs avaient mis cap plein nord. Ils se dirigeaient vers la rivière Yakir qui marquait la frontière entre le Khôm et le royaume du milieu. Emmenant avec eux la centaine de chevaux qu'ils avaient volés aux berbérii, ils avaient opté pour un itinéraire qui les tenait éloignés de la grande route pavée du nord et qui serpentait entre les monts Koulgirs par une enfilade de basses vallées. Les brigands se savaient pris en chasse. Leur chef avait minutieusement préparé son attaque et accompagné par son vieux complice, un rodeur du nom de Pernem, il avait déjà parcouru cette région. C'est ainsi qu'ils avaient pu arriver jusqu'aux élevages des berbérii sans qu'aucun habitant de la région ne les croise. De même, il savait son itinéraire de retour suffisamment rapide et discret pour atteindre la Yakir sans encombre. Il espérait seulement avoir assez d'avance sur la garde du Koulgir et si tout se déroulait comme prévu il serait hors d'atteinte sitôt la rivière franchie, d'ici dix jours au plus...

Pour la vingtaine d'homme que comptait l'expédition, la fuite vers la Yakir était un véritable morceau de bravoure. Allure soutenue de l'aube au coucher, des nuits à prendre des tours de garde pour veiller le troupeau, des bivouacs de fortune et des repas de viande séchée et de pain dur... et surtout cette fourbe sensation d'une horde vengeresse à leurs trousses, qui creusait les visages et aiguisait la mauvaise humeur...

Image

Sur les derniers jours la pluie s'invita. Le froid et l'humidité marquait un peu plus les esprits et les fuyards perdaient de leur avance sur leur poursuivants. Pernem qui était resté en arrière put rejoindre la troupe au prix de l'épuisement de son cheval. L'étalon s'effondra sans vie alors que Pernem faisait à peine la jonction. Les nouvelles qu'il apportait à son chef n'étaient pas bonnes. Les cavaliers Berbérii reprenaient du terrain trop rapidement... Sentant la situation tourner à son désavantage la troupe infléchit son parcours vers l'ouest s'éloignant volontairement du pont de l'Arténouk, pourtant le seul passage permettant de franchir la rivière à sec. La troupe abattait ainsi sa dernière carte. Leur chef misait désormais sur l'aversion des berbérii pour les étendues d'eau. De notoriété, les berbérii répugnaient à s'immerger et très peu savaient nager. Or, en cette saison du printemps, la fonte des neiges rendait la Yakir particulièrement tumultueuse et le gué de l'Entrefourche était réputé infranchissable avant le début de la saison chaude. Il espérait tout de même traverser au gué et forcer les poursuivants à abandonner leur traque... Il y perdrait sûrement des hommes et de nombreuses bêtes, mais il n'avait d'autre choix...

C'est à l'approche du gué que la garde du Koulgir tomba sur les hommes du nord.

Image
En nombre supérieur, farouchement décidés à venger leurs morts et récupérer leurs chadifs, les berberii exterminèrent sans pitié. Le combat ne dura que quelques minutes... Toutefois, le chef des brigands, accompagné de Pernem, réussi à prendre la fuite avec une dizaine de bêtes. Il fut acculé et cerné sur les bords de la rivière...
Alors que Chaadim s'avançait pour le défier en combat singulier, il souleva la bâche qui cachait la croupe de sa monture et découvrit le corps d'un enfant... l'attrapant par la tignasse, il exhiba la face du pauvre Amar. Le crâne maculé de sang séché et visiblement très affaibli, le prisonnier laissa échapper un râle de douleur.

L'homme installa Amar sur l'encolure de son cheval et, assis derrière lui, il glissa sa dague sur sa gorge. Le ciel s'assombrit un peu plus tandis que de gros nuages noirs s'épaississaient au dessus de la rivière. Tenant en respect Chaadim, le cavalier fit signe à Pernem d'entamer la traversée avec ce qu'il leur restait de chadifs. Le lieutenant s'exécuta et ordonna à son cheval de pénétrer les flots tandis que le cavalier tirait derrière lui la longe qui regroupait les dernières bêtes. La traversée fut rude et bien des fois on crût voir Pernem submergé. Mais après quelques minutes il parvint à atteindre l'autre rive avec tous les chevaux.

