Compte-rendus de partie

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Vanak
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Compte-rendus de partie

Message par Vanak » lun. 8 avr. 2019 12:14

Bonjour,

Dans cette partie seront disponibles les compte-rendus de partie que je m'efforcerai de vous présenter entre chaque partie. Il s'agira d'une sorte de récit héroïque des principaux événements, afin que chacun puisse se remémorer ce qu'il s'est déjà passé et ce que vos personnages ont découvert. Si certains souhaitent participer, je n'y vois pas d'inconvénient.

Vanak
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Re: Compte-rendus de partie

Message par Vanak » lun. 22 avr. 2019 12:19

"Un ennui mortel" - Première session (Partie du 21/04)

Cette histoire commence à bord de la Dame d'Oosal, une galère marchande appartenant à Maître Vornan et naviguant aux couleurs de Lysor, emportant avec elle cinq aventuriers qui semblent à première vue n'avoir pas grand chose en commun. Shalam, le Halakhi était un voyageur plus habitué à la vie en mer que sur la terre ferme. Très souvent,il faisait mention d'un certain Erfan, son Erfan, dont il semblait être très proche et qu'il cherchait sans répit depuis très longtemps. Rakbur, le fier guerrier Valgardien était quand à lui de retour dans ses terres natales du Nord de la Lémurie, voyageant souvent seul et vivant de l'argent qu'il pouvait gagner à la pointe de son épée. Daro'Xen ensuite, se trouvait être le plus érudit de la bande ainsi que le plus réservé. Il semblait disposer de très grandes connaissances en alchimie et être capable de parler plusieurs langues bien que personne ne pût véritablement déterminer, d'où lui venait cet accent si particulier. Il transportait en permanence avec lui une sorte de bâton ce qui, combiné aux robes qu'il affectionnait également, le faisait souvent passer pour un sorcier. Fendhal, dont la carrure égalait celle de Rakbur était pour sa part un invidivu peu porté à apprécier la compagnie de ses semblables, préférant celle des animaux et notamment de son compagnon à plumes Isgar qui le suivait partout. Désireux de découvrir le monde, l'Axien s'était volontairement exilé de son propre clan pour ne pas avoir à assumer la charge de chef qui devait lui revenir, lui préférant incontestablement l'appel sauvage de la nature. Enfin Mujib, le nomade, dont la peau burinée par le soleil et les tempêtes de sable trahissait ses origines méridionales, paraissait particulièrement ravi d'enfin découvrir ces lointaines terres du Nord, à la fois si proches de son désert natal et si différentes. Emmitouflé dans plusieurs épaisseurs de fourrures, même le blizzard cinglant qui soufflait depuis leur arrivée n'avait pas réussi à effacer le sourire de son visage.

Le voyage en mer fut assez long bien que loin d'être monotone. Quelques attaques de pirates ainsi que la bonne humeur mise par leur compagnon de voyage Olaf et certains marin ponctuèrent les quelques jours de navigation. Néanmoins à l'approche de la baie de Liu, principal port commercial du Khanat et destination initiale de Maître Vornan qui souhaitait hiverner là bas, les premiers frimas annonçant l'hiver se transformèrent en un violent blizzard, rendant toute navigation impossible et forçant le navire à prolonger sa halte sur l'île de Shelang qui n'aurait dû être qu'une escale. En attendant de reprendre la mer pour terminer leur voyage, les cinq aventuriers se virent donc contraints de prendre leurs quartiers dans la forteresse de l'île, en tant qu'invités de Muntal le Sourd, le maître des lieux. Shelang était une île particulièrement austère, sans véritable distraction, en dehors des parties de cartes ou de dés avec les soldats de la garnison et la fameuse bière noire de Koubrog, le cuisinier et maître brasseur de la forteresse. Chacun passa ces quelques jours à s'occuper comme il le pouvait, visitant le fanal pour en découvrir l'usage et l'entretien, explorant l'île à pied ou sur le dos de leur monture, réalisant des croquis destinés à servir de souvenirs de voyage ou bien encore s'intéressant à l'histoire locale. Mais un matin, alors que nos héros étaient en train de lentement décuver, écroulés sur les tables ou le plancher de la salle à manger, Rakbur -qui avait peut-être moins consommé d'alcool que ses camarades à moins que ce ne soit son entrainement de Valgardien qui lui ait permis de mieux résister à ses effets- se rendit compte que quelqu'un était en train de gratter à la porte. Grommelant quelque peu d'être dérangé de si bonne heure, il se décida tout de même à aller ouvrir. Mal lui en prit car les deux soldats se trouvant de l'autre côté du seuil, se ruèrent sur lui l'arme au clair et un rictus de haine sur le visage.

S'ensuivit alors un combat entre les aventuriers encore un peu êmechés et les soldats, qui tourna rapidement court et en faveur des visiteurs. Un coup d'épée bien placé de Rakbur et Mujib, la lame agile de Shalam et l'intervention de Daro'Xen eurant tôt fait d'avoir raison des intrus et en quelques secondes la salle à manger retrouva son calme habituel. A l'exception des regards consternés de Koubrog et sa fille Vana, ainsi que des habitants de la forteresse qui commençaient déjà à se masser autour des combattants, curieux de savoir ce qui s'était passé. Fendhal et Daro, en se penchant alors pour inspecter les corps des défunts soldats firent une découverte étonnante: ceux-ci avaient eu le crâne percé au niveau du front. Daro remarqua également une légère décoloration des lèvres et de la langue, semblant indiquer qu'ils avaient été empoisonnés. Rakbur, sorti dans la cour pour voir si le danger était écarté s'aperçut à ce moment que trois corps supplémentaires gisaient au niveau de la grande porte. Les autres soldats, sortis de leur quartier en raison du vacarme furent unanimes: Il s'agissait de leurs trois camarades chargés de la surveillance du fanal la nuit précédente. D'un commun accord, le groupe d'invités décida donc d'aller inspecter l'endroit pour essayer de déterminer ce qui avait bien pu arriver à ces hommes pour les rendre ainsi fou furieux. Daro prit tout de même le temps d'examiner un peu plus les cadavres qui avaient été déposés dans la chambre froide du sous-sol et fit d'autres découvertes surprenantes: Si ces hommes avaient bel et bien été empoisonnés comme il l'avait précédement supposé, le trou percé dans leur front avait été fait par un outil après leur mort.

