Saison 2 - Pieces of mind

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angeldust
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Saison 2 - Pieces of mind

Message par angeldust » sam. 21 mai 2016 18:23

A vos plumes pour la saison 2 :mrgreen:
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Samash
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Re: Saison 2 - Pieces of mind

Message par Samash » ven. 27 mai 2016 03:04

Episode 1 : Welcome into my world
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A la sortie de l'aéroport de la Nouvelle Orléans, Théodore et Elizabeth partagent un taxi pour se rendre sur le lieu de rendez-vous, le Lady's Night...

Cette ville a bien changée en vingt ans... La festivité ambiante semble avoir disparue pour laisser sa place à une morosité persistante. Et je me rappelle. Mes souvenirs se heurtent à ma pensée telle une déferlante. Cette visi…

C’est à ce moment qu’Elizabeth pose sa tête sur l'épaule de Théodore.

« Tu es toujours aussi confortable...même si je ne peux me contenter que de ça pour l'instant... ».

Je ne peux m’empêcher de sourire...Elle est ses grands airs et sa chevelure blonde platine.

Théodore en profite pour embrasser Elizabeth sur le front tout en lui caressant les cheveux.

« - Mais c'est que le Chevalier Caufield prendrait des initiatives...oulala
- Tu ne t'arrêtes jamais hein?
- Il faut bien que je te redonne le sourire, tu es tout pâle... ».

Le souvenir de la dernière conversation avec le Roi d'Angleterre revient à Théodore.

« - Théodore... Mon cher Théodore. Il te sera nécessaire un jour d'accepter ton passé. Il fait partie de toi. Il te sera nécessaire de l'accepter pour avancer. Il t’a façonné et il t’a guidé pour devenir ce que tu es aujourd'hui... Nos erreurs, nos choix, sont le gage de notre immortalité... Nous devons vivre avec nos démons, nos peurs, pour avancer dans les ténèbres de la nuit éternelle. J'ai conscience de ce que je te demande. Tu vas affronter tes plus grandes peurs..J'ai cependant confiance... Tu ressortiras grandi de cette expérience... N'oublie pas... Nous sommes toujours notre plus grand ennemi... ».

Le taxi arrive à destination. Théodore et Elizabeth descendent du véhicule. Théodore fait face au Lady's Night.

Il ne faut qu'une demi seconde pour que tous les souvenirs de ma jeunesse orléanaise resurgissent... J'essaye tant bien que mal de refermer cette vanne émotionnelle. Je me dois de la refermer pour ne pas chuter, pour ne pas affronter la réalité...

Alors qu'Elizabeth, accompagnée de la délégation anglaise, se dirige vers le Lady's Night, Théodore regarde les étoiles du ciel de la Nouvelle Orléans...



«  - Je prends cinq minutes, j’arrive ».

Elizabeth se retourne alors et se rapproche de Théodore pour murmurer à son oreille :



« - Prends tout le temps que tu veux…mais sache que je risque…peut-être…plus tard...de t’arracher cette chemise… ».


Après avoir adressé un clin d’œil à Théodore, Elizabeth repart en direction de l’entrée du Lady’s Night. Théodore en profite pour longer les murs du bar et s’asseoir sur un des rebords pour s’adonner à son activité favorite, celle qui réussit à le calmer, celle qui réussit à l’apaiser, l’observation. C'est alors que Théodore observe alors un couple et leur fille entrer dans le bar.


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Ils ont l’air heureux. La petite fille semble folle de joie à voir le spectacle de magie que propose le Lady’s Night…Ce magicien est peut-être notre contact…Le Prince Vidal et ses délires…

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Et je la vois dans cette robe de mariée, sa peau se déchirant et s’affaissant de secondes en secondes tout en faisant apparaître de nombreux pétales de roses... Elle hurle silencieusement en essayant de tendre une de ses mains vers moi...

« - Joy…» murmure Théodore...A croire que je suis devenu fataliste... Ce Théodore n'est plus...Cette ancienne vie à disparue...

« - Je crois que tu as des comptes à régler avec la personne derrière ». Il n’a fallu qu’une phrase. Quelques mots suffisent à changer une vie…A l’anéantir… Il faudra que je me rende au cimetière Saint-Louis… Et que sont devenus Aimé et Black Sad ? Ont-ils eu une chance eux aussi ? Eliot et sa nouvelle vie à New York?

Le Crossroads...

« Qu’est-ce que je fais ici… ? » murmure Théodore.

Théodore ère alors dans le silence avant de rejoindre la délégation et Elizabeth au sein du Lady’s Night…


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Ce magicien a vraiment un drôle d'accoutrement mais pourtant, il m'inspire confiance... Il est peut être temps de repartir du bon pied...

Théodore prend alors place pour assister au spectacle tout en continuant d'observer, en silence...



Ce bar a bien changé en vingt ans…
Cette ville a bien changée en vingt ans…
J’ai bien changé en vingt ans…
Modifié en dernier par Samash le jeu. 16 juin 2016 12:37, modifié 1 fois.
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Xiam
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Re: Saison 2 - Pieces of mind

Message par Xiam » ven. 27 mai 2016 09:01

Episode 1- Welcome into my world


Mon sommeil est sans repos.
La tourmente de mes visions, et des souvenirs qu’elles remuent, me pousse à bout.
Le Rêve était mon domaine, mon art, mon refuge. Rêver est ma torture...
Revivre sans cesse des scènes sur lesquelles je n’ai aucune emprise, y retrouver ces visages que l’on cherche à oublier mais qui remontent toujours à la surface, inexorablement, peu importe la profondeur à laquelle on cherche à les enfouir; comme ces cadavres que l’on leste mais qui remontent flotter sur l’eau lors des grandes crues du Mississippi.