Image

Le tonnerre se mit à gronder et le ciel se déchira. Des éclairs rageurs zébraient les nuages et pointaient leur griffes sur les frêles silhouettes maintenant battues par une pluie glaciale. L'homme resserra son étreinte sur Amar, sa dague toujours sur la gorge de l'enfant. Il fit faire volteface à sa monture et s'engagea dans la traversée. Chaadim était paralysé. Impuissant, il vit son fils s'éloigner dans les remous furieux de la rivière. Il pria Rasthula que la rivière les laisse passer.
Nageant à côté de sa monture l'homme s'agrippait au pommeau de la selle et, de l'autre main, trainait Amar par les cheveux. Plusieurs fois Chaadim eut l'impression qu'ils allaient se noyer mais à chaque fois ils réapparaissaient et continuaient leur progression. Les éclairs redoublaient de violence et la pluie était maintenant si forte qu'on ne distinguait déjà plus les silhouettes sur l'autre berge. L'improbable équipage progressait lentement mais peu à peu il s'approchait du but. Il allait bientôt reprendre pied de l'autre côté de la rivière. Malgré le ciel bas et la pluie Chaadim vit nettement l'homme se retourner vers lui et planter son regard sombre dans le sien. Il vit aussi l'homme desserrer sa prise sur la chevelure d'Amar, un sourire démoniaque lui barrant le visage. Le corps frêle de l'enfant se débattit quelques instants. Luttant contre les flots rageurs Amar battait des bras cherchant l'air quand il parvenait à émerger.

Image

La Yakir réclamait son dû à qui avait osé la défier... Elle gonfla ses eaux et se referma sur Amar qui disparut lentement de la surface.

Parvenu sur la berge l'homme se retourna une dernière fois vers Chaadim. Un genou à terre le berbéri sentit la vie quitter son corps et son cœur s'arrêter mais aussitôt sa rage le ramena parmi les siens. Lui adressant une promesse silencieuse, il pointa son doigt vers l'homme et le transperça de son regard. Un court instant l'homme sentit la peur s'insinuer en lui mais il se détourna et disparut dans les bois qui bordaient la rivière...

Avatar du membre
Kaïavelis
Disciple du Prince d'Euphor
Messages : 317
Enregistré le : lun. 20 oct. 2014 18:50
Date de naissance : 23 mai 1995

Voron Asbjörnson

Message par Kaïavelis » mer. 31 oct. 2018 10:56

Image

Voron est un homme massif s'approchant de la quarantaine d'année et à la musculature avancée. Il porte des habits de voyage classique de l'empire bien que usé par la route, ce qui dénote avec son faciès étranger.

Il à un visage dur, de ceux qui ont vécu hors des villes, de ceux qui ont eu des coups dur et ont sû se relever.
Ses cheveux longs descendent jusqu'à ses épaules, et l'on devine aisément qu'il ne fait pas partit de la noblesse. Sa barbe, longue elle aussi, est tressée à plusieurs endroits. Ses yeux verts tirant sur le gris sont pénétrant; l'on pourrait se perdre dedans à condition d'aimer les hommes.

Il porte sur lui une panoplie d'armes: Une épée à deux mains presque aussi vieille que lui et portant des runes gravé le long de la lame, une hache à une main à son flanc gauche, ainsi que des haches de jets. Au vu de l'usure de ses "instruments" vous en déduisez que ce ne sont pas des armes d'apparat, et qu'il a du s'en servir plus d'une fois.
"J’aimerais poursuivre cette conversation mais j’ai un vieil ami pour le diner."

Lundi:
Mardi: The Dark Eyes: Nomades By Tharabbor
Mercredi:
Jeudi:
Vendredi:
Samedi:
Dimanche:

Avatar du membre
Floutch
Neurasien Bruyant
Messages : 129
Enregistré le : mer. 27 sept. 2017 14:48
Date de naissance : 21 nov. 1967
Localisation : Marseille

Re: PRESENTATION DES PERSONNAGES

Message par Floutch » mer. 31 oct. 2018 13:42

VI – Chaadim – Qui es-tu ?