Une fois au fanal les premiers arrivés purent remarquer que l'endroit était exactement identique à son état habituel. Rien ne semblait présager d'un quelconque drame qui y aurait eu lieu. Pour autant certains remarquèrent qu'autour de la table et des chaises servant aux soldats lors de leurs gardes, se trouvait quelques traces de ce qui semblait être du sang ainsi que d'une poussière blanchâtre. Un examen plus approfondi réalisé ensuite par Daro qui avait rejoint ses amis révéla qu'il s'agissait de poudre d'os, probablement déposé lors de la macabre perforation subie par les trois hommes de la garnison. Lorsqu'il annonça que les soldats avaient été empoisonnés, ses camarades suspectèrent d'abord la poix inflammable lorsqu'ils remarquèrent soudain un détail. S'il y avait bien de quoi manger sur la table ainsi que plusieurs chopes sentant encore la bière, nulle trace de la bouteille qui aurait pu contenir le breuvage. Ayant la conviction que quelqu'un de la forteresse se cachait derrière cet acte infâme, tous prirent la résolution de ne rien boire sans vraiment être certains de pouvoir s'y tenir. Ils se séparèrent ensuite pour suivre chacun une piste différente.

Shalam, qui souhaitait prendre le temps d'examiner un peu plus les lieux et voir si le coupable n'allait pas revenir sur les lieux de son crime, se cacha au milieu des jarres de poix mais fut bien vite repéré par la relève envoyée pour remplacer les trois malheureux. Il prit néanmoins le temps d'examiner la zone pour voir si un éventuel intrus aurait laissé quelques traces suspectes, sans grand succès. Mujib quand à lui alla interroger Lo'Han, le prêtre de la chapelle locale, pensant logiquement que si quelqu'un devait posséder des informations sur les morts ou d'éventuelles pratiques occultes, c'était probablement l'interlocuteur le plus approprié. Ce-dernier lui apprit qu'il n'existait à sa connaissance aucun sorcier ni érudit autre que lui même sur l'île, à l'exception peut-être de dame Laï Maï dont le savoir concernait plus l'étiquette et la littérature. A la question du nomade concernant le trou pratiqué dans le crâne des défunts, il répondit qu'à sa connaissance la seule raison valable était de faire sortir les mauvais esprits pouvant rendre un homme fou. Ce procédé, connu sous le nom de trépanation permettait sinon de sauver la vie du malheureux, au moins d'assurer le repos de son âme. Cette information fit réfléchir Mujib qui interrogea alors l'homme de foi sur la possibilité, non pas de faire sortir un esprit mais plutôt d'insérer quelque chose. Lo'Han fit alors savoir qu'il s'agissait probablement là de sorcellerie ce qui était bien loin de son champ de compétences.

Daro'Xen, soucieux de la tournure qu'avaient pris les événements quelques minutes plus tôt, souhaita s'assurer que les défunts soldats n'allaient pas poser de nouveau problème et fit un détour par la chambre froid. Il constata alors avec soulagement que les trois hommes ayant perdu la raison et leurs deux victimes n'avaient pas bougé. Il fut rapidement rejoint par Rakbur, qui s'était entretenu avec Koubrog mais dont il n'avait pas réussi à tirer d'information intéressante. A leur sortie dans la cour de la forteresse, ils y retrouvèrent leurs amis et firent le point sur leurs découvertes. Cherchant peut-être à éclaircir la disparition du cruchon de bière du fanal, ils décidèrent d'un commun accord de rendre une visite à Arlouk, l'intendante de la forteresse qui dirigeait les domestiques d'une main de fer dans un gant de fer. Alors qu'ils montaient l'escalier menant au deuxième étage, où se trouvait la chambre de la vieille femme, ils remarquèrent un tabouret laissé au milieu du couloir, juste devant le trophée préféré de Muntal, un jeune Arctodus empaillé. Daro ne put résister à la curiosité d'examiner l'animal de plus près et juste au moment où il remarqua le trou dans le front de la bête, celle-ci s'anima comme prise d'une volonté meurtrière, ses mâchoires claquant en se refermant là où se trouvait la tête de l'érudit quelques instants auparavant. La lutte fut âpre mais un coup de dague bien placé de Shalam dans la nuque de l'animal parti à la poursuite de Rakbur détacha presque la tête de l'ursidé. Mujib termina le travail, achevant la bête d'un coup de sabre après s'être aperçu que ses javelots ne semblaient pas très efficaces.

Les bruits de batailles attirèrent rapidement nombre d'habitants de la forteresse et de domestiques, y compris le maître des lieux, qui perdit rapidement son sang-froid à la vue de son trophée favori ainsi maltraité. Il était sur le point d'en appeler à ses hommes pour mettre les responsables aux fers lorsque Laï Maï, attirée par ses vociférations depuis l'étage supérieur vint voir ce qu'il se passait. Elle le calma rapidement, avant de le convaincre de regagner ses quartiers et de disperser les autres curieux. Puis elle questionna les visiteurs sur l'incident qui venait de se produire. Elle n'eut pas plus de réponses concernant les événements récents que les autres habitants de la forteresse, se contentant de souligner que ce genre de choses arrivent peut-être plus fréquemment dans le Khanat qu'ailleurs.

Une fois qu'elle eût elle aussi regagné ses quartiers, les cinq invités décidèrent de se partager la fouille des différentes chambres de la forteresse. Mujib s'occuperait de celle de Koubrog et Vana, pendant que Daro'xen et Shalam rendraient visite à Muntal. Rakbur quand à lui, se chargea des étages supérieurs. Shalam fit preuve d'une patience étonnante pour échanger avec Muntal, le vieux guerrier à moitié sourd se montrant un interlocuteur difficile. Ceci permis néanmoins à Daro'Xen de fouiller la pièce discrètement et de découvrir une petite bourse cachée sous des vêtements dans un tiroir, pendant que le maître des lieux exhibait fièrement son cimeterre préféré devant l'Halakhi, parfois dangereusement. A l'étage, Rakbur découvrit un Kamaï occupé à aiguiser sa hache favorite, se remémorant le bon vieux temps des exécutions quand Muntal et lui parcouraient les steppes du Khanat. Il ne trouva rien d'intéressant dans la chambre de Sharthal, en dehors de l'armure du garde du corps. Ce fut un peu plus compliqué pour celle d'Arlouk, car il lui fallut déjà convaincre l'intendante d'aller voir ailleurs -ce qui ne fut pas bien difficile étant donné le désordre règnant à l'étage du dessous- et soudoyer la domestique affairée à nettoyer la chambre. Fouillant ensuite les quartiers d'Arlouk, le Valgardien découvrit plusieurs outils bien qu'aucun ne lui ait semblé avoir récemment servi à percer un crâne. Ce fut le même constat pour Mujib avec les outils du maître-brasseur.

Lorsqu'ils se retrouvèrent dans le couloir du premier étage pour faire le point sur leurs découvertes, ils interpellèrent également Arlouk pour savoir d'où pouvait venir le tabouret laissé là. La vieille intendante leur indiqua qu'il lui semblait provenir de la cuisine et les cinq amis décidèrent donc de payer une autre visite à Koubrog, non sans avoir fouillé une deuxième fois sa chambre de manière plus approfondie. Si Rakbur ne remarqua rien de plus que Mujib, l'attention de Daro fut attirée par un cruchon de bière négligemment laissé là et mal fermé. Suspectant du poison, il en prit un échantillon et décida de l'offrir à Laï Maï. Ce fut en revanche Sharthal qui lui ouvrit cette fois, et l'homme se montra assez intransigeant, indiquant que la dame ne souhaitait pas être davantage importunée par les questions de ses invités. Il refusa également la chope de bière offerte par Daro, peut-être en raison de sa méfiance envers cet étranger peu commun, prétextant que la bière était éventée avant de refermer la porte avec rudesse.