Pas de respiration lorsque j’émerge de l’onde; les deux éléments, l’eau puis l’air, glissent sur ma peau sans échange. Ils ne pénètrent plus mon corps défunt.
Il faut se vêtir pour rejoindre la foule, la nudité fait peur, elle embarrasse...et ce depuis longtemps. Trop longtemps!
Il était simple et bon de vivre en tenue d’Eve; jusqu’à ce qu’ils la vêtisse de pudeur pour recouvrir la honte, leur honte qu’ils ont fait sienne.
Je ne suis pas Eve.
Enfiler quelque chose pour la nuit...
Enfouie dans la cavité d’un arbre creux, une tenue impudique. Taillée comme pour mettre à l’honneur tout ce que des siècles pudibonds ont encouragé à cacher.
Comment appellent-ils ça déjà? De la provocation... Oui, une tenue provocante!
Et un long manteau noir pour le plaisir, plus tard, de s’en défaire...

C’était une de ces nuits où il fallait sortir, à tout prix! Pour faire taire l’agitation intérieure, pour devenir quelqu’un d’autre dans les yeux de quelqu’un de neuf.
Que faire d’autre de ce temps qui s’étire sans fin?
Aller à Storyville rejoindre les prostitués; pour s’y mêler peut-être ou bien veiller de loin.

Sur le chemin une passante, quelqu’un sur qui je veille sans le vouloir vraiment.
Quelques vers m’étaient venus en tête la première foi que je l’avais croisée. C’était une nuit à lune rousse, comme elle, où la peine et la solitude me pesaient plus encore qu’à l’accoutumée.
A sa vue je m’étais figée sur place, au milieu de la voirie. Ainsi immobile je bloquais la circulation, et les voitures et autres taxis avaient commencé à protester au son de leur klaxons.

« La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa... »


Ces vers avaient sonné en moi avec l’accent créole de ma grand-mère.
Je ne l’avais plus jamais revue depuis que j’étais devenu vampire mais la caresse sucrée de sa voix était venue à ma rencontre au souvenir de ce poème.
Elle devait être morte maintenant. Elle était déjà bien vieille à l’époque.
Grand-mère Saint Georges.
Son absence.
J’avais pris sa relève ici à la Nouvelle-Orléans.
Impossible de se souvenir du reste du poème ni du nom de l’auteur!
Elle en connaissait tant, elle disait qu’il fallait continuer à parler le français, que cette langue faisait partie de notre histoire locale, tout comme les langues africaines auxquelles elle s’étaient mêlées pour créer notre patois si riche!
La jeune femme avait disparu au détour d’une ruelle sombre avant que je ne réalise que je me trouvais au milieu de la rue et du trafic. Les véhicules impatients n’avaient pas attendu que je réagisse et avaient pris l’initiative de me contourner en rognant sur le trottoir pour passer, Louisiana style!
Cette façon de faire peu orthodoxe m’avait fait sourire, la ville s’était disciplinée sous la politique de Vidal et avait perdu ce petit grain de folie douce qui embaumait jadis son air moite et épais. Elle s’était édulcorée, lissée; il avait essayé de la polir.
Nola n’était plus la même mais son âme singulière n’était pas morte, simplement asphyxiée; et de petits actes anodins comme celui-ci en étaient la preuve!

Je l’avais recroisée de nombreuses fois depuis, dans des contextes différents mais toujours avec la même intensité dans le regard. Sa démarche n’avait pas l’oisiveté de la balade nocturne; elle ratissait, arpentait la ville de long en large.
Cette femme recherchait quelque chose, quelque chose lui étant aussi primordial qu’un organe vital dont elle aurait été privée. Chaque fois la douleur qui irradiait d’elle trahissait sa présence; une forme d’espoir anxieux, comme celui des patients en attente de greffe. Cette plaie béante semblait l’affliger en permanence, que je l’aperçoive seule ou à questionner des riverains. Je me demandais alors comment ils pouvaient ne pas la percevoir!
Elle n’était pas d’ici, les premières fois je l’avais trouvée hésitante, à lire le nom des rues sur les plaques, les directions sur les panneaux de signalisation; elle naviguait à vue.
Contrairement à la version officielle les rues n’étaient pas sûres la nuit! Elle avait commencé à en prendre conscience, parfois lorsqu’un bruit suspect trahissait un danger potentiel je la voyais glisser la main dans son sac où elle devait avoir caché un spray au poivre ou autre chose du genre, pour se rassurer. Mais le danger ne l’empêchait pas de revenir, sans relâche, nuit après nuit; sa détermination forçait le respect.
Quelle était donc sa quête?!



Ce soir elle n’est pas seule.
Ce soir ce n’est pas l’aimant de sa douleur qui m’a fait remarquer sa présence dans la rue, mais sa chevelure rousse qui la distingue de la masse des badauds profitant de ce début de soirée dans le quartier français.
L’homme se tenant auprès d’elle est empli de tics nerveux. Il a la beauté déstabilisante des mauvais garçons, ceux qui sont sur le fil et nous tiennent en haleine. S’ils basculent...nous avec.
C’est bien la même jeune femme, à n’en pas douter, pourtant c’est une toute autre personne.
Elle semble inquiète. Elle a l’air de craindre qu’il ne bascule dans l’ombrageuse humeur qui commence déjà à déformer son beau visage. Elle l’aime, c’est une certitude! Elle a besoin de lui, elle en est dépendante. La femme qui marchait seule la nuit au péril du danger a disparue, celle-ci a besoin des bras de son homme pour se sentir en sécurité.
Ils sont de l’autre côté de la rue, derrière une voiture dont seuls leurs deux bustes dépassent. Je n’entends pas ce qu’ils disent mais je peux sentir que le ton monte, je peux bien voir à son attitude que le type va partir. Aucune surprise.
Ils partent tous. Ils se rendre indispensable, puis ils disparaissent...
J’aurais préféré me tromper mais malheureusement c’est d’un pas énervé que le jeune homme arrête une voiture de la main pour traverser hors du passage clouté. Lorsqu’il passe à côté de moi j’ai de la peine pour elle, cet homme là n’est pas sobre pour longtemps!
La jeune abandonnée le regarde disparaitre dans la cohue du centre ville, en direction de quartiers bien moins sûrs. Elle prend une profonde respiration puis s’accroupit derrière le véhicule qui semble être le sien, je ne la vois plus.