Image

Debout sur les berges de la Yakir Chaadim resta prostré un long moment, le regard perdu dans les flots assassins. L'orage continuait de vomir sa fureur sur la troupe de cavaliers mais personne ne semblait pouvoir bouger. Pourtant, peu à peu chaque camarade vint apporter son soutient et dire à Chaadim les mots rituels pour accompagner Amar au royaume des morts, aux côtés de Rastoulah.
Mais Chaadim était seul.
Les prières de ses camarades ne lui apportaient aucun réconfort et ne parvenaient pas à calmer la douleur et la détresse qui le submergeait.
Chaadim était perdu... Perdu pour les siens, pour la vie dans les monts Koulgirs, pour le bonheur auprès de Yezemin... Perdu aussi sur un chemin de vengeance qu'une colère immense dessinait désormais comme seule issue possible.
Glacé par la pluie battante Chaadim finit par reprendre vie mais son regard n'était plus le même. Il brûlait maintenant au fond de ses yeux un feu ardent qu'une rage incommensurable commençait d'attiser.
Sa route suivrait désormais celle de l'assassin...

Mû par une froide détermination Chaadim prépara As'Salam. Ses compagnons de la Garde lui laissèrent matériel de voyage et provisions. Un second cheval allait lui permettre de maintenir une bonne vitesse sur le long-court. En effet la poursuite serait longue car le détour par le pont de l'Artenouk allait laissé pas moins de six jours d'avance aux fuyards.

Image
Après avoir rejoint et franchit le pont Chaadim était redescendu le long du fleuve jusqu'au lieu de la noyade. Là il avait commencé sa traque en remontant la piste laissée par le troupeaux. Les traces étaient faciles à lire : une dizaine de chadif, dont les sabots laissaient des empreintes caractéristiques, et deux chevaux ferrés...
Le temps ne s'était guère amélioré. La pluie accompagnait chaque jour de chevauchée et l'humidité transperçait jusqu'aux os. Les feus réchauffaient à peine et les nuits étaient courtes et froides.

Image

A mesure que les jours passaient, Chaadim se rapprochait... Traversant de mornes paysages que le ciel, toujours aussi bas, refusait d'illuminer. Chaadim ruminait sa peine et sa haine. Son esprit souvent divaguait mais peu à peu le novadi prenait conscience des changements qui s'opéraient dans les tréfonds de sa conscience. Et plus il s'approchait du tueur plus il en pénétrait l'esprit. Le chasseur ne devait-il pas penser comme sa proie pour espérer la vaincre? Proie et chasseur allait-il finir par se ressembler ?
En ces temps difficiles où chacun luttait pour sa survie dans un monde souvent cruel, Chaadim luttait lui aussi. Contre sa colère, contre la solitude du chasseur, et contre la mue qui s'opérait en lui. La haine qui l'étreignait effaçait peu à peu l'homme qu'il avait été jusque là. Sans son clan pour le soutenir et Rhastoula pour le guider, quel homme allait-il devenir ? Oh bien sûr, Chaadim avait déjà ôté la vie à de nombreuses reprises, à des gibiers et même parfois des hommes, mais toujours au cœur de la bataille. Or, la chasse qu'il menait à présent allait faire lui un assassin. Même si Rastoulah prônait la vengeance pour quiconque s'attaquait au clan, Chaadim était-il prêt à accepter l'irréversible métamorphose qui allait s'opérer en lui ?


Image

Et quid de sa proie? La vie était rude en Aventurie et souvent très courte... Dés lors, l'homme qu'il pourchassait n'était-il pas simplement coupable de se débattre pour survivre dans un temps inhospitalier ? Qui Chaadim serait-il devenu si il avait vécu la vie de cet homme ? Aurait agit-il comme lui ? Ces tiraillements malmenait Chaadim mais il restait sourd à toute clémence envers l'assassin aussi bien qu'envers lui même...
Ainsi, Alors qu'il progressait dans les étendues sauvages du royaume du milieu, il pénétrait ces terres inconnues, tout comme les recoins les plus profond de sa conscience...