La visite à Koubrog faillit elle aussi tourner au drame et à la confrontation lorsque Daro, donnant des explications un peu invraisemblables révéla malgré lui au cuisinier qu'il avait pris, tout comme ses amis, la liberté de fouiller dans ses quartiers sans autorisation. Le vieux Valgardien reprocha aux voyageurs leur manque de gratitude envers lui après tout ce qu'il avait fait pour les accueillir au mieux. Il se calma néanmoins quand il comprit qu'il avait probablement échappé de peu à la mort par empoisonnement, confirmant que la bière du cruchon trouvé dans sa chambre était éventée. Ce fut peut-être ce qui épargna à Rakbur la colère du maître-brasseur d'ailleurs, lorsqu'il tenta maladroitement de convaincre Vana d'aller faire diversion auprès de la dame de Shelang, suggérant une approche assez intime. Ce n'est que lorsque les héros décidèrent de prendre congé de Koubrog et sa fille que le cuisinier les interpella de nouveau, suggérant qu'ils devraient poser des questions au village s'ils s'intéressaient au folklore local. Selon lui, il y aurait forcément quelqu'un là bas pour se souvenir de vieilles histoires, les habitants de la forteresse n'étant présents sur l'île que depuis quelques années alors que les pêcheurs ne l'avaient jamais quittée.

Le sentiment des cinq amis était partagé, persuadés qu'ils étaient que quelque chose de sinistre se tramait dans la forteresse mais craignant de s'en voir interdits d'accès s'ils devaient quitter les lieux pour aller enquêter au village.

Vanak
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Re: Compte-rendus de partie

Message par Vanak » lun. 6 mai 2019 13:24

"Un ennui mortel" - Deuxième session (Partie du 05/05)

Devant l'inquiétude de ne pouvoir entrer à nouveau dans la forteresse, le groupe décida de se séparer pour aller enquêter jusqu'au village. Mujib, Fendhal et Daro iraient rendre visite aux pêcheurs pendant que Rakbur et Shalam resteraient sur place pour garder un oeil sur ce qu'il se passait au fort et en particulier sur les agissements de Laï Maï qui paraissait de plus en plus suspecte. L'Axien monta alors demander au seigneur des lieux l'autorisation d'emprunter deux des parvalus de l'écurie, apprenant à cette occasion que les pêcheurs du village ne parlaient pas couramment Lémurien mais uniquement un vieux dialecte Pin'Xi. Lorsqu'il fit part de cette information aux autres, ceux-ci décidèrent de requérir l'aide d'Arlouk dont ils espéraient qu'elle pourrait probablement se passer d'un domestique. La vieille femme leur accorda le soutien de Gabrol, un des domestiques les plus récemment arrivés du continent, qu'elle avait plusieurs fois surpris à tirer au flanc. Le jeune homme ne se fit d'ailleurs pas prier pour se soustraire à ses obligations ménagères et accompagner les aventuriers jusqu'au village. D'autant plus que Rakbur lui avait fait miroiter une petite récompense financière pour ses bons services.

Pendant que les trois cavaliers cheminaient jusqu'à l'autre bout de l'île, Rakbur décida de monter la garde en haut de l'une des tours de guet et Shalam prit en charge la surveillance de Laï Maï. La jeune femme ne fit d'ailleurs qu'une brève apparition, descendant de ses appartements pour rendre visite aux soldats de la garnison dans leur pièce commune. Shalam, qui en profita pour faire davantage connaissance avec les hommes du fort, les questionna sur la raison de la présence de la dame. Les soldats lui répondirent qu'elle s'intéressait aux étranges événements de la matinée et était venue s'informer des progrès de l'enquête. Le marin apprit également quelques rumeurs concernant la maîtresse des lieux, notamment sur ses frasques nocturnes avec certains des soldats de la garnison et sur les questions que tous semblaient se poser à Shelang en dehors de Muntal sur l'étrange relation qu'elle entretenait avec Sharthal.

De l'autre côté, Daro'Xen, Mujib et Fendhal étaient arrivés au village en compagnie de Gabrol et s'étaient mis à la recherche d'informations. On leur indiqua rapidement la hutte de Grand Père Taipai, comme l'appelaient les pêcheurs, l'ancien du village qui vivait là depuis plusieurs dizaines d'années. L'homme, qui devait approcher la centaine, vivait dans une hutte à la sortie du village dont il ne sortait quasiment jamais, bien incapable de se déplacer seul. En revanche, les jeunes du village adoraient lui rendre visite car il avait toujours des histoires à leur raconter. Le trio d'aventuriers, accompagnés de leur interprète de fortune décida donc de rencontrer le vieillard, afin d'obtenir plus d'informations sur l'histoire locale. Ce fut une entreprise délicate, l'ancien adorant effectivement raconter toutes sortes d'histoires, si bien qu'il se perdait souvent en de longs monologues qui n'avaient souvent pas grand chose à voir avec les questions posées. C'est ainsi qu'ils en apprirent presque plus sur son histoire personnelle, sur son grand père qui lui avait appris la pêche, la manière dont son meilleur ami lui avait soufflé sa promise, et autres anecdotes inintéressantes.

L'entrevue ne fut pas totalement vaine cependant car les trois amis apprirent également que ce n'était pas la première fois que les morts-vivants se réveillaient sur l'île. Selon Grand Père Taipai, cela s'était déjà produit il y a bien longtemps du fait d'un alchimiste dont tous avaient oublié le nom. Son propre grand-père lui racontait l'histoire comme celle du "Fétide" qui aurait été puni de manière fort cruelle, emmuré vivant dans son laboratoire. Ils apprirent également qu'existaient sur l'île plusieurs grottes à flanc de falaise du côté sud, bien que celles-ci ne leur fussent pas accessibles autrement que par la mer ce qui leur fut confirmé par un groupe de pêcheurs situé non loin de là. Ne voulant pas se risquer à affronter les vagues traîtresses dans le brouillard qui les enveloppait, ils prirent la décision de rentrer à la forteresse pour rassembler cordes et piolets.

Avant de prendre le chemin du retour cependant, Fendhal confia les maigres informations récoltées à Isgar qui se chargea d'aller les communiquer à leurs compagnons restés à la forteresse. Ce fut Rakbur qui vit arriver l'oiseau et devant le contenu des quelques lignes rédigées par l'Axien, ce dernier décida d'alerter immédiatement Shalam, toujours à guetter les faits et gestes de la dame de Shelang. Le Valgardien, soupçonnant quelque passage secret, demanda à son ami de l'aider à inspecter le sous-sol, désireux de vérifier si les cadavres des soldats morts le matin étaient toujours présents. Mais alors qu'ils descendaient l'escalier vers le rez-de-chaussée, Shalam crut percevoir des cris et des bruits de combat provenant du dortoir des soldats. Les deux hommes, n'écoutant que leur courage, décidèrent d'aller vérifier et quelle ne fut pas leur surprise lorsqu'ils se trouvèrent devant une petite dizaine de gardes en train de se battre.