Une troisième femme fait son apparition lorsqu’elle se relève. Souriante, plus sereine.
Elle ouvre la porte arrière de sa voiture et j’y découvre un siège auto pour enfant dans lequel elle vient installer une toute petite fille qui lui ressemble.
Même lorsqu’elle vient se placer au volant son regard aimant est posé sur elle à travers le rétroviseur intérieur. Elle lui parle... à l’arrière la petite tête blonde a l’air ravi, peut-être vient-elle de lui promettre une histoire avant de s’endormir! Sans à-coups la voiture démarre puis finit par tourner.
Que peut bien manquer à cette femme, au point de le chercher sans répit, quand la douceur du monde est assise à l’arrière de son véhicule?!



Une personne me bouscule. D’autres me dépassent en courant; quelque chose d’inhabituel se passe! Soudain j’entends des bruits d’explosions. Je remonte la rue à contre courant, toutes les personnes présentes fuyant la source du vacarme.
Habituellement il y a des rues que j’évite, préférant faire d’absurdes détours que de les emprunter, celle-ci en fait partie. Mais tout indice est bon à saisir dans cette partie d’échec dans laquelle j’ai été lancée malgré moi. Savoir ce qui se trame ici ce soir me permettra peut-être quelques coups d’avance!

Le Lady’s Night! La baie vitrée de sa nouvelle devanture est brisée, un nuage de fumée s’en échappe.
Ils avaient reconstruit l’ancien club privé à la hâte après son incendie. Une architecture propre, sobre et efficace. La ville était vérolée de ce genre de bâtiments qui n’avaient rien du charme de leurs prédécesseurs. « l’UNION », ce merveilleux parti politique à la tête de la mairie, était à remercier pour ça. De vrais bâtisseurs!
Pour une ville nouvelle...et un Etat fort!
Il ne s’agissait plus d’un club privé mais d’une salle de spectacle, qui avait cependant conservée son nom d’antan qui brillait maintenant sur sa façade en écriture lumineuse. Sous le nom de l’établissement scintillait celui de l’artiste en représentation ce soir.

*******LADY’S NIGHT******
*DJAMIL LE MAGNIFIQUE*


Quelques ampoules constituant les lettres avaient été brisées mais l’enseigne restait lisible malgré tout.

Une émotion diffuse vint parcourir mes sens.
J’avais appris à éviter ces lieux trop familiers, je n’aurais pas dû m’approcher du Lady’s Night; la charge émotionnelle était trop lourde. C’est ici que nous avions irrémédiablement basculé dans les ténèbres... Ici même nous avions rencontré notre premier vampire, celui qui avait fini par nous ôter la vie.
Calege était-il cette présence vampirique qui planait alentours?
Etait-il revenu à la Nouvelle-Orléans?!
Malgré la menace que representait ce fantôme du passé je devais en avoir le coeur net!
Il ne fallait surtout pas lui permettre de ressentir ma présence...

« Mami wata prend souvent la forme d'une simple prostituée mortelle pour séduire et mettre un humain à l'épreuve. La réaction de ce dernier n'en est que plus sincère qu'il ignore son statut surnaturel de Loa; car qui ne se montrerait pas sous son meilleur jour face un être supérieur?
De cette façon Mami Wata peut sonder en toute authenticité le coeur de l'humain qu'elle teste et savoir s'il s'agit d'un individu de nature bonne ou mauvaise.
Que la finalité de cette rencontre soit favorable à ce dernier ou pas dépend de son attitude, du respect et de la dévotion qu'il manifestera, ou pas, envers la simple mortelle. Il sera traité en conséquence.
Mami Wata peut elle aussi se montrer bonne ou mauvaise.. »


Comme un nouveau-né mes poumons se décollent lors de la première inspiration d’air. La souffrance est indescriptible.
Cette douleur de naitre je la connais bien maintenant, ou plutôt celle de revenir à la vie.
Les sensations qui suivent, elles, sont d’ordinaire plus agréables. On retrouve cette fraicheur, cette teinte rosée commune à toute l’humanité peu importe la couleur de la carnation de sa peau. Le coeur s’emballe, les fluides circulent...la peau respire! Les éléments se font pénétrants, ils nous traversent. La ligne de définition entre ce qui est soi et ce qui nous entoure se fait plus ténue. Cela fait peur mais c’est aussi source de jouissance. On n’est plus cet objet fixe, immuable, hermétique. Les échanges chimiques nous relient au monde.
Mais ce monde peut aussi nous blesser si facilement.
Ce que c’est fragile un humain...
On se sent vulnérable mais on se sent vivre!

Mon corps est maintenant celui qui était mien de mon vivant, lorsque le nom avec lequel on s’adressait à moi n’était pas le même... je suis à nouveau ce jeune homme fragile.
Mais le parfum de nostalgie qui m’a saisie vampire ne disparait pas maintenant que mon corps est chaud. La tristesse me lie encore à ce lieu et au souvenir qui s’y cache ce soir.
Par soucis de discrétion je décide de faire le tour du pâté de maison pour rejoindre l’entrée des artistes de l’autre côté du bâtiment.
La rue est vide alors que me m’approche de la seconde sortie et que la sensation se fait de plus en plus forte.
Plusieurs silhouettes s’échappent du Lady’s Night. Je me dissimule dans l’encadrement d’une porte voisine pour éviter qu’elles me remarquent.
Le premier à sortir de la salle de spectacle ne peut être que l’artiste dont le nom scintillait en façade. Son allure excentrique laisse supposer que la Magie était au programme du Lady’s Night ce soir. Mais pourquoi venir troubler d’une fusillade une représentation de prestidigitation?!
Le deuxième homme, qui me tourne le dos, soutient un blessé à bout de bras. Le blessé n’est pas humain, il n’aurait pas survécu à la gravité de ses mutilations.