Et avec le chagrin pour seul compagnon, Chaadim avançait.
Mardi : The Dark Eye (MJ Tharabbor)

Avatar du membre
Floutch
Neurasien Bruyant
Messages : 129
Enregistré le : mer. 27 sept. 2017 14:48
Date de naissance : 21 nov. 1967
Localisation : Marseille

Re: PRESENTATION DES PERSONNAGES

Message par Floutch » sam. 10 nov. 2018 21:46

VII – Chaadim – Contact !
Chaadim ne comptait plus les jours. Tout au plus savait-il que bientôt ses provisions seraient épuisées et qu'il lui faudrait alors chasser pour se nourrir. Son rythme allait en pâtir mais il pensait rejoindre les fuyards sous peu. Les traces étaient de plus en plus fraiches et ils ne comptaient probablement plus qu'une journée d'avance sur lui.
Ils n'avaient pas traversé de village et leur rythme semblait s'être ralentit. Probablement devaient-ils consacrer du temps pour trouver leur nourriture...
La suite s'annonçait délicate. A deux contre un ses chances était réduites. Chaadim comptait sur le fait que la chasse de gibier devrait surement les amener à se séparer.
Aussi fallait-il les approcher sans être vu et attendre le bon moment...

Image

Cinq jours plus tard Chaadim fit la jonction. Il pris soin d'attacher son cheval de bât à un arbre tandis qu'il avait commander à As'alam de rester aux alentours sous le couvert des arbres. Prenant garde de ne pas être vu il s'approcha de la crête de la colline qui surplombait le campement. Les chadifs paissaient aux alentours tandis que les deux hommes s'occupaient à installer un bivouac léger pour la nuit. Attendant patiemment à son poste de vigie Chaadim observait leur manège. Comme le vent portait dans sa direction, il put entendre quelques mots de la conversation des deux hommes. Ainsi apprit-il que son homme s'appelait Malko . Il crut aussi entendre le nom de Ragath, la grande cité au nord-est d'où descendait souvent des marchands pour le commerce des chadifs. Un peu plus tard, comme il s'y attendait, le rôdeur s'équipa d'une courte dague et d'un arc puis s'enfonça dans la végétation.

Chaadim , prenant large pour contourner le campement, retrouva la trace de Pernem qui semblait s'éloigner vers le nord. C'est au bord d'un ravin qu'il lui tomba dessus. S'étant montrer parfaitement silencieux il put s'approcher si près que l'arc du rôdeur ne lui fut d'aucun secours. A peine l'avait-il bandé, que déjà la lame du kumshomer pénétrait son flanc. Chaadim n'eut plus qu'à poussé du pied pour que le corps de Pernem ne bascule dans le vide. Le corps désarticulé s'écrasa en contrebas.

Image

Aussitôt Chaadim repris la direction du campement.
Il se posta en bordure de la clairière au centre de laquelle l'homme était occupé à faire partir un feu.
Pour Chaadim il faisait une cible facile, immobile et accaparée. Etait-ce la nervosité, l'impatience ou un désir trop ardent de vengeance qui lui fit tirer une si mauvaise flèche, ou bien la lumière rasante du soleil couchant ? Nul ne sait. Mais Chaadim allait amèrement regretter ce raté. La flèche finit sa course à un pas de l'homme et celui ci bondit sur ses armes. Il empoigna son bouclier et sa magnifique épée longue et se rua sur son agresseur. Chaadim put décocher une seconde flèche mais elle fut aisément parer par le grand thorvallois derrière lequel l'homme se protégeait en chargeant. Le novadi esquiva la première charge d'une roulade au timing parfait et se redressa promptement pour dégainer son Kumshomer et se mettre en garde.
Le corps à corps s'engagea. De rage et de fureur les deux combattants se rendaient coups pour coups. Chaadim, d'un gabarit plus léger, mettait à profit tous les enseignements de la Garde du Koulgir pour tourner autour de son ennemi et toucher souvent plutôt que brutalement. L'homme, au contraire, s'efforçait de porter des coups les plus lourds possibles, transmettant volontiers tout le poids de son corps dans sa lame pour des impacts destructeurs.
Prenant tour à tour l'ascendant les deux combattants ne parvenaient pourtant pas à soumettre l'adversaire. Mais si ils semblaient de la même trempe, l'homme venu du nord profitait à plein de son grand bouclier. Ses parades en étaient plus efficaces et moins fatigantes. Chaadim compensait car il était porté par une rage féroce.
Pourtant, aux fil des passes d'armes, ses feintes se faisaient moins efficaces et ses coups moins rapides alors même que le guerrier semblait ne pas faiblir... Il parvint pourtant à tromper Malko. D'un bond rapide, il réduisit la distance et se plaqua contre le bouclier que son adversaire portait à hauteur de torse, l'empoigna de sa main gauche pour l'écarter et glissa sa lame de bas en haut en la faisant jaillir vers le visage de Malko. Le fil de son kumshomer vint entailler la pommette, l'oeil et l'arcade sourcilière du guerrier. Aveuglé et meurtri, Malko parvint tout de même à libérer son bouclier et repousser Chaadim. Celui-ci, déséquilibré par l'estocade écarta ses bras pour retrouver ses appuis. Malko exploita cette brèche qui s'ouvrait dans la garde du novadi pour tourner sur lui même et lui asséner un formidable coup retourné qui traversa la garde grande ouverte du novadi et l'atteignit au flanc. La plastron de cuir de Chaadim explosa sous la violence de l'impact, laissant le fer pénétrer profondément les chairs...