L'un d'entre eux était déjà au sol et cinq avaient le front percé comme leurs camarades de la matinée, les vivants affrontant les morts qui semblaient infatigables. Se joignant à la bataille, Shalama arracha du mur une torchère avant de s'en servir pour fracasser ses ennemis alors que Rakbur, entré dans une rage inextinguible faisait pleuvoir les coups de sa grande épée valgardienne, tranchant les têtes et les membres de ses adversaires. Plusieurs gardes furent tués par les morts-vivants et alors que Rakbur empoignait le dernier garde vivant pour l'interroger, les deux amis eurent la mauvaise surprise de voir se relever les victimes, visiblement animés de la même frénésie meurtrière que leurs bourreaux. Le combat fut bref mais intense et une fois qu'il fut terminé, Rakbur s'aperçut que son prisonnier s'était échappé. Shalam resté derrière pour brûler les corps et s'assurer que le feu ne s'étendrait pas à l'ensemble de la forteresse, le Valgardien s'élança à la poursuite du soldat.

Ce dernier se trouvait déjà dans la cour, racontant tel un dément ce qui venait de se produire aux habitants de la forteresse médusés. Sorti en trombe du bâtiment, Rakbur empoigna l'homme et le plaqua contre le mur juste au moment où Daro, Fendhal et Mujib passaient la grande porte, stupéfaits de l'agitation qui régnait dans la cour et des actes de leur compagnon de voyage. tentant de le raisonner, le Valgardien leur expliqua rapidement l'incident du dortoir et son intention d'interroger le soldat sur les événements récents. Il apprit alors que rien d'étrange ne s'était produit depuis le drame de la matinée. Les hommes s'étaient reposés, avaient joué un peu aux cartes et aux dés puis dame Laï Maï leur avait rendu visite, suivie de Shalam. A ces révélations, le sang de Rakbur ne fit qu'un tour et il décida de confronter la maîtresse des lieux. Les cinq voyageurs prirent donc la tête du premier étage où se trouvaient les appartements de la dame mais alors qu'ils allaient y pénétrer, de force si nécessaire, un cri se fit entendre à l'étage puis un bruit sourd sur le plancher. Lorsqu'ils parvinrent en haut de l'escalier menant au deuxième étage, la scène de carnage qu'ils découvrirent leur glaça le sang.

Kamaï, le vieil exécuteur, sa grande hache à la main couverte de sang frais et sa capuche rouge sur la tête, se tenait au milieu des cadavres de plusieurs domestiques, un trou percé dans son front alors que ses yeux morts fixaient les intrus d'un regard meurtrier. Il se jeta sur eux et fut rapidement abattu par le Valgardien qui avait été le premier à réagir. Accompagné de Daro'Xen, il redescendit aussitôt en direction des appartement de Laï Maï, résolu à exiger des explications de la jeune femme. Fendhal, Shalam et Mujib, restés au deuxième pour tenter d'inspecter les corps et la chambre de Kamaï, découvrirent les mêmes traces sur les lèvres du bourreau que sur les soldats de la matinée. Un peu de poussière d'os et des crachats de sang dans la chambre les amenèrent rapidement à la conclusion que Kamaï avait lui aussi été empoisonné avant d'être la victime d'une sombre sorcellerie. C'est à ce moment précis que les domestiques massacrés par l'exécuteur se relevèrent eux aussi pour attaquer les trois aventuriers. Ces derniers combattirent vaillament et n'eurent pas grand peine à se débarasser des serviteurs qui n'avaient rien de grands combattants.

Pendant ce temps, Rakbur qui avait enfoncé la porte de la dame de Shelang, suivi de Daro commencèrent à explorer l'endroit. La grande chambre était aussi froide que déserte, de même que la garde-robe située juste à côté et la bibliothèque. Et alors que le Valgardien allait rebrousser chemin, visiblement peu intéressé par les grimoires de poésie et les autres ouvrages trônant sur les étagères, son compagnon l'interpella. Dissimulé derrière plusieurs livres, il avait remarqué une étrange pierre dans le mur. En la poussant, l'une des bibliothèques pivota, révélant un escalier dissimulé dans l'épaisseur de la muraille et descendant dans les profondeurs de la forteresse. Une faible lumière éclairait un petit couloir en contrebas et un courant d'air glacial remonta l'escalier. Les deux héros prirent pourtant la décision de descendre sans attendre leurs camarades encore à l'étage et s'engouffrèrent dans le passage secret. Arrivés en bas, il purent apercevoir une pièce au bout d'un long et étroit couloir souterrain, des murmures et des silhouettes bougeant dans l'ombre trahissant la présence de possibles ennemis. Rien n'aurait pourtant pu les préparer à ce qu'ils découvrirent en entrant dans l'ancien laboratoire oublié de tous.

Au milieu de tables couvertes de matériel d'alchimie et d'ingrédients tous plus étranges les uns que les autres, Laï Maï se tenait avec Sharthal, un sourire dément sur le visage. Devant eux, les cinq pauvres diables morts dans la cour le matin-même étaient de nouveau debouts, arme à la main et un trou dans le front trahissant leur véritable nature. Ce qui les inquiéta plus encore en revanche, fut l'étrange squelette se trouvant derrière. Niché dans une cavité à moitié écroulée et vêtu de vêtements depuis longtemps en lambeaux, il semblait pourtant anormalement vivant, ses machoîres animées lui donnant l'air de parler bien qu'aucun son ne sorte de sa bouche. Immédiatement, les combattants s'élancèrent en direction des intrus alors que des nuées de vermine en tous genres déferlaient par la cavité dans laquelle se trouvait le squelette. Daro'Xen et Rakbur n'eurent d'autre choix que de se replier dans le couloir en direction de l'escalier afin d'éviter d'avoir à affronter l'ensemble de leurs adversaires.