Un 4X4 s’introduit à toute vitesse dans la ruelle et freine violemment à quelques mètres des trois hommes. Le troisième homme...
Théodore

Une rafale de tirs...
Puis rien.
Rien que la peine, profonde, comme cette dernière nuit dans la grotte quand tous étaient partis.


https://www.youtube.com/watch?v=g-Xe27Hh9aM
La complainte de l’amitié


'Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les m'a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que le vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Avec le temps qu'arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n'aille à terre
Avec pauvreté qui m'atterre
Qui de partout me fait la guerre
L'amour est morte

Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les m'a ôtés
L'amour est morte

Ce sont amis que le vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Toujours aussi quand bise vente
Le vent me vient, le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que le vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Les espérances des lendemains
Ce sont mes fêtes,

Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m'était à venir
M'est advenu,
M'est advenu.'


Mourir, à nouveau.
Sentir ses viscères s’atrophier, sa peau devenir sèche, imperméable... une frontière. S’enclore en soi-même comme sous le poids d’une dalle que l’on scelle.

Et c’est alors que cette peine se transforme en rancune; la faiblesse elle ne la tolère pas!
Elle est forte.
Pas de larmes pour les déserteurs.
Dans la fosse commune des souvenirs, sans épitaphe!

La colère m’aide à réagir, à trouver la force de me lever quelques minutes à peine avant les premiers rayons du soleil.
Avec elle je suis forte.
Je cours la retrouver, son sommeil me portera conseil...







@l’extrait du poème cité plus haut vient de « A une passante » de Charles Baudelaire

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Xiam
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Re: Saison 2 - Pieces of mind

Message par Xiam » dim. 5 juin 2016 15:51

Episode 2- Welcome into my world (2)




Là, en pleine rue...
À en perdre connaissance.


https://www.youtube.com/watch?v=ut7HIHHMnDg



« Je vous dépose où?!»
« Tullis Drive, de l’autre côté du fleuve...»

S’accrocher au siège de cuir brun alors que le véhicule démarre...
Laisser la voix du chauffeur se mêler à celle du chanteur de Jazz qui passe à la radio; ses phrases toutes faites se perdre dans les poncifs élimés d’anciennes chansons d’amour.
Ne plus répondre. Ne plus écouter.
Ne plus entendre.
Franchir le pont, un des plus grands au monde... se pencher et réaliser que le vertige ne vient pas de sa hauteur mais de sa direction, vers la source de cette douleur.
Une seule solution pour qu’elle cesse...

« Gardez la monnaie. »

La longue allée guidant vers le Manoir n’a pas changée. Les grands chênes centenaires sont toujours prisonniers de lugubres voiles mousseux se balançant au bout de leurs mains noueuses. La mousse espagnole qui ici recouvre tout!
La légende attribue son origine à un voyageur venu du vieux continent avec sa fiancée ibérique. Le siècle était alors prometteur aux hommes d’initiative et il était venu s’installer dans la région pour démarrer une plantation. Sa promise était belle, avec de longs cheveux noirs contrastant avec une peau délicate et marmoréenne. Comme le couple marchait près de la forêt qui bordait son domaine et faisait, mains liées, des projets d’avenir... il fut soudainement attaqué par des natifs de la région, mécontents de partager la terre de leurs ancêtres avec des étrangers.
En guise d’avertissement final de rester loin de leur nation originelle, ils coupèrent les longs cheveux noirs de la future mariée et les jetèrent dans les branches d’un vieux chêne. Les répercussions des colons engorgèrent le sol d’un sang plus rouge encore que la peau des sauvages. Lorsque le danger fut éloigné et que les gens revinrent, ils constatèrent que les cheveux avaient flétri; filasses, ils avaient grisonné et commencé à se répandre, s’étendant d’arbre en arbre.
Au cours des années la mousse espagnole poursuivit sa contagion au rythme des conquêtes de ses compatriotes, s’emparant des Etats du sud les uns après les autres...

La bâtisse aussi était restée la même, ses lourdes colonnes n’avaient pas pliées sous le poids des années. Les époques n’avaient pas d’emprise sur elle... elles s’y superposaient.
A la regarder de loin on pouvait tout aussi bien s’attendre à en voir émaner une « southern belle » venue s’isoler un instant au balcon qu’un esclave de maison, inconscient de l’abolition de son martyre, s’accroupissant pour balayer son perron d’une balayette en brindilles de bois; sous son porche un couple d’amants venu profiter du parfum capiteux de l’air lourd et saturé de Louisiane.
Ces amants là ne portent pas de grands atours aux manches bouffantes; si la jeune femme est brune à la peau pale comme celle de la légende, sa taille n’est pas cintrée par une robe suffocante; son malaise vient d’ailleurs, elle est comme corsetée de l’intérieur. Son émotion est difficilement lisible sur les traits impassibles de son visage; ses yeux non plus n’en trahissent rien.
Ses yeux sont morts.
Lui, n’ose pas la toucher. Il demeure immobile, debout, juste à quelques pas d’elle. Son regard la caresse mais ses mains restent figées contre la rambarde de bois qu’elles enserrent; comme si la rose allait se flétrir à son contact, mettant son coeur à nu en s’effeuillant de ses pétales purs et trop fragiles.

Joy ne peut voir combien il la regarde avec amour..