Image

Le temps resta suspendu quelques instants alors que la surprise, autant que la détresse, dessinait sur le visage du Berberi une ombre mélancolique. Chaadim exhala un long soupir semblant accompagner la dernière étincelle de vie hors de son corps. Il tomba genoux à terre. La dernière chose qu'il aperçut avant de s'affaler fût une ombre noire sur un fond de lumière blafarde...


Image
Mardi : The Dark Eye (MJ Tharabbor)

Avatar du membre
Prosopee
BenScottiste obstiné
Messages : 466
Enregistré le : dim. 11 mai 2014 17:11
Date de naissance : 12 janv. 1980
Contact :

Re: PRESENTATION DES PERSONNAGES

Message par Prosopee » mar. 20 nov. 2018 21:43

Avestophanes Kalshas Image Je suis un diplomate Cyclopéen de Païlos de 42 ans. Issu d'une famille de nobles marchands, j'ai effectué mon apprentissage à l'école de diplomatie de Fertilia pendant quelques années puis j'ai été admis en compagnonnage auprès d'un plénipotentiaire du nom de Alrico Bosvani. J'ai pu, à ses côtés, cheminer à travers l'Empire et la Nostrie surtout.

Je suis mandaté par notre empereur, le Horas, pour mener une mission d’observation du conflit entre les Andergastiens et les Nostriens, afin de chercher à résoudre un différend séculaire.
J'ai pu rallier Havéna à bord d'un navire cyclopéen et je me suis immédiatement mis en quête d'un bon guide. Moyennant une bonne somme, un guide expérimenté m'a promis de me conduire à Nostria (je dois entamer ma mission d'observation en rencontrant le ministre). Sur le trajet, j'ai croisé des cavaliers de la baronne Ossyra Redtree qui patrouillaient dans les environs, en trainant un chariot de matériel. J'ai aimé partagé un repas en leur compagnie. Quel magnifique premier contact avec ces gens du Nord ! J'ai pu apprendre qu’ils sont à la recherche d’un groupe de quatre fugitifs qui ont cambriolé le coffre du Sénéchal Freddrick et assassiné plusieurs gardes de la cité de Teshkal. Les patrouilles à l’Ouest et au Sud ne les ayant pas vu passer, les cavaliers pensent qu’ils se sont enfoncés dans les steppes et ils ont renoncé à s’aventurer plus avant dans ces terres dangereuses, pensant certainement que le destin des fuyards était joué d’avance.