Ils eurent à peine le temps de reculer que déjà la vermine les atteignait, s'en prenant au guerrier et l'escaladant, s'infiltrant sous ses vêtements et le mordant, le piquant de leurs dents et de leurs pinces, l'empêchant même d'appeler à l'aide tellement leur nombre était important. Ce fut donc Daro qui s'en chargea, bien que beaucoup trop loin pour que leurs camarades puissent les entendre. Ces derniers, qui avaient enfin terminé de fouiller le deuxième étage commençaient tout juste à s'inquiéter de ce que pouvaient bien faire leurs deux compagnons et c'est en redescendant au premier étage qu'ils perçurent enfin les bruits du combat et la voix de l'alchimiste. Il leur fallu quelques longues secondes pour découvrir par où ils avaient disparus, mais par chance, les portes des appartements de Laï Maï et celle de sa bibliothèque étaient restées ouvertes. Lorsqu'ils rejoignirent leurs amis au sous-sol, Rakbur venait tout juste de se débarasser de la vermine qui l'assaillait et Daro tentait tant bien que mal de remonter l'escalier son étrange bâton à la main. Ils se joignirent au combat qui fut intense, plusieurs d'entre eux se retrouvant victimes de murmures résonnant à l'intérieur de leurs crânes qui leur occasionnèrent de vives douleurs. Pourtant, Shalam dans un acte héroique, parvint à capturer Laï Maï, alors même que la voix du Fétide lui parvenait, lui donnant l'impression que son crâne allait exploser. Ce furent alors Fendhal et Rakbur, dans une charge héroïque qui portèrent le coup fatal à leur ennemi, fracassant les restes du nécromancien prisonnier et libérant son esprit tourmenté.

Tous se rendirent rapidement compte de la folie de leur hôte, visiblement corrompue par la vile influence de cet esprit néfaste. Dans un geste de vengeance, Daro'xen décocha un projectile de son bâton directement dans la jambe de la jeune femme, lui arrachant un cri d'agonie. Souhaitant néanmoins que son époux puisse la juger pour ses actes, il entreprit de stopper le saignement afin qu'elle ne meure pas de ses blessures. Cette tentative fut malheureusement bien peu récompensée, car lorsqu'ils partirent chercher Muntal, ils découvrirent le seigneur de Shelang mort, à l'évidence assassiné par Sharthal sur ordre de son épouse. Les cinq amis se concertèrent un bref instant pour savoir ce qu'il convenait de faire de la traîtresse mais Rakbur qui la portait toujours depuis qu'ils étaient sortis du sous-sol décida d'appliquer immédiatement la sentence qui lui paraissait appropriée. Montant jusqu'en haut d'une des tours de guets encadrant la porte principale, il passa une corde autour du cou de la sorcière avant de la jeter dans le vide, laissant son cadavre à la vue d'éventuels visiteurs venus depuis le village, tel un sinistre avertissement du sort réservé à ses adversaires.

Epuisés par la bataille, les cinq héros profitèrent d'une soirée bien arrosée par la fameuse bière noire de Koubrog bien que l'ambiance ne fut pas particulièrement chaleureuse étant donné les drames de la journée. Vana, traumatisée par ces événements, ne tenait d'ailleurs pas à passer une journée de plus sur cette île maudite et supplia son père d'accompagner les voyageurs à bord de la Dame d'Oosal. Koubrog, qui ne pouvait rien refuser à sa fille chérie accepta, rien ne le retenant en ces lieux particulièrement isolés. Le brouillard s'étant enfin levé, rendant la mer navigable, le petit groupe prit donc la direction du village dès le lendemain matin afin d'embarquer sur le navire de Maître Vornan, laissant Shelang entre les mains expertes d'Arlouk jusqu'à la venue d'un nouveau seigneur.

Le voyage jusqu'à Liu fut sans encombre, animé seulement par les beuveries de l'équipage à la bière noire de Koubrog et les récits de voyage des aventuriers ainsi que d'Olaf et Maître Vornan. Une fois arrivés à bon port, chacun entreprit de procéder à quelques emplettes grâce au butin amassé dans le laboratoire ainsi que les quelques richesses remises à titre de remerciement par les survivants de Shelang. Shalam de son côté décida de partir à la recherche d'informations sur Erfan, se plongeant donc dans les bas fonds de Liu pour dénicher quelque élément susceptible de lui permettre de retrouver sa trace. Enfin, il fit don de sa part de butin restante au temple le plus proche, en offrande à la déesse Piandra dont les faveurs lui seraient certainement profitables.

Fendhal, quand à lui avait entendu parler du savoir faire Ghataï en matière de facture d'arc et entreprit de trouver un artisan capable de lui fabriquer une pièce à la mesure de sa passion pour la chasse. Une fois satisfait, il dépensa une partie des fonds restant afin de se procurer un kroak dressé pour la monte afin de rejoindre son clan auquel il souhaitait remettre le reste du butin. L'alchimiste du groupe Daro'Xen préféra quand à lui conserver sa part des ingrédients récupérés dans le laboratoire, qu'il comptait bien pouvoir réutiliser à son compte. Néanmoins, il vendit le surplus afin de financer quelques ouvrages traitant de médecine afin de parfaire ses connaissances en anatomie.

De son côté, Mujib qui avait enfin fini par s'habituer tant bien que mal au froid glacial régnant jour et nuit au Nord de l'Axos avait lui aussi décidé de renforcer un peu son équipement. Il s'était en effet plusieurs fois retrouvé à court de javelots, à devoir se battre avec son cimeterre et préférait tout de même avoir une autre alternative. Imitant Fendhal, par lequel il avait lui aussi entendu parler des fameux arcs Ghataï, il se fit aussi fabriquer une arme par un artisan local. Taillé dans une corne de Morska, l'objet était étonnant dans les mains du Beshaari. En fin cavalier, il décida de plus de mettre à profit les talents de tanneurs des artisans du coin, habitués au travail des peaux pour faire concevoir une armure pour Sauterelle, destinée à protéger l'animal tant des prédateurs que du climat glacial.

Pour finir, Rakbur s'arrangea pour faire améliorer sa grande épée Valgardienne qu'il affectionnait tout particulièrement, certains allant même jusqu'à dire qu'elle était sa plus fidèle compagne. Il en profita donc pour y faire ajouter une garde et aiguiser la lame, qui en avait grand besoin au regard du nombre de têtes tranchées récemment. En bon vivant, il dépensa le reste de ses gains en femmes, en festins et en beuveries pendant les jours qui suivirent.

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Date de naissance : 08 oct. 1985

Re: Compte-rendus de partie

Message par Vanak » dim. 7 juil. 2019 14:38

Partie du 05/07

Confortablement installés autour d'une table d'une taverne située dans la ville de Stalheim, les trois amis savouraient une bonne bière lorsque leur conversation fut soudain interrompue par l'arrivée d'une jeune femme qui agressa Daro gratuitement, lui cognant la tête contre la table en arrivant derrière lui. Pour autant, le voyageur ne sembla pas surpris lorsqu'il constata l'identité de son assaillante qui n'était autre que sa soeur Tali'Xen. Celle-ci avec un large sourire, fit savoir qu'elle était porteuse d'un message pour lui et Daro se leva pour l'entraîner à l'écart sous le regard incrédule de Mujib et Fendhal qui se demandaient encore ce qui venait de se passer.