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Sentir ses yeux s’embrumer de sang.
Monter les quelques marches qui mènent au porche.
S’arrêter puis reprendre, plusieurs fois.
Une dernière fois se reprendre et passer à côté des ombres; détourner le regard et les laisser à cette scène qu’elles répètent ici pour l’éternité... du moins tant que ce manoir sera debout, prisonnières de ses murs et des souvenirs que la maison refuse d’oublier.
Elle est hantée.
Elle vit sur les vestiges de ce dont elle a su se faire le témoin silencieux. Elle connait les secrets, elle a tout observé; elle les absorbe. Elle survit grâce aux reliques d’émotions qu’elle réactive pour se tenir compagnie. Peu importe la douleur qui les accompagne tant que cela lui permet de se voiler la face et d’ignorer un instant de plus l’évidente réalité...elle est seule et vide. Tous l’ont désertée.
Tous, elle a fait le compte.
Et la liste est longue car sa mémoire remonte aussi loin que l’époque de sa construction, celle des plantations; aussi loin que lorsque nous vivions ici.


La maison se tient droite; je suis une ruine.
Effondrée devant sa porte je ne suis déjà plus qu’un de ses nombreux spectres qu’elle m’appelle à rejoindre.

*

S’apprêter à passer de l’autre côté du miroir.
Se préparer à soulever ce film qui voile tout... comme ces draps que l’on place pour recouvrir les meubles et les protéger des ravages du soleil et du temps.



Avoir un dernier doute,
puis laisser la rancune pousser la porte à sa place

Souffler sur la poussière...


*

It's what you do
It's what you see
I know if I'm haunting you
You must be haunting me


It's where we go
It's where we'll be
I know if I'm on to you, I'm on to you
On to you, you must be on to me

My haunted lungs
Ghost in the sheets
I know if I'm haunting you
You must be haunting me...


My wicked tongue
Where will it be?

*

You want me?
I walk down the hallway
You're lucky
The bedroom's my runway
Slap me!
I'm pinned to the doorway
Kiss, bite, foreplay

https://www.youtube.com/watch?v=K4r4lysSgLE




.

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Re: Saison 2 - Pieces of mind

Message par Xiam » lun. 6 juin 2016 20:24

Episode 3 - Gloria Victis‬





"Pretty girl
Put down your pen
Come over here
I'll show you how its done"



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"I can dance, I can drink
In the dark
It's all a trick

Across the room, across the street
I'm in the moment
Can't you see?!"



What did you do last night?
"Oh, I was out so late, now I'm so tired"

What did you do last night?



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"I used to cry
But now I don't have the time
I used to be so fragile
But now I'm so wild
So wild"




Chinawoman "Party Girl"
https://www.youtube.com/watch?v=ANmL7LvNzdw

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https://www.youtube.com/watch?v=SDZEhL7Q1Vc
Chinawoman "Aviva"








La Pietà de Jean-Baptiste Clésinger (1814-1883)
Chapelle des Âmes-du-Purgatoire de l’église Saint Sulpice à Paris

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Re: Saison 2 - Pieces of mind

Message par Xiam » mar. 7 juin 2016 02:43

Episode 3 - Gloria Victis‬
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Munch-The Escape-1886


Image
Munch-Young Woman On The Shore-1896


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Munch-TheVoice/Summer Night-1896


Image
Munch-Femme Sur La Plage-1898


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Munch-Towards The Forest-1915


Le Balcon

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
Ô toi, tous mes plaisirs ! Ô toi, tous mes devoirs !
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses !

Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.
Que ton sein m'était doux ! Que ton cœur m'était bon !
Nous avons dit souvent d'impérissables choses
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l'espace est profond ! Que le cœur est puissant !
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !

La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, ô douceur ! Ô poison !
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison.

Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton cœur si doux ?
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses !

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-ils d'un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s'être lavés au fond des mers profondes ?
- Ô serments ! Ô parfums ! Ô baisers infinis !


Charles Baudelaire


Image
Munch-L'Enfant Malade-1886


Image
Munch-La Madone-1895


Sed non satiata

Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits,

Je préfère au constance, à l'opium, au nuits,
L'élixir de ta bouche où l'amour se pavane ;
Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.

Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,
Ô démon sans pitié ! Verse-moi moins de flamme ;
Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois,

Hélas ! Et je ne puis, mégère libertine,
Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
Dans l'enfer de ton lit devenir Proserpine !


Charles Baudelaire


Quaerens quem devoret : Cherchant qui elle dévorera.

annotation de Baudelaire sur un portrait de Jeanne Duval


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Munch-Rouge Et Blanc-1900


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Munch-The Lonely Ones-1915


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Munch-Eye In Eye-1894


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Munch-Into The Forest-1887


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Munch-Le Baiser-1897


Le Serpent qui danse

Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L'or avec le fer.

À te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon cœur !


Charles Baudelaire


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Munch-On The Waves Of Love-1897


Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !

Extrait- Les Bijoux
Charles Baudelaire


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Munch-Le Vampire II-1902


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Munch-Le Vampire-1893


Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle

Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle,
Femme impure ! L'ennui rend ton âme cruelle.
Pour exercer tes dents à ce jeu singulier,
Il te faut chaque jour un coeur au râtelier.
Tes yeux, illuminés ainsi que des boutiques
Et des ifs flamboyants dans les fêtes publiques,
Usent insolemment d'un pouvoir emprunté,
Sans connaître jamais la loi de leur beauté.

Machine aveugle et sourde, en cruautés féconde !
Salutaire instrument, buveur du sang du monde,
Comment n'as-tu pas honte et comment n'as-tu pas
Devant tous les miroirs vu pâlir tes appas ?
La grandeur de ce mal où tu te crois savante
Ne t'a donc jamais fait reculer d'épouvante,
Quand la nature, grande en ses desseins cachés,
De toi se sert, ô femme, ô reine des péchés,
- De toi, vil animal, - pour pétrir un génie ?

Ô fangeuse grandeur ! sublime ignominie !


Charles Baudelaire


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Munch- Homme et Femme -1898


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Munch- Cendres -1894


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Munch- Harpie -1894


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Munch- L'Urne -1896


Le Léthé


Viens sur mon coeur, âme cruelle et sourde,
Tigre adoré, monstre aux airs indolents ;
Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants
Dans l'épaisseur de ta crinière lourde ;

Dans tes jupons remplis de ton parfum
Ensevelir ma tête endolorie,
Et respirer, comme une fleur flétrie,
Le doux relent de mon amour défunt.

Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre !
Dans un sommeil aussi doux que la mort,
J'étalerai mes baisers sans remord
Sur ton beau corps poli comme le cuivre.

Pour engloutir mes sanglots apaisés
Rien ne me vaut l'abîme de ta couche ;
L'oubli puissant habite sur ta bouche,
Et le Léthé coule dans tes baisers.

A mon destin, désormais mon délice,
J'obéirai comme un prédestiné ;
Martyr docile, innocent condamné,
Dont la ferveur attise le supplice,

Je sucerai, pour noyer ma rancoeur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë
Qui n'a jamais emprisonné de coeur.


Charles Baudelaire


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Munch- Envenin Melancholy -1896






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Munch- Consolation -1894



Munch et l'amour:
http://www.amouretpsycho.com/les-trefon ... par-munch/

A propos de Jeanne Duval, la "Venus Noire" de Baudelaire:
http://www.intellego.fr/soutien-scolair ... 1-2-/50592

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Samash
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Re: Saison 2 - Pieces of mind

Message par Samash » mer. 8 juin 2016 15:15

Episode 2 : Welcome Into My World (2)


/

J’ai bien changé en vingt ans.
Non.
J’ai cru avoir changé…
J’ai essayé de m'en persuader.
Pour ne pas perdre pied.
Pour ne pas flancher.

Djamil le Magnifique… Il ressemble à Richard(1). Ça me rappelle nos parties de poker… Notre complicité...


Toi aussi tu es parti…
Éprouves-tu les mêmes regrets ?
Ressens-tu les mêmes peines ?
Moi, je les ressens.
Elles me hantent chaque jour.

Pourtant je n'ai rien fait.
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Et je me réveille…


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Je lui dois des explications. Il m’a naturellement aidé et ne demande qu’à comprendre.

« Ces souvenirs raniment…
Vouloir se souvenir…
Détruit…»(2)

« - Il y a 20 ans, on était un groupe de cinq humains à la Nouvelle Orléans et ma meilleure amie s’est faite enlevée…Chloé…Chloé Price ».

Son nom résonne et les souvenirs se cristallisent dans mon esprit…Le miroir s’effrite…Se brise en mille morceaux. Il faut rassembler le puzzle à présent… ce puzzle maudit dont je suis le créateur…
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« Tu m’as abandonné Théodore… Le dernier regard que l’on a échangé…Un regard mensonger trahissant ton incapacité à me proger de mon agresseur…de me protéger de ton cher sire…vous vous ressemblez finalement…

« On est parti à sa recherche…Et on a trouvé la mort… »
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« Je me souviens de la première fois que j’ai gouté à ton sang Théodore… Tu voulais tous les protéger…Tu voulais la protéger… Tu es vraiment adorable parfois…Espèce de minable…incapable de protéger les gens que tu aimes…je me demande ce que penserais ta mèreElle serait…tellement déçue… »



« - C’est là qu’on a rencontré Vidal…Le prince Vidal… Il régnait déjà sur cette ville et on a eu un certain passif avec lui et on s’est opposé à lui… ».
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« Théodore Caufield… L’orphelin…Quel amusement…Je n’avais pas ri depuis si longtemps…Il ne m’a fallu qu’un geste, que de quelques paroles pour te l’enlever...N’oublie pas…Tu n’es qu’un pion sur mon échéquier…Ah les enfants… »

« - Les choses se sont envenimés et… ».

….
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« Oui Théodore…Oublie moi et sois heureux…Je t’aime…En fait non…Je ne t’ai jamais aimé…Toi et ton impatience… Toi et ton inconscience…Mais ne t’inquiètes pas, j’en ai aussi bien profité pendant ces 20 anscomme toi avec Elizabeth…Dis moi tu m’as vite oubliée nest-ce pas ? Des promesses envolées…Ta vie a été belle pendant tout ce temps… ».

Une seule fois…Ce n’est arrivé qu’une seule fois et je l’ai toujours regretté mais je n’ai rien fait... Je me suis laissé enlisé…pour oublier…Est-ce vraiment ma volonté ? Comment ai-je pu continuer sur cette voie pendant qu’elle souffrait ? Oui. Mes sentiments resteront à jamais inchangés mais jamais elle ne pourra me pardonner. Elle ne doit pas le faire. Elle ne mérite pas d’être avec un homme comme moi. un vampire si faible. Si superficiel.

« - Joy nous a permis de nous enfuir ».

« - C’est qui Joy ? » demande alors Djamil.


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« - C’était la bonne ».

Et je repense à cette vision.
A cette tristesse.
A ce cri silencieux qui ne cesse de me hanter.
Sa peau se transformant en pétales de rose.
« La vie est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité »(3).
« Je suis mieux sans toi…Même Maldonato avait plus de valeur que toi… »

« - Et après je suis parti en Angleterre...Le Roi d’Angleterre m’a pris sous son aile et j’ai été envoyé pour négocier avec Vidal. Je devais lui demander conseil. On devait trouver un contact au Lady’s Night…L’attaque a eu lieu…Je ne sais pas si c’est Vidal… Celle qui était avec moi, Elizabeth, a disparu…C’est peut-être Calage… ».

« - C’est qui ça Calage ? ».

« - Celui qui m’a étreint ».
Et le puzzle se complète et je réalise qu'elle est ma destinée. Celle liée à cette ville de pêchés malmenée par un tyran au poing d’acier qui a détruit le plus noble des sentiments et tué par milliers.
Et pourtant.
Et pourtant je n’ai pas bougé.
Pèse alors sur moi des regrets éternels d’une vie passé et chaque jour je pleurerai de ne pas avoir effleurer l’once d’une volonté pour ne pas sombrer dans les limbes de mon cœur noirci.