Je ne sais pourquoi mais mon guide avait triste mine toute la soirée. Etait-ce la présence de ces cavaliers ? Quoi qu'il en soit, quelle ne fut pas ma surprise le lendemain quand je réalisai que mon guide m'avait abandonné ! J'ai donc été obligé de cheminer seul, malgré les mises en garde de quelques passants. Je me suis fait capturer par des hommes guidé par un druide sombre. Je pensais être sacrifié sur un autel mais, je ne sais pour quelle raison, j'ai été miraculeusement épargné ! Que Thylos en soit loué ! J'étais dans une cage depuis plusieurs jours quand j'ai été secouru par quatre hommes en quête d'un félon du nom de Sandro Obadiel, riche marchand qui semble s'être joué de deux d'entre eux.
lien pour s'inscrire comme joueur à mes parties : https://goo.gl/forms/cfKjtbeR15Pjuw7g1

Avatar du membre
Floutch
Neurasien Bruyant
Messages : 129
Enregistré le : mer. 27 sept. 2017 14:48
Date de naissance : 21 nov. 1967
Localisation : Marseille

Re: PRESENTATION DES PERSONNAGES

Message par Floutch » dim. 2 déc. 2018 13:44

VIII – Chaadim - Malphéshaïa





Malphéshaïa s'affairait au dessus de l'âtre. La maisonnette n'était guère plus qu'une cabane mais le feu qui brulait sous la marmite répandait une chaleur confortable. L'odeur du ragout qu'elle cuisinait parvint jusqu'à la conscience encore chancelante de Chaadim. Il ouvrit les yeux et se redressa. La sorcière se retourna et dessina des gestes complexes dans l'air en fredonnant des mots étranges.

« dar oun temendiaz poroum delaëndial, bannbaladi, bannbaladi, bannbaladi... »

Chaadim reposa la tête et resta tranquillement allongé, comme apaisé par la douceur de la chanson et l'empathie qui s'en dégageait. Il se savait désormais en sécurité... Il replongea dans le sommeil.

Les premiers jours de sa convalescence furent des moments de quiétude qui lui offrirent l'occasion d'un deuil pour la première fois paisible. Malphéshaïa se montrait attentionnée, presque maternelle. Les soins qu'elle lui prodiguait, en nettoyant et pansant la plaie chaque jour, s'accompagnaient de ces incantations mystérieuses qui semblaient accélérer la guérison et calmer les fièvres. Bien sûr Chaadim restait circonspect car Rastoulah commandait de se tenir à l'écart de ces magies incultes, mais il apprit peu à peu à accueillir avec sagesse les bienfaits des chants de Malphéshaïa.
Bientôt il put à nouveau se lever et même s'occuper d'As'alam. Celui-ci faisait bon ménage avec Rork et Ongo, les deux loups gris compagnons de Malphéshaïa.
Passées quelques semaines Chaadim commença à aider aux travaux de la maison. L'entretien du potager était l'occasion de se remettre en mouvement.
La petite grange attenante avait bien besoin de réparations et Chaadim s'improvisa charpentier, bûcheronnant à loisir dans la forêt épaisse qui cernait la clairière. L'activité physique l'aidait à recouvrir ses forces...
Retrouvant peu à peu tout son potentiel, il prenait plaisir à accompagner les deux loups dans leurs parties de chasse. Il retrouvait ainsi ses sensations de chasseur et la table était chaque jour bien garnie de lièvres, faisans ou autres perdrix.

A la question du pourquoi elle avait sauvé Chaadim et mis en fuite Malko avant qu'il ne porte le coup de grâce, Malphéshaïa lui répondit :
« Parce que je le pouvais...
Et que ton Dieu, Rastoulah, veille... Il a conduit mes pas jusqu'à toi ... »

Alors que Chaadim sombrait dans l'inconscience, la sorcière n'avait eu aucune peine à impressionner Malko. Déjà bien éprouvé par le combat qu'il venait de mener, l'assassin avait promptement battu en retraite devant cette immense créature, semblable à un loup géant, qui avançait droit vers lui en arborant un regard haineux et affamé. Abandonnant toutes ses affaires, il prit seulement le temps d'enfourcher son cheval, de se saisir de la longe qui maintenait regroupés les chadifs et de fuir aussi vite que sa monture le lui permettait.