La discussion entre le frère et la soeur semblait assez vive, Tali s'agitant énergiquement en faisant de grands gestes alors que Daro semblait tenter de contenir ses débordements. La scène commençait d'ailleurs à attirer l'attention de certains clients de la taverne. C'est à ce moment qu'Olaf, le voyageur qui les avait accompagnés pendant leur voyage sur la Dame d'Oosal et ensuite depuis Shelang apparut au milieu de la foule, tenant plusieurs chopes de bière dans sa main valide. S'asseyant à la table de Mujib et Fendhal, il invita les deux voyageurs à boire avec lui tout en posant des questions sur leurs aventures dans les terres du Nord depuis que leurs chemins s'étaient séparés quelques semaines auparavant. Les deux hommes lui répondirent qu'ils étaient à la recherche de travail, leurs bourses commençant à se faire désespérément vides. Olaf eut un petit sourire puis se pencha vers eux, avouant qu'il aurait peut-être de quoi les aider à se remplir les poches.

Il commença par leur expliquer qu'il avait surpris quelques jours plus tôt, une conversation entre quelques guerriers de retour des montagnes, qui pourrait peut-être leur founir quelque opportunité. En effet, les mercenaires racontaient leur dernière visite d'un vieux temple de Dyr et les richesses qu'ils avaient aperçues là bas. En particulier, ils avaient fait mention d'une magnifique corne noire, couverte de gravures et de dorures dont la description avait immédiatement suscité la curiosité du Valgardien. Olaf était persuadé qu'il s'agissait de la légendaire corne de Hrulf, un trésor et héritage familial dérobé au père de l'actuel Jarl Cneph le Noir, seigneur de Midburg tout comme il était persuadé que l'homme les récompenserait généreusement s'ils devaient parvenir à lui rapporter.

C'est alors que Daro revint, accompagné de Tali et annonça avec une certaine tristesse qu'il devait malheureusement quitter le Valgard pour retourner auprès des siens pour régler une question d'ordre personnel. En revanche, Tali était quand à elle ravie de rester et porter assistance à ses amis en son absence. Une fois qu'il eut expliqué la situation et fut monté préparer ses affaires, Olaf poursuivit de présenter son projet à ses camarades. Il s'agissait de s'infiltrer à l'intérieur du temple à la faveur d'un festival qui devait avoir lieu prochainement, de subtiliser la corne et de la rapporter au jarl Cneph. Il ne souhaitait en revanche pas entreprendre la chose sans aide, nombre des clans Axiens n'étant pas réputés pour leur hospitalité. Bien sûr, il partagerait la récompense fournie avec ceux qui voudraient bien l'aider et il avait pensé à ses camarades de voyage, dont il connaissait l'efficacité après les mésaventures de l'île de Shelang. Il avait d'ailleurs déjà effectué sa petite enquête et put fournir quelques informations au groupe sur l'emplacement du village et du temple ainsi que sur les prêtres qui en avaient la garde.

Une fois que l'affaire fut entendue, Olaf prit congé presque au moment-même où Daro redescendait et s'apprêtait à prendre la route. Il fit assez rapidement ses adieux à ses compagnons de voyage ainsi qu'à sa soeur, confiant cette dernière à leurs bons soins. Il promit de revenir lorsque la situation au sein de son clan serait réglée.

Le plan d'Olaf consistant à s'introduire dans le village en se faisant passer pour des pélerins venus participer au festival, Mujib et Fendhal décidèrent de ne pas emprunter leurs montures respectives qui risquaient de trop attirer l'attention sur eux. Il fut décidé qu'Olaf, Fendhal, originaire des montagnes, et Tali, qui était étrangement capable de parler un Axien parfait, s'introduiraient dans le village par la ruse et aideraient Mujib à escalader la falaise, le nomade du désert pouvant difficilement passer inaperçu au milieu des rudes guerriers nordiques. L'Axien et le Beshaari se mirent donc en quête de leur ami Koubrog, brasseur de son état, qu'ils savaient être originaire de la ville ainsi que de matériel d'escalade et de provisions pour le voyage. Tali quand à elle décida de rester profiter de son repas et de la chambre qu'elle avait déjà louée pour la nuit.

L'atelier du maître brasseur ne fut pas bien difficile à localiser, la famille étant bien connue à Stalheim du temps du père de Koubrog. Les retrouvailles furent chaleureuses, Koubrog assaillant les deux hommes de question sur leurs aventures récentes et les remerciant de nouveau pour l'aide qu'ils lui avaient apportée. Il consentit à leur donner quelques provisions pour le voyage, en particulier un tonnelet de sa fameuse bière noire. Mais rapidement, le petit groupe fut surpris par des coups à la porte. Allant ouvrir, Koubrog tomba nez à nez avec Tali, apparemment à la recherche de ses deux chaperons suite à un incident à l'auberge. N'écoutant que leur instinct, Fendhal et Mujib décidèrent d'aller voir ce qu'il en était, persuadés qu'une fermeture aussi étrange de l'établissement ne pouvait que dissimuler quelque problème. Avant de partir, ils confièrent toutefois leurs montures à la bonne garde du Valgardien.

Une fois sur place, ils trouvèrent effectivement porte close. C'était comme si la taverne dans laquelle ils étaient à peine une heure plus tôt s'était entièrement vidée de toute sa clientèle en leur absence. Après avoir fait le tour du bâtiment, ils trouvèrent une porte entrouverte à l'arrière et pénétrèrent à l'intérieur pour se retrouver dans la cuisine. Là, du bruit provenant d'une trappe donnant sur un escalier descendant à la cave attira leur attention. Appellant pour vérifier la présence de quelqu'un, ils virent assez rapidement apparaître le visage de l'aubergiste, une chandelle dans une main et un balai dans l'autre. L'homme ne semblait pas très à l'aise et insistait pour que le petit groupe quitte son établissement, prétextant qu'il devait fermer en raison d'un problème d'approvisionnement. Mujib et Fendhal ayant rapidement compris qu'il s'agissait en réalité d'un problème de vermine, ils proposèrent leur aide et éliminèrent rapidement le nuisible. Cependant la taille et l'apparence étrange de l'animal mirent la puce à l'oreille de Mujib, qui questionna Tali sur la provenance de celui-ci. La jeune femme admit aussitôt être responsable de l'incident, ayant invoqué la bestiole afin de tenter d'effrayer quelques clients un peu trop insistants plus tôt dans la soirée. Les choses avaient ensuite rapidement échappé à tout contrôle, lorsque le tavernier avait aperçu le rat et invité tous ses convives à sortir. L'homme les invita d'ailleurs à rester pour la nuit pour les remercier d'avoir résolu son problème, ne manquant pas au passage d'insister sur la discrétion nécessaire au sujet de cette affaire. Tali qui se sentait quelque peu coupable des conséquences imprévues de sa petite farce, n'insista pas pour récupérer l'argent déjà remis pour sa chambre.