J’offrirai alors ma tombe et mon corps.
Je serai acteur de ma non-vie, écrite par cette nuit rouge écarlate.
Je serai acteur de mon destin.
Djamil a aussi un passif avec le Saint Ordre…et donc… peut être un passif avec Vidal… Toute sa famille a été décimée par le Saint Ordre…

Et maintenant ces affiches…
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Ça ne peut être que Vidal...


Pour le moment il nous faut fuir. D’un tour de passe-passe, Djamil m’aide à m’échapper.


Encore une fois, sans les autres, je n’arrive à rien.

Sans les autres je ne suis rien.
Sans eux, je ne suis rien.

Quand vais-je pouvoir prendre mon destin en main ? Quand pourrais-je protéger les gens que j’aime. Pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Que suis-je devenu ? Aurais-je pu faire autrement ?

Je sais maintenant où nous devons nous rendre et Je reste pétrifié par cette idée…

Je pointe la direction du manoir.
Sans un mot.

Le regard vide.
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Le manoir n’a pas changé. Tel un damné, son corps est resté de marbre mais son âme, comme la mienne, est damné, détruite, rongé par un mal certain. Un amas de poussière orne les pièces. Quelqu’un est néanmoins passé…Il y a 10…12 ans…Ma mémoire photographique ne me fait toujours pas défaut. Ce n’est pourtant qu’un mal lorsque je revois leurs visages dans mon sommeil, lorsque j’entends les nuances de leurs voix. Ce n’est que douleur et peine quand j’entends dans mes rêves son rire, son sourire.

Après un moment de repos, Djamil revient vers moi, paniqué, m’indiquant les fluctuations du miroir. Son rêve. Sa rencontre avec une entité androgyne…

Aimé ?
Et je ressens une présence.
Sa présence.
Ma tête me jouerait-elle des tours ? Ma nature vampirique me défierait-elle encore une fois pour chercher à me détruire de l’intérieur et supprimer toute once de sentiments?

Je descends alors mécaniquement les escaliers…et je le vois…Je la vois…un regard plein de colère…dirigé droit dans mes yeux…plongé dans mon regard…
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«- Aimé… »

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« - Salut Théo…Alors je te sers toujours la même chose ? Un petit bourbon offert par la maison ?
- Merci Aimé. Tu peux m’en apporter un second, Chloé ne va pas tarder à arriver.
- Très bien, très bien…Alors tous les deux c’est pour quand ?
- Comment ça ?
- Ben tu sais...
- C’est juste une amie.
- Ah c’est comme ça que tu dis…très bien, plus de question Monsieur je suis sérieux derrière mon ordinateur…
- Le groupe se produit ce soir Aimé ?
- Ils ne devraient pas tarder…
- Ok
».

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

….

Je n’ai pas changé en 20 ans.

20 ans.

Je me suis égaré en 20 ans.
Je m’élance alors pour me jeter dans ses bras. Pour serrer un ami que je pensais disparu...

Cet espoir qui m’habitait. De les revoir…De tous les revoir…
Pourquoi suis-je parti ?
Aimé refuse tout contact et part saluer Djamil.

Comment ne pas le comprendre. Je ne mérite pas son amitié. Je ne les mérites pas. Pas un seul regard. Je ne perçois que de la colère. Mais comment ne pas être en colère. Je l’ai abandonné. Je les ai tous abandonnés pour me perdre en route et essayer d’oublier plutôt que de me battre…
Le silence…
« - Il avait dû oublier que c’était ma chambre
- Non je n’avais pas oublié Aimé…
- Aimé est mort…Tu sais dans une grotte…
»

Ce moment où tous les amours et les amitiés ont été enterrés, ce moment où nous nous sommes abandonnés, où nous nous sommes séparés. Ce moment où j’aurai dû réagir…continuer à croire. A espérer,quitte à en mourir.

Le monde était prêt à s’effondrer.
La mascarade était tombé.
j’ai enfilé un masque pour pouvoir mieux me cacher.
« - Et toi qu’est ce qui te fais venir ? Tu viens peut-être veiller sur les enfants du commissaire sur lesquels tu avais juré de veiller à sa mort… Ils ont dû grandir et à se débrouiller sans toi… »

….

Eric Ford…
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J’ai encore la photo dans mon portefeuille. Je ne connais même pas leurs prénoms.

Faire des promesses sans ne jamais les tenir.
Prisonnier de cette immortalité.
Prisonnier de mes regrets.
« Elle se répand dans ma vie, comme un air imprégné de sel, et dans mon âme inassouvie, verse le goût de l'éternel »(4)
« J’aurai pu les voir grandir…Mais tu m’en as empêché…et tout ça à cause de ta foutue impatience… Tu n’es que destruction. Un fléau pour ceux qui te chérissent et qui te vouent une once d’affection ».


« - Je suis content de te voir… Je suis… vraiment content de te voir Aimé… »

« - Une fois que tes projets à la Nouvelle Orlénans seront terminées tu repartiras… »

Je n’ai aucune chance de me faire pardonner.
Pourtant tu cherches quand même à vouloir m’aider.
Quel ami, Quel frère de la nuit ai-je été ?
Ou étais-je pendant ces 20 ans ?


« - Mais qu’est ce qui t’amènes ici ? Pourquoi le Lady’s Night ?
- Après mon départ, je suis parti en Angleterre et j’ai été pris sous l’aile du Roi et du fait des conflits que l’Angleterre a connu avec le Saint ordre il m’a envoyé pour prendre conseil chez Vidal…
- Ah vraiment ?
- Oui vraiment. Du coup on devait aller au Lady’s night. Quelle ironie. La moitié de la délégation s’est faite tuée. Elizabeth a disparue et aujourd'hui... ça recommence»;

J’observe le grand hall sans tourner le dos à Aimé.
Tous ces souvenirs.
Le piano.
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« - Pourquoi tu ne veux plus que je t’appelle Aimé ?
- Aimé est mort.
- Aimé ne sera jamais mort pour moi… Tu connais la raison de ma présence maintenant. J’ai été appelé par le manoir. Tu sais pourquoi.
- Comme je t’ai dit si je peux t’aider à repartir le plus rapidement possible…Compte sur moi ».-

Si c’est ce que tu veux Aimé, Si c’est que tu tout le monde veut… ça sera peut-être la seule chose que j’arriverai à faire, à réaliser dans ma non vie, pour le bien de tous.