Après quelques semaines de convalescence Chaadim était prêt à reprendre la traque. Il partagea une dernière flambée avec la sorcière. La soirée d'adieu fut doucement silencieuse car les deux âmes avaient appris à se connaître et s'apprécier. Leurs adieux n'étaient pas sans les peiner... Mais Chaadim n'en oubliait pas pour autant sa vengeance.
Au petit matin Malphéshaïa accompagna Chaadim sur les premiers kilomètres de son périple. Avant de rebrousser chemin elle lui fit cadeau d'un pendentif qu'elle passa autour de son cou, prononça une étrange formule magique, puis disparut sous les frondaisons sans dire un mot.

Malko devait être loin maintenant. Inutile de chercher ses traces. Chaadim avait décider de rejoindre la route de Ragath où semble-t-il les voleurs envisageaient de passer, surement pour y vendre quelques bêtes avant de poursuivre leur route vers le nord. Il avait reconstitué ses provisions aussi partait-il avec une bonne réserve de viandes et de baies séchées ainsi que de pain de farine de châtaignes . Il prit avec lui le grand bouclier thorvallois que Malko avait abandonné dans sa fuite avec la ferme intention d'en apprendre le maniement mais aussi de faire déchiffrer les runes et symboles qui l'ornait dans l'espoir d'en apprendre un peu plus sur le pays d'où venait l'assassin.
La route fut paisible et sans surprises. Au sortir de la forêt elle rejoignait des paysages verdoyants et délicatement vallonés où la présence de l'homme apparaissait de plus en plus souvent. Le cavalier put faire étape plusieurs fois dans des relais pour voyageurs. Parfois même il partagea sa route avec des marchands qui sillonnaient le pays. Il se lia avec l'un d'eux, vendeur d'huile d'olive qui avait trouvé contrat pour céder tout son stock à un commerçant de Ragath. Il était ravi de la compagnie de Chaadim car bien que les routes de la région soient sûres, mieux valait-il être bien accompagné... Chaadim, quant à lui profitait de la conversation du marchand qui maitrisait le langage du khôm et lui apprenait patiemment le garethi du royaume du milieu. Au détour de quelques villages il eut confirmation qu'un homme seul et au visage marqué d'une large et fraiche cicatrice encore bandée faisait bien route vers Ragath pour y vendre ses chevaux. Malko, privé de son équipement, avait été contraint de rejoindre des routes plus fréquentées pour y trouver subsistance. Et sûrement pensait-il inutile de masquer sa fuite puisque le novadi moitié occis avait surement était dévoré par la bête...

Après trois semaines d'un voyage confortable sous un soleil de fin de printemps Chaadim atteignit les faubourgs de Ragath... La ville était grande et comptait plus d'habitants que la ville sainte de Keft. Retrouver trace de son homme ne serait pas chose aisée. De plus, subsister en ville supposait d'avoir une bourse bien ronde, ce qui était son cas grâce aux dons de ses amis de la Garde, mais il faudrait se montrer économe...
Chaadim pénétra les murs de la ville et se mit immédiatement à la recherche du marché aux bêtes. Avec ses quelques mots de garethi, il lui fallut quelques temps pour se faire comprendre mais on lui indiqua le chemin facilement.
L'endroit était bruyant et il y flottait les effluves fortes de tout les animaux dont il était possible de faire commerce. Le vacarme des poules, des brebis, des chevaux renâclants, des moutons et de leurs agneau et même des perruches en cage répondait à l'agitation bruyante des marchands et des badauds. Chaadim ne tarda pas à rencontrer Oradenn qui était plusieurs fois descendu jusqu'en pays Berbéri pour y acheter des bêtes. Le commerçant reconnu Chaadim aussitôt et l'invita à partager son repas à même l'étal ou il faisait l'article. Il lui confirma rapidement qu'un homme balafré et borgne avait tenté de lui vendre des Chadifs il y a de çà deux mois. Oradenn avait avait douté de la provenance de la marchandise et trouvé l'individu trop louche pour faire affaire avec lui. Mais il était parvenu à vendre un de ses chadifs à un dénommé Corlep bragdebour. Cédant devant la grogne des marchands de la place qui voyaient d'un fort mauvais œil cette concurrence étrangère, Malko avait quitté la ville et poursuivit sa route, nul ne savait dans quelle direction.