Le lendemain matin, le petit groupe retrouva Olaf, qui après avoir pris un lait de chèvre en leur compagnie et s'être assuré qu'ils disposaient des provisions nécessaires pour les quelques jours de voyage prévus, leur fit comprendre qu'il était temps de se mettre en route. Le voyage se passa d'ailleurs relativement sans encombre jusqu'à destination. Une fois sur place, les quatre aventuriers purent découvrir le petit village de Nuvar où se trouvait le temple. Selon la légende, celui-ci était construit sur le promontoire rocheux constitué des restes de l'Orbe Stellaire, la météorite envoyée par Sa'Tel à partir de laquelle Yrzlak avait forgé l'Orbelame. En effet, à quelque distance de leur position, en haut d'un promontoire d'environ soixante mètres de haut, se trouvait le temple, au centre du petit village qui l'entourait, lui même ceint d'une palissade de bois. Un petit chemin escarpé serpentait sur tout le tour du pic rocheux, menant de la base située près d'une entrée de mine jusqu'à la porte de la palissade. Au pied de la falaise, quelques dizaines de tentes étaient occupées par des festivaliers, la plupart déjà bien émêchés. La présence de chiens et de parvalus compliquaient légèrement l'approche.

Ne souhaitant pas pour autant modifier leurs plans, le groupe attendit le crépuscule pour faire le tour de la zone, s'apercevant rapidement qu'en dehors des montagnes, le seul accès était la vallée par laquelle ils étaient arrivés. Quelques arbres en contrebas de la falaise fourniraient un couvert suffisant pour Mujib, qui devait attendre que ses camarades infiltrent le village en se faisant passer pour des pélerins. Les trois compères le laissèrent donc sur place avant de se rapprocher des gardes situés au bas du sentier. Ceux-ci les arrêtèrent un moment afin qu'ils déclinent leurs intentions et insistèrent sur le caractère sacré du temple. S'il était autorisé de se battre, faire couler le sang leur vaudrait de faire partie des sacrifices en l'honneur de Dyr. Une fois parvenus jusqu'en haut, un spectacle saisissant s'offrait à leurs yeux.

Sur la place pavée, autour d'une grande statue en bois représentant Dyr, nombre de guerriers étaient en train de profiter des festivités, mangeant, buvant, dansant et braillant quand ils n'étaient pas en train de se battre ou de s'accoupler. Quelques esclaves, enchaînés à de solides poteaux en bois étaient à l'écart, d'autres s'affairant à entretenir les brasiers ainsi qu'à remplir les verres et les panses. Un groupe d'hommes, déjà passablement avinés, avaient jeté leur dévolu sur l'une d'entre elles et disparurent en sa compagnie à l'intérieur d'un bâtiment. La lueur dansante et rougeoyante des multiples brasiers donnait à l'ensemble un air surnaturel et l'ambiance fit frissonner Tali et Fendhal, révoltés des pratiques barbares de ce clan.

Il leur fallait néanmoins encore trouver le moyen d'aider Mujib à les rejoindre. Se faufilant à travers la foule au milieu des odeurs de viande rôtie, d'alcool et de sueur, ils se dirigèrent donc vers la face Est du promontoire, où ils savaient que le Beshaari devait les attendre. La nuit étant tombée, il était particulièrement difficile de repérer quoi que ce soit en revanche. Qui plus est, le guerrier de faction sur le chemin de ronde ne facilitait pas les choses. Fendhal envoya donc Isgar en reconnaissance, lui donnant l'ordre de retrouver leur compagnon afin qu'il puisse signaler sa position. Une fois en haut du rempart, Olaf disparut quelque temps à la suite du vigile. De leur côté, Fendhal et Tali s'affairèrent à faire monter Mujib par la falaise, le premier déroulant une corde qu'ils avaient apportée avec eux, la deuxième en faisant étalage de ses connaissances occultes pour aider leur compagnon grâce à la sorcellerie. Le nomade avait à peine terminé son ascension qu'Olaf revint vers le petit groupe, annonçant qu'il s'était chargé de leur petit problème de garde et que personne ne viendrait les déranger.

Au même moment, une clameur s'éleva du côté de la place, accompagnée par le bruit des armes frappées contre les boucliers. C'est alors que les aventuriers virent entrer par la grande porte, un cavalier dont l'attitude et l'apparence désignait clairement le chef du clan. De plus, les acclamations de sa cohorte révélèrent son nom: Rorik. Celui-ci mit pied à terre puis piocha dans les fontes de sa selle pour en sortir deux crânes qu'un esclave vint aussitôt remplir. Deux prêtres, un assez vieux et dont la ressemblance avec le guerrier ne laissait aucun doute sur leur parenté, et un autre nettement plus jeune qui l'accompagnait et le guidait s'approchaient déjà de lui. Rorik pressa l'un des crânes dans la main du vieillard et ils portèrent ensemble un toast avant de jeter leur contenant dans le plus proche brasier et de se mêler à la foule avec l'ensemble des guerriers.

A la faveur de cette opportune diversion, les quatre amis entreprirent d'examiner plus en détail le temple dont ils découvrirent une entrée latérale, donnant sur un petit lieu de culte. Quelques voix se faisaient entendre de l'intérieur bien que le tumulte du festival ne leur permettait pas de comprendre quoi que ce soit des échanges. Ils hésitèrent longuement, ne voulant pas se jeter dans un piège mais finirent tout de même par entrer et s'approcher de la porte ouverte de l'autre côté, donnant sur le hall principal. Là, ils s'aperçurent que deux guerriers gardaient le couloir vers le sanctuaire intérieur, deux des prêtres discutant autour d'un brasero, bientôt rejoints par leurs deux camarades. Après une brève concertation, l'équipe opta pour une attaque surprise. Le combat fut bref, les deux guerriers rapidement éliminés par Olaf et Mujib pendant que Fendhal et Tali s'occupaient des prêtres. Trois furent blessés à mort, le dernier finalement maîtrisé par Tali qui ne put résister à sa colère et lui infligea une mort douloureuse, le sortilège lancé lui brûlant l'oeil et le cerveau. Toutes les menaces immédiates désormais éliminées, le groupe se trouvait juste en haut de l'escalier descendant vers le sanctuaire intérieur.

Vanak
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Re: Compte-rendus de partie

Message par Vanak » mar. 30 juil. 2019 11:48

Une fois qu'ils eurent repris leurs esprits, les quatre amis réalisèrent rapidement qu'il n'y avait désormais plus de retour en arrière possible. Ils venaient d'abattre plusieurs hommes de ce clan des montagnes, pire encore, plusieurs prêtres du dieu qu'il vénérait. Olaf, Mujib et Fendhal décidèrent de fouiller les cadavres et de barricader la porte principale du temple donnant sur la grand-place du village pendant que Tali questionnait leur prisonnier. Celui-ci, bien que piètre combattant, disposait tout de même d'une certaine force physique qui mit la sorcière en difficulté, au point qu'elle dut demander de l'aide à ses camarades pour le maîtriser.