Alors que nous élaborons un plan pour en connaître plus sur le Saint-ordre…Je n’ai qu’une pensée, qu'une image en tête et ses mots résonnent dans ma tête…comme une triste mélodie à l'odeur de pétales de rose fraichement cueillies.
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Je m’assoie alors sur les marches du manoir…Les Etoiles brillent dans le ciel de la Nouvelle Orléans, telles de petites perles d’argent sur un collier. Pas de comète couleur sang à l’horizon.

Je suis transit.
Je ne peux plus bouger.
Et une lueur.
« Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!
»(5)
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

(1) : Richard Lafleur aka Black Sad - PJ de la saison 1 (http://www.jdrvirtuel.com/viewtopic.php?f=589&t=19377)
(2) : Claire France - Autour de toi Tristan
(3) : Alfred de Musset
(4) : Hymne - Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal
(5) : Élévation - Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal
"Look at what she did to my Gibson - Only Lovers Left Alive"

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Re: Saison 2 - Pieces of mind

Message par ileuad » ven. 10 juin 2016 08:31

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

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Re: Saison 2 - Pieces of mind

Message par Onixyon » ven. 10 juin 2016 18:08

Qui suis je ?


Pourquoi s'interroger ? Pourquoi réver ? Pourquoi penser ? Pourquoi souffrir ? Pourquoi regretter ? Pourquoi douter ? Pourquoi croire ? Pourquoi se battre ? Pourquoi fuir ? Pourquoi prendre ? Pourquoi donner ? Pourquoi attendre ? Pourquoi agir ? Pourquoi aimer ? Pourquoi haire ? Pourquoi.... pourquoi tant de pourquoi ?

Qui suis-je ?


"Djamil, mon enfant, sur scène, tu n'es pas simplement un magicien. Tu es la Magie. Elle bouge, elle respire en toi, elle vibre, elle t'anime. Tu es la Magie, Djamil."

"Je te hais Djamil. Toi et ton espèce de suceur de sang. Ta magie c'est du vent."

"Quoi, un vampire qui croit en de tels idioties ? Ha... Ca te passera, d'ici quelques centaines d'années... On fait tous des erreurs de jeunesse..."


Qui suis-je ? Qui suis- je ? Qui suis-je ?


Des cadavres... Des cartes. Des balles... Des pieces. Des cris... Des applaudissements.

Réalité ? Ou Illusion ? Réalité ? Ou Illusion ? Réalité ? Ou Illusion ?

Mon corps n'est qu'un véhicule. Je transcende le réel.

Ma vie est une scène. Mon esprit est un numéro. Mon visage est un masque.



... Ce chapeau est vraiment lourd à porter...


Djamil, Djamil, Djamil...

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Re: Saison 2 - Pieces of mind

Message par ileuad » dim. 12 juin 2016 18:53

Tempête, ouragan... Je suis perdue face au vent. Ma seule lumière reste mon enfant, ma précieuse, ma toute belle... Séparée, déchirement... Mes entrailles saignent d'un sang plus sombre que la nuit. Vers qui me tourner? Que puis-je espérer? Des chaînes, un châtiment.

L'orphelinat reste donc le meilleur choix. Je ne veux pas que ma chérie grandisse sans moi. Mais quel autre chemin? Au moins pourrais-je la voir... Il faut qu'elle sache qu'elle a toujours ses parents... Eric, mon amour inconstant, mon amour violent... Tu me rejette pour ce qu'il m'a fait. Comment t'effacer à jamais? Tu étais si beau, si flamboyant, avide de vie et de vitesse... Quel ironie de te retrouver paralysé. Dois-je en vouloir aux vampires qui m'ont accueillie? Ils ont tenté de me protéger. Ais-je besoin d'être protégée de toi mon amour? Avec toi, j'étais vivante. Peut-être trop soumise, mais palpitante... Tu m'as offert le plus beau des cadeau, tu m'as donné Alicia, et tous ces moments shootés à l'adrenaline... Ma soeur te souviens-tu de Sombre? Te souviens-tu de nous? Te souviens-tu comme nous voulions étouffer la vie pour faire brûler le feu? Semer notre honte dans les égouts, rire à s'en rendre fou... Il est si loin ce temps-là.

Démesuré.

Aujourd'hui j'ai une fille. Je dois être forte et lucide pour elle. Mais tu me connais ma soeur, tu sais qu'au fond, notre mal me ronge parfois. Alors je me tourne vers le soleil d'Alicia.

Quelle folie, confier ma fille à Armand. Mais il semble puissant, j'avais besoin de ses relations... Je croyais que l'orphelinat était une prison. Cette nuit, je ne sais plus... Seul l'avenir me l'apprendra. Cette prémonition... Elle a failli m'éteindre. Je dois craindre Armand, ce terrible et majestueux Armand... Je lui en veux tellement! Pourtant... Il est mon chemin vers Aline. Oserais-je planter notre rendez-vous? Oserais-je lui porter affront alors qu'il peut probablement me détruire aussi aisément qu'il m'a créée? Wata dit qu'il peut m'apprendre ce que je suis, la nature de mon sang... Je dois trouver des armes en moi. Je suis si démunie... Je ne veux pas être avilie. J'ai mis les pieds dans un nid de guêpes et je me suis baignée de leurs piqûres... Tout cela pour toi ma soeur... Ma jumelle qui m'a délaissée. Vaux-tu le prix que j'ai payé?

Je t'aime ma soeur.

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