Oradenn invita le Novadi à profiter de la cahute que lui même n'occupait que les jours de marché. Chaadim s'installa dans l'étroite chambrée aux cloisons faites de peaux de bêtes, y déposa son paquetage et ressortit pour s'occuper d'As'Alam. Tout en passant l'étrille, l'homme et la bête partageaient un bonheur simple, qui les liés depuis toujours pourtant. As'Alam était en pleine forme. Le printemps passé a accompagner son homme sur les routes lui allait bien. Sa musculature de cheval mature était parfaite, et ses muscles saillaient au moindre mouvement. Son moral était excellent. Quand Chaadim eut fini les soins, As'Alam était magnifique...

Chaadim appris d'Oradenn que l'acheteur du chadif était un coursier qui gagnait sa vie en acheminant à travers le pays des missives ou des paquets pour les notables de la ville. Le bougre ne s'était pas trompé en achetant un chadif...
Le Corlep avait pour habitude de trainer à « l'Etron de Nuit », une taverne peu recommandable ou se retrouvaient tous les soûlards de Ragath.
Chaadim partagea la fin de journée avec Oradenn et, le soir tombant, se mit en quête de l'établissement.
Il n'avait rien en commun avec les bordels de Keft ou tout n'était que grâce et volupté, encens et senteurs de miel. L'Etron de Nuit portait bien son nom. Ici tout n'était que crasse, puanteur et vulgarité. Des filles de joies travaillaient à même les tables, des ivrognes ronflaient sans vergogne, des joueurs de cartes en venaient aux mains aussi facilement que les hommes avachis au bar qui se disputaient le tour de monter une catin. Le patron était à l'image de sa clientèle : gras, grossier et lubrique.
Chaadim s'installa dans un recoin de la salle commune et commença d'observer la faune locale. Attablé derrière une volaille rôtie et un bock d'Angbaran mousseuse, Il laissa la taverne se vider peu à peu de sa clientèle. Quand le tumulte des beuveries se fût éteint et que le personnel se mit au travail pour lessiver les sols chaadim commanda au patron de s'assoir à sa table. Puldren fut d'abord amusé du toupet du Novadi mais quelque chose dans le regard de Chaadim l'enjoignit à prudemment s'assoir.
- « Vous n'avez pas touché à votre repas sir Berb... »
- « Ta nourriture est impie... Tismin tis amanim al Rastoulah !
Tu dois me parler...
Je cherche un homme...
Un thorvallois, très grand, borgne et balafré qui se fait appeler Malko... Il est venu ici. Deux mois... Avec un de tes clients...Corlep... »
Puldren n'était pas né de la dernière pluie et balancer sur un client habituel n'était pas bon pour les affaires. Il commença de lever les mains comme pour dire qu'il ne savait rien mais Chaadim l'interrompit :
- « Vois ces tatouages sur mon visage...
… Dans mon pays, ils sont la marque des assassins... Ils disent aussi que quiconque se dressera sur mon chemin devra goûter de mon waqqif... 
… renseigne moi et tu continuera ta misérable existence... Tais toi et elle se finira aujourd'hui... »
Chaadim dégaina son poignard à la lame courbe et le posa sur la table entre les deux hommes. Il fit tourner le waqqif comme une toupie... après quelques rotations la lame s'immobilisa en pointant vers Puldren... A cet instant précis les employés de la taverne cessèrent leur ménage et une tension crispante paralysa l'assemblée. Pendant un long moment, on entendit plus un bruit . Puldren semblait soupeser la détermination du berbéri mais le regard inflexible de Chaadim finit de faire disparaître en lui toute résistance.
- « Je me souviens de votre homme mais il n'a fait que passer... Il a bu et troussé à loisir... Il est repartit dés le lendemain... »
- « Et Corlep ? »
- « Il était ici il y a encore deux jours... Mais il à quitté Ragath... Une course vers
les Monts de la Forge je crois... attendez son retour... Peut-être pourra-t-il vous aider... »
Chaadim récupéra sa lame d'un geste rapide et, de son autre main, laissa tournoyer sur sa tranche un ducat rutilent. Avant que la pièce ai cesser de tourner, Il avait quitté l'auberge.
Mardi : The Dark Eye (MJ Tharabbor)

Répondre

Retourner vers « The Dark Eye "Nomades" par Tharabbor »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 3 invités