L'homme ne se montra pas particulièrement loquace en revanche, se contentant de maudire ses agresseurs et de leur promettre qu'ils seraient bientôt foudroyés par la colère de Dyr. Ayant découvert deux clés sur les cadavres des autres prêtres, Fendhal voulut vérifier si celui-ci en portait une également. Tali ne mit pas longtemps à lui arracher le sésame porté en pendentif autour de son cou à l'aide d'une cordelette. Mujib, qui était lui descendu dans le passage menant vers le sanctuaire intérieur, était tombé nez à nez avec une massive porte en métal à double battant, le visage furieux de Dyr apparaissant en relief sur chacun d'entre eux. Ses amis l'ayant bientôt rejoint, ils entreprirent d'examiner cette porte.

Et ce fut Olaf qui remarqua quelque chose d'étrange, passé inaperçu aux yeux des autres. En effet, de petits trous situés dans les narines et la bouche des visages du dieu lui avaient permis de découvrir le piège mortel tendu aux intrus qui tenteraient de venir dérober les trésors du temple. Néanmoins, il n'avait pas pu déterminer de quelle manière éviter de déclencher le piège en question. Mujib, qui paraissait songeur, s'intéressa quand à lui à une éventuelle serrure et fut surpris de découvrir que chaque battant comportait la sienne. Intrigué, il en profita pour examiner les clés trouvées quelques instants plus tôt sur les prêtres et son oeil avisé remarqua immédiatement de très légères traces d'usure. Remarquant alors les différences subtiles entre ces dernières, il suggéra à Olaf de tourner les clés en même temps mais dans des sens différents. Les deux hommes prirent alors leur courage à deux mains pendant que leurs camarades s'abritaient derrière des boucliers récupérés aux murs et sur les vaincus. Comme prévu, les deux clés pivotèrent ensemble et un déclic se fit alors entendre, un frisson parcourant l'échine des quatre hommes. Mais contre toute attente, rien ne se produisit.

Ils décidèrent alors de pousser la lourde double porte et celle-ci, déverouillée s'ouvrit pour révéler les trésors qu'elle protégeait. Quantité d'or, de joyaux et d'objets précieux entassés là négligemment et, sur un autel au milieu de la pièce, une magnifique corne d'un noir brillant, couverte d'étranges symboles dorés. Dans sa précipitation, Olaf allait s'en emparer quand ses amis le retinrent. Soupçonnant un nouveau piège, ils prirent le temps d'examiner les lieux attentivement avant de récupérer le trésor qu'ils étaient venus chercher, désormais convaincus que rien de néfaste n'allait se produire. Chacun prit également le temps de remplir ses poches d'autant de richesses que possible, Olaf les pressant de ressortir, de peur d'être découverts et d'avoir affaire à de nombreux guerriers en colère.

A peine étaient ils arrivés en haut de l'escalier menant au sanctuaire intérieur qu'ils entendirent des vociférations de l'autre côté de la porte barricadée. A l'évidence, les festivaliers venaient de se rendre compte que quelque chose d'anormal avait eu lieu au temple et déjà la voix puissante de Rorik tonnait alors qu'il donnait ordre à ses guerriers de contourner le bâtiment pendant que d'autres se chargeaient d'enfoncer la porte. Les aventuriers, décidèrent donc rapidement de ressortir par l'entrée latérale qu'ils avaient empruntée pour se faufiler à l'intérieur. Mais alors qu'ils traversaient la rue, un groupe d'Axiens apparut à l'angle du temple et se mit à crier en les apercevant. Talonnés par leurs poursuivants, il se virent contraints de fuir aussi vite que possible. Ils arrivèrent rapidement à la corde utilisée par Mujib pour escalader la falaise, fort heureusement restée accrochée et offrant une issue plus que bienvenue. Olaf ne perdit pas de temps et se jeta dans le vide à l'aide de la corde, bientôt rejoint par Mujib. Pendant les quelques secondes que dura la descente, Fendhal et Tali s'aperçurent avec stupeur qu'un groupe de cavaliers arrivaient en direction du village par la vallée qu'ils avaient empruntée pour venir, bloquant toute fuite de ce côté. Qu'importe, il leur fallait tenter de sauver leurs vies et Fendhal, n'écoutant que son courage, empoigna la corde pour descendre aussi vite que possible, les hurlements furieux de leurs poursuivants se faisant déjà entendre derrière eux. Tali préféra quand à elle utiliser la magie pour gagner du temps et se retrouva en bas en même temps que son camarade Axien.

Devant les quatre héros, se dressaient les montagnes de l'Axos, apparemment infranchissables et pourtant la seule voie qui s'offrait à eux. Volant des chevaux à un groupe de festivaliers avinés qui se reposaient là, ils se mirent en selle et partirent aussi vite que possible en direction des montagnes afin de tenter d'échapper aux hommes de Rorik. Rapidement ils s'enfoncèrent dans la neige et la glace, toujours poursuivis par les aboiements des chiens, les cris des guerriers et les sifflements des flèches tirées qui s'enfonçaient autour d'eux dans la neige molle sans qu'aucune n'atteigne sa cible. Après quelques minutes de poursuite, ils avaient distancé la majorité de leurs poursuivants, seul un groupe de guerriers accompagnés de leurs chiens ayant réussi à tenir le rythme. Pourtant, la neige et le relief accidenté devant eux rendaient impossible de continuer à cheval et ils durent mettre pied à terre avant de se lancer dans l'ascension des montagnes. Bientôt rattrapés par les chiens, ils se battirent farouchement et réussirent même à se défaire de leurs adversaires.

Mais alors qu'ils reprenaient leur souffle, un grondement sourd commençait à se faire entendre, devenant rapidement plus puissant jusqu'à devenir assourdissant. Ils pouvaient presque sentir le sol trembler, quelques cailloux manquant de tomber sur eux jusqu'à ce qu'ils réalisent avec horreur, qu'une avalanche s'abattait sur eux.

Mujib fut le premier à se réveiller, totalement enseveli par la neige. Et alors qu'il reprenait ses esprits, il ressentit soudain une vive douleur dans l'avant-bras avant d'être tiré de l'obscurité et ébloui par la lumière du soleil. Le soulagement fut bref cependant, car lorsque ses yeux se furent habitués à cette nouvelle luminosité, il se rendit compte qu'il avait été tiré de la neige par un loup géant, celui-ci ayant probablement l'intention de faire de lui son prochain repas. Son congénère avait d'ailleurs déjà commencé à satisfaire son appétit quelques mètres plus loin et le hurlement de douleur qui se transforma bientôt en un râle d'agonie fut si puissant qu'il réveilla Fendhal et Tali, eux aussi ensevelis par l'avalanche. Mujib dut donc se résoudre à combattre seul l'animal et eut toutes les peines du monde à se libérer de ses puissantes mâchoires.

Fendhal et Tali qui avaient réussi à s'extirper par leurs propres moyens, se joignirent bientôt au combat bien que la sorcière eut perdu son arme, emportée par l'avalanche.

A suivre

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